CHAPITRE IV
OBSERVATIONS ANTÉRIEURES PE MM. NIXON, COLVILL, BELLEW ET FAUVEL SUR LES QUARANTAINES TURQUES.
« On doit dire cependant, ajoute M. Netten-Radcliiïo, que le Conseil supérieur de santé de Constantinople, à la date de la dernière dépêche de M. Colvill que nous venons de citer, pouvait encore avoir confiance dans l'efficacité des mesures dont il décrétait l'emploi. » ,To veux bien ajouter foi à cette remarque atténuante de l'auteur du hlue-hook que je cite ; je dois faire remarquer pourtant que les observations de M. Colvill et de l'agent politique anglais de Bagdad ne datent pas seulement de 1876, qu'elles se sont produites déjà en 1874, 1873 et dans les années antérieures, toutes les fois que les autorités sanitaires ottomanes ont établi des quarantaines de terre et de mer aussi vexatoires qu'inutiles. Dans une de ses communications imprimées dans les Medico-physical transactiom of Bombay (1), M. Colvill dit, à propos de la 'quarantaine de Bassora : « Cette ville
(1) Volume II, page 62.
ont située ù 70 milles au-dessus de l'embouchuro du Schalt, dans le golfe Persique.On place en ce point, qui se nomme Fao, un gardien de santé sur chaque grand navire, steamer ou voilier. » Puis il ajoute : « C'est une pure formalité [a mere show). » Il continue ensuite en ces termes : « La quarantaine intérieure placée en 1871, sur le Tigre, était une bouffonnerie {a perfect farce) ; car, avant son établissement, le choléra s'était propagé plus rapidement sur l'Euphrate que sur le Tigre. » De plus, le même écrivain fait remarquer que l'agent politique anglais de Bagdad, dans une dépêche en date du 25 septembre 1867, dit que la quarantaine fut établie à cette époque à Bassora, contre les provenances de la Perse, pour le motif, officiellement avoués que le choléra avait paru dans une ville de Perse située à peu de distance de la mer Caspienne et nulle part ailleurs dans ce royaume. Dans les Transactions de Bombay (1), M. Colvill relate encore qu'il fut retenu dix jours pendant l'automne 1869 à la quarantaine turque de Khauéguine, située à la frontière turco-persane sur la route de Bagdad à Kermanchah. Les communications entre les quarantenaires arrivés à des dates différentes avaient lieu très fréquemment. M. Colvill y arriva la nuit, et il fut suffoqué par la puanteur des animaux morts et des ordures de toutes sortes. « Si un individu venait à mourir dans un groupe de pèlerins, ils devaient tous rocommencer la quarantaine. Aussi il est arrivé qu'ils ont
(1) 1871, Appendix, XL.