‹ La peste en Turquie dans les temps modernesChapitre 37 sur 60 · DÉFAUT DE IIENSKIONEWKNTS OFFICIELS · texte numérisé non relu

DÉFAUT DE IIENSKIONEWKNTS OFFICIELS

cmprcluM- lo rotour tic la poste, le paclia de lingdad avait commencé lo drainage des marais situés aux environs de cette capitale. Cela est une excellente idée hygiénique sans doute, mais combien de marais à drainer dans la Mésopotamie et combien do localités dans lesquelles le drainage serait aujourd'hui impossible ! Déplus, quand la peste a fait son apparition dans les villes, c'est sur celles-ci surtout, il me semble, que l'attention de l'administration doit se porter. Quoi qu'il en soit, on doit enroeistrer comme un excellent essai d'assainissement de Bagdad le projet du pacha en question, s'il a été conduit à bonne fin.

Vers la fin de mai, quand la peste diminuait rapidement ou avait déjà cessé, la commission médicale écrivit au conseil supérieur de santé de Constantinople que le moment était venu d'empêcher, s'il était possible, le retour de la maladie; et elle proposa l'adoption d'un })lan indiqué par M. Colvill : « Je proposerais que pendant l'été tous les villages ou groupes de huttes permanentes dont le sol, moins élevé que les eaux du printemps, est tellement saturé d'humidité que les immondices ne peuvent être ni absorbées par la terre, ni évaporées (seuls points, selon notre distingué collègue, qui aient été jmmitivement atteints par la peste), soient détruits. Chaque hutte ne coûte pas plus de trois roupies. Les poutres pourraient être passées au feu seulement, car le bois est très-rare dans ce pays. Tous les villages pourraient être rebâtis et transportés dans d'autres points du voisinage, sans inconvénient pour les habitants et cà leur plus grand

avanlagc. » Très-bien, dirons-nous encore, c'est une excellente mesure, très-praticable en apparence ; mais qui en payera les frais? M. Colvill a une solution toute prête à cet égard : « Les coffres de la commission sanitaire internationale de Constantinople, qui regorgent d'argent, pourraient payer les dépenses de cet assainissement. » On ne sait pas si la commission de Constantinople, c'est-à-dire très-probablement l'intendance saiiitaire ottomane, partage à ce sujet l'avis de M. Colvill.

Plus tard (24 juin 1876), la commission de Bagdad informa le conseil supérieur de sanlé que les frais, pour déplacer et détruire ces villages bâtis en roseaux, ne seraient pas grands, et elle proposa que cette mesure fût d'abord appliquée à Kifil et à Kufa (on se demande pourquoi pas à Hindié et à Dagara où la peste commença en 1867 et en 4874). La commission recommanda de plus que des médecins fussent placés dans les différentes \i\\es h puri/îer , pour surveiller cette opération ou d'autres encore. Ces recommandations furent approuvées par le conseil supérieur et par la Sublime-Porte ; mais on trouva leur exécution impraticable par suite de la diminution des revenus de l'administration sanitaire, conséquence de la stagnation du commerce et de l'arrêt des pèlerinages en Mésopotamie.

Voilà donc, en somme, toute la morale de cette longue énumération de dépêches que M. Netten-Radcliffe a le mérite d'avoir mis sous les yeux du public. Pour faire disparaître la peste, et même pour arrêter son développement, il faut non-seulement dos observateurs médicaux

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cliarj;és tic rccouiuiître la maludic partout où oUc est et (le l'herohcr les moyens de la guérir sur les individus qui (Ml soulTrent; mais il faut aussi une administration bien composée et bien dirigée, armée des ressources pécuniaires suffisantes. Ces ressources, otj les trouver dans des contrées dont les finances sont en mauvais état et le trésor épuisé? On a eu l'idée de les augmenter, ces ressources, par dilTérents moyens dont je n'ai pas à m'occuper ici. Je ferai remarquer encore une fois cet aveu de l'atlminislration sanitaire turque., que ses dépenses doivtMit être limitées comme les fonds dont elle dispose.

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