‹ La peste en Turquie dans les temps modernesChapitre 39 sur 60 · DOCUMENTS NOUVEAUX · texte numérisé non relu

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(lo Sadriti. Le 5 janvior, le docloiir Balailloy observa luiinènie, chez un nuisiilmaii voisin do l'église latine, un cas de peste avec bubon inguinal; la mort eut lieu lo troisième jour.

Malgré la multiplication des cas, le système des cordons particuliers fut maintenu autour des maisons infectées jusqu'au 20 mars. Il faut répéter que ces cordons n'étaient établis qu'autour des maisons pauvres, et principalement chez les juifs. La crainte d'une révolte empêchait de les établir chez les musulmans d'une classe même au-dessous de la moyenne. Enfin, le 5 mars, on déclara hi maladie généralisée, et on ne prit que des mesures générales, hors de la ville, dans le but de sauvegarder le pays.

Un fait qui doit certainement être compté comme ayant diminué la mortalité de 1877, c'est la dispersion volontaire de la population de Bagdad. La mortalité devint considérable en 1877 chez les juifs, tandis qu'en 1876 elle avait été peu marquée chez eux ; les rabbins, de par le Talmud, ordonnaient à tous ceux qui en avaient les moyens de fuir le lléau et de quitter la ville. On a calculé que douze à quinze mille juifs, sur vingt à vingtcinq mille, émigrèrent ainsi dès le commencement d'avril et allèrent établir leurs tentes parmi les Arabes du désert jusqu'à la cessation du fléau. Or, depuis leur dispersion, il n'y eut plus chez ces émigrés que quelques morts et pas d'attaques nouvelles. Les musulmans aussi émigrèrent en très-grand nombre, surtout ceux du rite chiite. Indépendamment du témoignage si complet du

docteur Balailloy à ce sujet, M. Padouan m'écrivit à cette époque qu'un grand nombre de familles s'étaient réfugiées dans le désert, d'autres dans les jardins, et qu'il ne resta en ville que les nécessiteux.

De tous les moyens préservatifs de la peste, celui qui me paraît le plus important et le plus facilement mis en usage, celui sur lequel on a cependant le moins insisté, est l'émigration de la population hors des centres infectés. Cette mesure, praticable sur une large échelle dans les pays d'Orient où la population est clairsemée et où on peut la disséminer facilement dans des localités pea habitées ou totalement désertes, me semble digne de la plus grande attention ; elle réussit, comme on vient de le voir, à merveille à Bagdad, et je démontrerai, dans un autre travail, qu'elle produisit aussi à Recht le meilleur effet.

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