‹ La peste en Turquie dans les temps modernesChapitre 36 sur 60 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

DÉFAUT .ABSOLU DE RENSEIGNEMENTS OFFICIELS SUR LES EFFETS DE l'iSOLEMENT DES CAS DE l'ESTi:. DIFFÉRENTS PROJETS d' ASSAINISSEMENT DE LA MÉSOPOTAMIE. MANQUE DE RESSOURCES PÉCUNIAIRES.

Au commencement du mois de mai 1876, le délégué auslro- hongrois à Constantinople , ayant demandé l'avis du Conseil supérieur de santé sur l'efficacité des mesures prescrites en Mésopotamie, M. le docteur Bartoletti répondit delà part du Conseil : « Que la peste no s'était pas étendue au-delà de la province ; que les cordons de Técrit, sur la route du Tigre, et de Salahié, sur sur celle de l'Euphrate, avaient été renforcés et paraissaient borner avec efficacité la transmission de la maladie dans le Kurdistan et dans la Syrie ; qu'il n'y avait pas d'appréhensions à avoir qu'elle fût transportée par mer, à cause des mesures prises à Kourna et de la quarantaine appliquée à toutes les provenances du golfo Persique. » M. Netten-Radcliffe, après avoir cité cotte réponse de l'administration ottomane, très-rassurante dans la forme, mais dont les différentes assertions, comme nous venons de le voir, ne reposent que sur des

DKFAUT DE RF.NSKIONKMKNTS OFFICIELS. IVJ

hviHtllièsos, eoiislîilc dans les Icrmos suivants une laciiiio imporUuilc dans les documenls ofliciels : « Aiiciiiio dépêche relative au développement de la peste en Mésopotamie no nous informe de la mesure dans laquelle l'isolement des cas de peste a eu lieu à Bagdad et ailleurs, et jusqu'à quel point les baraques élevées aux environs do la ville ont été mises en usage. » M. Radcliffe est un esprit très-perquisitcur quand il s'agit de lounaitre la vérité ; s'il lui arrive délire ce livre, il trouvera, dans les pièces non oflicielles que je citerai tout à l'heure, la réponse aux questions qu'il s'est posées avec tant d'à propos.

Nous connaissons le lieu d'origine première de toutes les pestes de la Mésopotamie ; nous avons vu que leur point d'émergence, en 1867 et en 1874, avait été loin des villes, dans des localités habitées par des Arabes qui cultivent les céréales et principalement le riz, dans des plaines complètement inondées au printemps et toujours humides et à. demi marécageuses jusqu'au milieu de l'été. C'est dans ces localités que la maladie a revêtu d'abord sa forme grave ; c'est de là que, selon bien des apparences, elh; a dû être transportée dans les villes à Bivanié, àlIillé,àBagdad.Lapenséepremière quiseprésente alors à l'hygiéniste est d'éteindre, s'il est possible, ces foyers primitifs en changeant complètement les conditions d'habitation, de nourriture et de vêtement des habitants. Telle est l'opinion que j'ai émise en 1868, à une époque où je croyais encore que l'on s'occupait sérieusement do la solution de ce grave problème de l'origine et de l'ex-

•Uiiclion de la peste : « Il importe d'avoir dorénavant, pendant une certaine série d'années, des renseignements sanitaires plus exacts et plus détaillés sur les parties de la Mésopotamie compromises dans les manifestations épidémiques que nous avons relatées. Il ne s'agit pas ici seulement des plaines de Hindié ; il s'agit de Bagdad, de Kerbéla, de Nédjef, de Hillé... J'ai la conviction que des faits analogues pourront se renouveler prochainement... Qu'on s'efforce d'en déterminer les causes avec précision, ou du moins d'en circonscrire le domaine; on rendra ainsi à la science un service capital. Les mesures sanitaires viendront ensuite ou en même temps. Il ne m'appartient pas d'en préciser la nature; mais il me sera permis de dire, je l'espère, que, si j'admets dans le cas actuel les mesures restrictives telles que les cordons sanitaires, si les autorités ont le pouvoir de les instituer et si les populations les tolèrent, j'approuve avant tout et surtout les moyens prophylactiques institués dans le but d'améliorer les conditions hygiéniques de la population et avant tout sa nourriture. Ces indications me semblent convenir particulièrement dans les cas où la contagion n'est pas bien en évidence, ou du moins ne s'e.\erc« pas en dehors de certains foyer^(l). »

Depuis lors, en face du développement progressif du lléau et de l'envahissement des villes de la Mésopotamie, des projets analogues se sont fait jour. Dans une dépêche du 21 mai 1876, le colonel Nixon annonce que pour

(1) Une épidémie de peste en Mésopotamie, pages 73 et 74i

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