‹ La peste en Turquie dans les temps modernesChapitre 16 sur 60 · APPLICATION DES MESURES SANITAIRES · texte numérisé non relu

APPLICATION DES MESURES SANITAIRES

maïuiiii' (lo ressources pécuiiiiiires s'y opposa. 11 eut le coiirago et l'abnégation do s'enfermer alors avec les pestiférés dans un quartier isolé, et il se tint ainsi en dehors de toute communication avec le reste des habitants du village. Quinze jours plus tard, il succomba, victime d'un dévouement et d'un désintéressement dont on connaît peu d'exemples. Sa grande préoccupation avait été de faire établir un cordon sanitaire autour de Benghazi et deDerna, car Merdje n'est qu'à ving t lieues de la première et à quarante-quatre de la seconde de ces villes (1). Cela prouve bien que Laval avait senti l'inutilité de l'isolement de Merdje, ce point n'étant pas le seul attaqué.

M. le docteur Marouin, alors délégué sanitaire de France à Constantinople, dit qu'on n'a pu prendre à Merdje que les mesures hygiéniques suivantes : incinération des chiffons et des immondices, lotions au savon et au vinaigre, aération constante [des tentes et des maisons, isolement des malades, établissement d'un cordon autour de la localité infectée, isolement complet de la garnison composée de vingt hommes (il n'y eut pas un seul malade dans la caserne, sévèrement isolée). L'honorable et distingué confrère dont nous citons le texte ne dit pas à quelle époque ces mesures furent prises (2).

Nous avons rapporté ci-dessus, d'après le travail de

(1) Gazette hebdomadaire, 2 octobre 1874.

12) Gazette médicale d'Orient du 30 septembre 1874.

M, Arnaud, que vers le milieu de mai, des avis vernis de Benghazi signalèrent à l'administration sanitaire de Gonstantinople qu'une maladie, qui pouvait bien être la peste, venait de paraître dans le petit village de Merdje; il n'est pas sans intérêt de rapprocher de cette date celle des décisions des différentes intendances sanitatres qui prescrivirent le régime de la patente brute envers les provenances de la Cyrénaïque. Ce ne fut que le 11 juillet que le conseil sanitaire d'Alger décida qu'on frapperait d'une interdiction absolue toutes les provenances de la régence de Tripoli et qu'on suspendrait provisoirement ces mesures en ce qui concernait celle de Tunis (1).

De son côté, le conseil sanitaire de Tunis décidait que toutes les provenances de la régence de Tripoli, soit par terre, soit par mer, seraient repoussées. Le gouverneur général de la Tripolitaine ordonnait vers la même époque aux autorités de la côte de refuser l'entrée à tous les navires venant de Benghazi, même avec la patente nette, et de les renvoyer à Tripoli pour être soumis aux formalités sanitaires. L'intendance sanitaire d'Egypte prenait à son tour des mesures analogues; elle soumettait les provenances de Benghazi par voie de terre à quinze jours de quarantaine, à loO milles d'Alexandrie, et elle repoussait complètement celles de mer. On s'étonnera des longs délais apportés à la déclaration du

(1) Gazette hebdomadaire, 2 octobre 1874. Le 20 octobre, les navires venant de la côte de Barbarie étaient encore soumis, à Malte, à trente jours de quarantaine.

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