LE MAUVAIS PERE
Georges ne se trompait pas. Madame de Saint-Cyr avait une faiblesse qu'on trouve assez communément chez lee victimes de l'usure. Insouciante et philosophe à l'excès sur le chiffre de la créance tant que le terme en était éloigné, elle tombait, quand il fallait payer, dans un abattement profond. Consternée par les raisonnements de Germain, elle n'avait pu fermer l'œil de la nuit, et ses yeux rouges, ses traits tirés, sa pâleur, les rides qui plissaient son front soucieux, révélaient si cruellement son insomnie et ses angoisses, que Georges en fut touché jusqu'au fond de l'âme, et ne voulut pas la laisser souffrir plus longtemps. Prenant son bras avec respect, et l'emmenant au fond de l'allée des tilleuls, il aborda franchement la question en ces termes :
— Ma tante, ou plutôt ma mère, car j'aime mieux vous donner ce nom qui m'est plus doux, épargnez-vous une peine inutile ; je sais par cœur tout ce que vous voulez m'apprendre. L'avidité des usuriers et leur mauvaise foi, l'ignorance ou la complicité des gens d'affaires, et les malheurs du temps, ont produit ici leur moisson ordinaire. Ne soyez point inquiète; j'arrive assez tôt, je l'espère, pour tout réparer.
— Généreux enfant, murmura madame de Saint-Cyr émue
jusqu'aux larmes ; je n'ai pas douté de ton dévouement ; mais...
— Vous doutez peut-être des moyens que je peux avoir de vous le prouver?...
— Je dois vingt mille livres! Georges; vingt mille livres qu'il faut compter demain matin!
— J'en apportais un peu plus dans la valise îque ces bandit? m'ont enlevée!
— Quel malheur, mon Dieu ! Comment faire?...
— D'abord, ma mère, sans perdre une minute, puisque le temps nous presse, nous allons tâcher de la retrouver...
-r- La retrouver avant demain dans ces montagnes , avec les juges de Revel, ce serait un miracle !
— Je le pense un peu comme vous, s'il feut dire la vérité 1
— Alors, quel espoir me reste-t-il?
— Vous oubliez que les biens de ma mère valent au moins le double de la somme qu'on vous demande. Mon père devait me rendre compte des revenus, mais je l'en tiens quitte et ne réclame que la terre donnée à ma mère en dot. J'ai écrit de Cette, en débarquant, au juif de Sorèze ; il m'attend aujourd'hui, nous laisserons quelque chose dans les serres de ce vautour, mais vous aurez vos vingt mille livres !
— Et puis tu seras ruiné !
— Moi! ma mère ; je serai bien plus riche que le roi, car j'aurai dans la Maison Blanche un trésor dont il n'aura jamais l'équivalent dans son Versailles!...
Impatient d'exécuter ce plan depuis longtemps formé, Georges fit seller Ali et partit après déjeuner pour Revel. Le bruit du guet-apens dont il avait failH être victime l'y avait précédé ; aussi le juge, en recevant sa plainte, jeta-t-il feu et flamme contre l'audace des bandits. Tant qu'il ne fallut que parler et écrire, il pérora comme Cicéron ; mais sa fougue baissa vite d'un cran, lorsque le plaignant le pria de commencer surle-champ des recherches pour arriver le plus promptement possible à la découverte des bandits. D'abord, il allégua que
Tàffaire échappait à sa compétence, et regardait le sénéchal de Toulouse; puis enfin, poussé dans ses derniers retranchements, il avoua tout bas l'impuissance de la justice, qui était désarmée en quelque sorte dans ces contrées à demi sauvages, et ne pouvait lutter contre une bande organisée sur un pied formidable. Du reste, en lui ôtant à peu près tout espoir de recouvrer sa valise et la somme qu'elle contenait, il lui apprit confidentiellement, en guise de compensation, qu'on attendait d'un moment à l'autre un commissaire spécial du parlement de Toulouse avec cinq brigades de maréchaussée :
— Et alors, s'écria-t-il en se frottant les mains, les brigands verront beau jeu !
Ce fut avec cette consolation, qui ne le dédommageait guère de la perte de sa valise, que Georges quitta Revel pour aller chez son père. Il avait fait rapidement le trajet de Revel à Durfort, car il suffisait de rendre la main au bon cheval arabe pour qu'il brûlât la route ; mais, en arrivant dans l'avenue plantée d'ormes plusieurs fois séculaires, Georges tira la bride et le mit au pas. L'amertume entrait à flots dans son cœur à mesure qu'il approchait de la maison paternelle. Tout ce qu'il y avait souffert enfant revenait peu à peu à sa mémoire, réveillant les douleurs et les tristesses d'autrefois. Il frémissait à l'idée de cette concubine qui , même avant sa mort, avait usurpé audacieusement la place de sa mère, et qu'il allait retrouver dure et hostile entre son père et lui. L'accueil qui lui était réservé le glaçait d'avance. S'armant, toutefois, de courage, il poussa jusqu'au château et descendit, non sans un violent battement de cœur, devant la grande porte.
Le château de Durfort, vieux nid féodal du xiii^ siècle, s'élevait, au bout de l'avenue, sur un mamelon escarpé et isolé de toutes parts. Il formait, au milieu des ronces, des arbousiers, du lierre et des buissons qui en hérissaient les murs, un massif d'un aspect sévère et sombre parfaitement en rapport avec le caractère du seigneur. Après avoir jeté un regard sur ces murailles nues et froides, Georges traversa la cour encombrée
de ruines et rendue presque impraticable par l'ortie, la grande bardane et le chardon, qtii y croissaient fraternellement c^té à côte, et heurta au portail tapissé de gros clous. Au troisième coup du lourd marteau de fer qui retentissait chaque fois dans la cour et sous la voûte du corridor sonore, des pas se firent entendre sur les dalles, et une voix, dont l'accent était plein de morçoe, cria du dedans î
— Qui\-alà?...
— Ouvrez ! répondit Georges-
— Ouvrez, ouvrez, c'est bientôt dit; nous n'ouvrons pas à tout le monde. Votre nom?...
— Georges de Durfort!...
Une exclamation de surprise fut poussée à ces mots; on tira précipitamment les verrous, la porte s'ouMÎt à moitié^ et Georges se trouva face à face avec son domestique. Il ouvrait la bouche pour lui demander ce qu'il faisait là, lorsque Valette, mettant un doigt sur ses lè^Tei5, alla écouter à chaque porte du vestibule, puis revint sur la pointe du pied, et dit avec son ton de familiarité capable et insolente :
— Vous êtes étonné, monsieur, de me trouver ici?
— Fort étonné effectivement, et je ne serais pas fâché de savoir pourquoi tu t'es permis d'y venir sans mon ordre?
— Par une raison, monsieur, qui vous satisfera, je l'espère ; c'est que depuis ce matin je ne suis plus à votre serdce.
— Vraiment ! dit Georges avec plus de curiosité que d'humeur.
— Oh ! mon Dieu, oui ! après la scène d'hier, je m'aperçus avec douleur que je ne convenais plus à monsieur...
— Et, croyant trouver un meilleur poste, lu es, selon ton habitude, venu l'installer chez mon père! Bonne chance 1 Valette, tu as bien fait de me quitter, et je ne t'en veux pas!
— Ma foi! monsieur, reprit Valette, chacun pour soi dans ce bas monde ! Je vous aime sans contredit, mais un peu moins que moi, ce qui est naturel. Pouvais-je rester avec vous, je vous le demande? La position dans laquelle vous vous êtes
empêtré avec cette pauvre madame de Saint-Cyr m'eût fendu l'âme!
— Et quel est l'officieux qui t'a donné ce bon avis?
— M. Germain, le gouvernant du comte d'Aigues-Vives, que j'ai rencontré ce matin quand j'allais vous rejoindre.
— C'est sans doute aussi à sa protection que tu dois ta nouvelle place?
— Oui, monsieur, sur un mot de lui adressé à sa sœur, monsieur le baron a daigné m'agréer tout de suite. J'espère qu'il me conviendra et que nous resterons ensemble.
— Je le désire aussi, et non moins vivement que toi !
— Comment, monsieur, vous ne me regrettez pas?
— Qui? moi! j'aurais donné cent louis pour être délivré un jour plus tôt de ta personne 1
— Yoilà l'égoïsme des maîtres; ils ne tiennent qu'à eux! Mais, si je ne suis point trop indiscret, puis-je savoir, monsieur, ce que vous venez faire au château ?
— Je viens voir mon père !
— Il n'y est pas, monsieur!
— Tu mens, drôle! car mon père ne sort jamais!
— Quand je dis qu'il n'y est pas, je m'entends bien, et vous aussi.
— N'importe! et malgré ta consigne, il est visible pour son fils. Marche donc et annonce-moi!
— Monsieur, reprit Valette, voulez-vous que nous fassions un arrangement où vous trouverez votre compte, et qui ne m'exposera pas? Confiez-moi votre cheval ; pendant que je le tiendrai dans la cour, il vous sera facile, connaissant bien les êtres, d^ vous introduire vous-même.
Georges réfléchit un instant, puis lui jetant la bride, il entra dans le château et se dirigea d'un pas moins assuré que de coutume vers la chambre de son père. Il fallait, pour s'y rendre, traverser le salon ; il s'y détermina après une hésitation de quelques minutes, due aux douloureux souvenirs que lui rappelait cette pièce. Mais au moment où il mettait la main
se LA PESTE DE MARSEILLE
sur la poignée en forme d'anneau du loquet de la porte, un des battants s'ouvrit en criant sur ses gonds, et une femme a'une quarantaine d'années, se présentant d'un air peu bienveillant, lui demanda ce qu'il voulait. Cette femme, qui était grande et forte, avait dû être belle dans sa jeunesse, mais de cette beauté qui provoque et irrite les sens, et dont on se souvient plus tard, non comme d'un plaisir, mais comme d'un remords. Ses cheveux rouges, lissés en bandeaux sur ses tempes, et serrés au front par le large ruban de velours noir qui nouait sa coiffure arlésienne recourbée comme un casque, encadraient un visage déjà flétri, et faisaient ressortir la dureté choquante de ses traits. Des lèvres tellement fines qu'on voyait à peine la bouche, des pommettes saillantes et des yeux enfoncés, dont la prunelle, d'un gris sombre, brillait comme celle des bétes feuves, donnaient à la physionomie de cette femme une si ^ive expression de méchanceté froide qu'au lieu de lui répondre, Georges détourna la tète et lui fit signe avec la main ,de lui livrer passage.
Mais, sans bouger de place :
— Vous demandez M. le baron, dit-elle en lui dardant son regard de vipère ; vous pourrez revenir plus tard : il n'est pas visible.
Tressaillant au timbre d'une voix qui faisait vibrer dans son âme mille souvenirs douloureux et toutes les souffrances endurées par sa mère, Georges toisa silencieusement cette femme. Il y avait tant de colère et d'indignation dans ses yeux que, pour la première fois peut-être, elle eut peur et recula. Il passa vite, car le sang bouillonnait dans ses veines, et, traversant le salon à grands pas, se hâta d'entrer dans l'appartement de son père.
La maison natale a un charme qui amollit si doucement le cœur, et les liens du sang conservent tant de force, qu'en pénétrant dans la ©hambre de son père, Georges, oubUant tout à coup les amertumes d'autrefois et la concubine même, dont la vue venait de les réveiller toutes, n'avait besoin que d'un re-
gard, d'un seul mot de tendresse pour redevenir le plus aimant et le plus dévoué des fils. Le tableau qui s'offrit à ses yeux et l'accueil qu'il reçut chassèrent aussi vite qu'elles étaient venues ces illusions d'une noble nature.
Dans l'embrasure d'une haute croisée gothique, dont le soleil enflammait les vitraux, était assis le baron de Durfort, tenant sur ses genoux deux enfants de douze à treize ans, que Georges reconnut sans peine à l'expression méchante de leurs traits et à leur chevelure rouge. Le baron, vieillard grand, maigre et osseux , releva au bruit son front chauve , où il ne restait plus de chaque côté que deux touffes de cheveux gris, et, après avoir examiné en silence le nouveau venu, immobile à la porte :
— Me trompé-je? fit-il froidement.
— Non, mon père, vous ne vous trompez pas,
— Appelez-moi monsieur, s'il vous plaît ; vous savez que je n'aime point ces façons populaires.
— Je vous donnerai le nom que vous voudrez, reprit Georges, qui sentait son cœur battre et sa voix trembler. Pourtant, mon père, je ne suis pas bâtard!...
— Est-ce un défi, monsieur? une provocation que vous osez venir m' adresser en face ! s'écria le baron furieux.
— Ni l'un ni l'autre, mon pèrel
— Alors, c'est un outrage ou un affront pour ces enfants?
— Non ; je n'y pensais pas, et pourtant un peu d'amertume serait bien excusable en voyant la place du fils légitime prise au foyer paternel par les fils de la concubine 1
— Allez au diable, avec votre légitimité! et sachez qu'il n'y a maintenant qu'un maître ici, et qu'après moi il n'y aura d'autres seigneurs que ceux que vous appelez des fils de concubine!
— Vous voulez donc me déshériter, mon père?
— C'est fait depuis longtemps.
— Et pour quel motif? m'est-il permis de le savoir?...
— Vous le savez aussi bien que moi : pour avoir, en vous
faisant médecin, terni mon nom et déshonoré votre famillel
— La science ne déshonore pas ! et quelles que soient vos répugnances, mon père, il est plus noble de soulager son semblable que de l'opprimer, et plus utile de guérir les hommes que de les blesser ou de les tuer sur le champ de bataille!
— Yoilà bien les idées du vil état que vous avez pris malgré moi ! Gardez-les, monsieur, peu m'importe ! Mais, comme je ne veux pas de frater dans ma maison, vous irez les porter ailleurs !
— Ainsi, vous me chassez?
— Aussi clairement que possible ! Allez où vous voudrez : à Sorèze, à Revel, à la Maison Blanche ; ouvrez boutique sur la rue, pendez au-dessus de la porte les trois bassins de cuivre jaune et la palette de chirurgien barbier; de tout cela je me soucie comme de Jean de Wert! Quant à ma maison, regardez-la bien, car vous n'y mettrez plus les pieds!
— Je m'y attendais, dit Georges avec effort, et cependant ces paroles me navrent!...
— Pleurez, monsieur, et puis sortez !
— Ah ! dit Georges en sanglotant, quel bonheur que ma mère ne puisse vous entendre!...
— Elle pleurerait comme vous! riposta son père avec un ricanement ironique.
Georges mit la main sur ses yeux, et, au bout de quelques minutes de recueillement, ayant repris tout son sang-froid :
— Monsieur, dit-il, vous méjugez mal; l'attendrissement n'est point de la faiblesse, et malheur à celui dont le cœur ne se briserait pas s'il avait à souffrir ce que je souffre en ce moment. Yous m'ordonnez de quitter votre maison ; je vais vous obéir; permettez-moi donc de vous entretenir, le plus brièvement possible, de l'affaire qui m'amène aujourd'hui.
— Ah! vous venez pour affaires! Je suis curieux de les connaître!
— Nous ne pouvons en avoir d'autres que celles qui existent naturellement entre le pupille et le tuteur?
Fort bien ! je vous entends, monsieur. Vous venez réclamer l'héritage de votre mère...
— ■ Sa dot seulement, mon père; pour le compte de tutelle, il est rendu d'un mot : j'approuve tout d'avance et ne demande rien!
— C'est-à-dire, si je vous comprends, que vous renoncez aux revenus.
— Sans réserve, mon père !
— Belle générosité, monsieur! et il n'y manque vraiment qu'une chose pour qu'elle soit complète.
— Laquelle?
— De renoncer au principal! Malheureusement, à cet égard, vous n'aurez pas un grand mérite!
— Que voulez-vous dire, mon père?
— Que la dot de votre mère est dissipée depuis longtemps.
— Mais sa terre, ses biens à elle?...
— Tout cela est vendu!...
— Tous n'en aviez pas le droit !
— C'est possible; alors je l'ai pris !
Georges, atterré par cet aveu, demeura sans parole. L'abîme qui venait de s'ouvrir à ses pieds l' éblouissait; l'héritage de sa mère, cette espérance suprême, cette dernière planche de salut pour Sylvine et madame de Saint-Gyr, lui manquant tout à coup et s'engouffrant comme le reste dans le torrent de cette destinée implacable qui les entraînait tous les trois au malheur et à la misère, voilà un choc inattendu sous lequel pliait sa force et par moments sa raison. Déchiré par cette douleur sourde et poignante qu'apporte la vue de la catastrophe contre laquelle on a lutté pied à pied, et qu'il est impossible de prévenir, il mesurait en frémissant la grandeur du désastre, et n'entendait ni les railleries, où le baron le défiait de lui faire un procès en vertu de cet axiome : « Que là où il n'y a rien le roi perd ses droits, » ni les menaces de la concubine l'accusant aigrement d'être revenu pour tourmenter et dépouiller son père.
Les situations désespérées ont cela de bon, qu'elles retrempent les âmes fortes ; Turgence même du péril réveilla l'énergie de Georges. La première épouvante passée, il se demanda s'il n'était plus de ressource, et alors brilla encore une bien faible, une imperceptible lueur d'espoir, vers laquelle il se précipita avec l'ardeur de l'homme qui se noie et qui s'accroche à un brin d'herbe. Sourd aux sarcasmes du baron, comme aux clameurs de la.' concubine, il descendit à la hâte dans la cour où le prudent Valette promenait le cheval arabe, et, lui arrachant la bride des mains, il se mit en selle et partit ventre à terre, au grand désappointement du curieux domestique, sans prononcer un mot.
Cette course effrénée ne dura pourtant que jusqu'au bout de l'avenue. Avant de rejoindre le grand chemin, il avait aperçu Michel qui gardait ses chèvres, et s'était arrêté. Le brave chevrier accourut aussitôt, son béret à la main, et, le voyant pâle comme un cadavre, lui demanda respectueuses'il était arrivé quelque malheur.
— Un malheur affreux, mon ami ; et je le crains bien, hélas ! irréparable !
— Votre père vous a fait tort, monsieur. Tout le monde savait cela dans le pays, excepté ces dames !
— Il faut qu'elles l'ignorent jusqu'à mon retour; mais comme il est possible que je rentre tard, va, mon ami, les prévenir pour qu'elles ne s'alarment pas.
— Monsieur, dit Michel après avoir réfléchi quelques instants, il n'y a qu'un homme dans le pays qui puisse vous tirer d'embarras s'il le veut!
— Le juif de Sorèze, n'est-ce pas? C'est chez lui que je vais.
— Alors, monsieur de Durfort, permettez-moi de vous y accompagner. D'abord je connais Isaac et sais comment il faut le prendre ; et puis, j'ai idée qu'avec de l'adresse on peut avoir, de ce côté-là, des nouvelles de la valise.
— Je veux bien que tu m'accompagnes; mais tes chèvres?
— Une fois sur la route de Revel, elles s'en iront toutes seules, car je garde Pastour : nous pourrons en avoir besoin.
— Partons donc vile, et Dien nous aide l Pourvu que nous trouvions le juif.
— C'est demain samedi, monsieur ; et la veille de ce jourlà il ne quitte jamais Sorèze.