‹ La peste en Turquie dans les temps modernesChapitre 12 sur 60 · MESURKS RESTRICTIVES ET HYGIÉNIQUES · texte numérisé non relu

MESURKS RESTRICTIVES ET HYGIÉNIQUES

l'IllNClPES QUI DOIVENT RÉGLER LEUR APPLICATION ET A l'aide desquels SEULEMENT ON PEUT JUGER LEUR EFFICACITÉ.

Parmi tous les documeiils que nous avons pu consulter, le rapport du docteur Arnaud est le seul bien explicite au point de vue des mesures sanitaires. L'auteur s'attache à les décrire avec soin une à une et avec quelques détails. 11 nous dit que sa mission à Benghazi « avait pour but d'organiser, le cas échéant, toutes les mesures que réclameraient les circonstances (1) ». Il ajoute ensuite (2) cette observation importante : « Qu'on est surpris de voir de nos jours les épidémies de peste se limiter ordinairement aux foyers où elles éclatent et ne pas prendre l'extension qu'elles avaient aux époques précédentes, tout en conservant le même degré de force. » Il lui semble que cela tient à ce que ces épidémies ont été circonscrites dans d'étroites limites par les mesures sanitaires dont on dispose aujourd'hui en Orient; telleest, il me semble du

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moins, la signification à donner à colle phrase : « Si nous venons à jeter un coup d'œil sur les difierenles épidémies de peste qui ont visité notre époque, nous sommes surpris de les voir se limiter le plus ordinairement aux foyers où elles éclataient, sans prendre cette extension qu'elles avaient aux époques précédentes, conservant néanmoins le même degré de force. C'est ce que prouvent les statistiques des points où elles se montraient et où elles étaient pour ainsi dire acculées par nos mesures sanitaires d'aujourd'hui (1). » Il complète ensuite sa pensée par l'explication suivante : « Grâce, en eftet, à la bonne organisation du service quaranlenaircet aux progrès de l'hygiène, toutes les fois que les mesures en vigueur étaient bien dirigées et rigoureusement maintenues, on a vu le fléau s'éteindre sur place et ne point se propager (2). » Après ces prémisses, nous devons-nous attendre à ce que l'auteur nous montre des exemples de ces heureux effets des progrès de l'hygiène et de la bonne organisation des quarantaines. C'est à sa mission seulement que M. Arnaud fait allusion malheureusement, mais il y est très explicite, et cela va nous permettre d'examiner avec lui, ici, la nature des moyens qu'il a employés et leur degré d'efficacité pratique.

Pour avoir la juste mesure de l'efficacité des moyens sanitaires employés contre une épidémie de peste, il faut toujours se rappeler les conditions propres à son éelo-

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(2) [fnd.

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sion. à son dévcloppcmoiil, ù su fin. Ces lléaux ont prcs- (jiio tous un cours assez rcgniicr, une marche nalniclle. On sait qu'après un début brusque ou lent, ils atteignent leur acmé à une certaine saison de l'année, [lour décliner ensuite. Il peut y avoir des variations plus on moins grandes dans des cas exceptionnels; il y a dos maladies populaires qui quelquefois échappent k toute règle ; mais ce n'est pas le cas de la peste dans aucune des épidémies que nous avons à examiner On peut voir, par l'étude des épidémies modernes sur lesquelles on a des notions positives, combien leur marche a été régulière, fixe et peu sujette aux perturbations. Il y a là comme un ordre supérieur, une donnée primitive dont il seml)le que le fléau ne puisse pas se départir dans les circonstances ordinaires. Appliquer à toutes les époques du développement de ces maladies les mesures sanitaires convenables, c'est un impérieux devoir d'humanité et d hygiène publique. Si ces moyens ont été mis en usage tout à fait au début de l'épidémie, et si celle-ci s'arrête, on pourra dire qu'on a exercé sur sa marche une action perturbatrice qui a amené sa cessation ; mais, si les moyens mis en action l'ont été à l'époque même où l'épidémie touchait à sa fin, pourra-t-on tirer de là des conclusions on faveur de l'efficacité de cette intervention? Que diraiton d'un médecin qui, voulant apprécier le degré d'influence d'un médicament, l'administrerait tout à fait à la fin de la maladie dont il voudrait arrêter la marche? C'est cependantlà exactement ce qui est arrivé pour l'épidémie de Benghazi, en 1874.

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