‹ La peste en Turquie dans les temps modernesChapitre 31 sur 60 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

PKOJET AVORTÉ d'uNE COMMISSION SANITAIRE PERMANENTK. LES MESURES HYGIÉNIQUES NE SONT DÉCRÉTÉES EN 1876 Qu'aPRÈS l'eNVAHISSEMKNT DE BAGDAD PAR LA PESTE (1).

« Après la fin de l'épidémie de peste de la Mésopotamie en juillet 1875, le conseil supérieur de santé de Constantinople proposa de nommer une commission médicale permanente pour l'inspection des districts qui avaient été infectés par la maladie et pour prendre d'avance toutes les mesures nécessaires afin d'empêcher la réapparition du fléau (2). Cette commission ne paraît pas avoir été formée, et, malgré l'apparition de plusieurs cas de peste à la fin de novembre ou au commencement de décembre 1875, dans le district d'Azizié sur le Tigre, aucune mesure ne semble avoir été prise par les aulo-

(d) Je cite ici textuellement et entre guillemets la partie du Mémorandum n» 2 de M. Radcliffe qui, commence à la page 29 des Papers relating to the modem history and récent progresa of Levantine plague. London, i879.

(2) On se demande, non sans raison, pourquoi la création de cette commission ne lut pas décrétée à la fin de l'épidémie de 1874.

MESURES HYGIENIQUES. 130

rilés sauilairos do la Mésopotamie pour s'assurer de la nature de la maladie et do son extension dans les districts situés le long- du cours inférieur de l'Euphrate.

« Ce ne fut que le 10 février 1876 que la réapparition do la peste fut annoncée à Gonslanlinople par un télégramme de Bagdad qui disait en même temps que des cordons sanitaires avaient été établis à ïékrit et à Kifri, couvrant les routes du nord, le long du Tigre, vers Mossoul, et du nord-est vers le Kurdistan, et que les autorités de Bassora avaient été prévenues du danger. » A cette époque, comme nous l'avons mentionné ci-dessus, la peste s'était développée depuis trois mois dans un district voisin de Hillé, et, probablement, plus haut encore sur l'Euphrate, et elle existait dans la ville de Hillé depuis le l*"^ janvier. La maladie se montrait aussi à Kut-el-Amara, sur le Tigre, vers le 20 février; sa présence à Bagdad était très-probable à cette époque, bien que son invasion officielle ne date que de la seconde semaine do mars. « Pendant toute cette période de son invasion progressive, la maladie ne fixa pas l'attention, bien qu'il soit très-probable que c'est alors qu'elle est la plus apte à être disséminée et bien qu'alors seulement les mesures prophylactiques puissent être prises avec quelque chance de succès. Le manque de renseignements sur l'invasion du fléau tenait à deux causes : d'abord l'existence de la maladie dans des localités peu fréquentées et où il n'y avait pas d'agents sanitaires; ensuite l'aversion instinctive des habitants à reconnaître le développement de la peste chez eux. »

Des observations do M. Colvill, il résulte que ce désir de dissimuler l'existence de la peste dans les localités infectées, est l'un des résultats nécessaires et funestes des mesures restrictives vexatoires auxquelles on soumet les habitants dans ces cas. « Quant aux réticences des fonctionnaires du service de santé, elles empêchent do se former une idée exacte de l'extension de la maladie, et elles expliquent comment, dans les temps antérieurs, sous un régime analogue, on n'entendait parler de la peste que quand elle enlevait des milliers et des milliers d'individus. »

Une dépêche de Constantinople, du 8 mars, annonça la formation à Bagdad d'une commission composée de sept médecins, à l'effet d'organiser toutes les mesures nécessaires contre la peste. Peu après, le 15 mars, le conseil de santé de Constantinople, mécontent de la manière peu vigoureuse dont les mesures recommandées par les médecins sanitaires en Mésopotamie étaient effectuées, envoya lui-même aux autorités du lieu les instructions suivantes :

« 1° Évacuer, laver et désinfecter chaque maison atteinte ; isoler les habitants des quartiers infectés cL empêcher toute communication avec le reste de la population ;

« 2° Brûler les huttes infectées chaque fois que cela se pourra ;

« 3" Établir des cordons à Kiffil, pour empêcher le transport des cadavres de Hillé àNédjef; àKifri, pour arrêter les voyageurs allant au Kurdistan, les soumet-

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