‹ La peste en Turquie dans les temps modernesChapitre 42 sur 60 · MANQUE DE NETTETÉ DANS LE DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

MANQUE DE NETTETÉ DANS LE DIAGNOSTIC

I)ai;ara et iVAlHj a-l-il dos commiinicalions avec la IN'rse, où louU> Uacc iriiifecliou avait d'ailleurs complèlemenl disparu depuis Tété de 1871 ? Le foyer de Dagara en 1874 est un foyer bien primitif comme celui do llindié en 1867, et c'est en vain qu'on voudrait chercher à jeter le doute sur un point de science désormais établi parfaitement, L'épidémie de 1867 à llindié, est-il besoin de le dire? pèse beaucoup à l'administration sanitaire turque, parce qu'elle est antérieure à toute manifestation de peste en Perse. Si elle était postérieure à l'épidémie du Kurdistan en 1871. alors on ne ferait pas tant do difficultés pour l'admettre. On trouverait bien quelque filiation obscure et imaginaire pour la rattacher à la peste persane. C'est là, on le sait, la grande marotte de l'administration sanitaire ottomane, de vouloir faire partir de la Perse toutes les épidémies graves do la Turquie. La Perse est, selon cette commission sanitaire, un pays toujours infecté, car il ne s'y trouve ni administration sanitaire ni service sanitaire. La Turquie, qui a ces deux excellentes choses, ne doit pas avoir d'épidémie autochthone. Heureusement que, s'il n'y a pas de service sanitaire organisé en Perse, il s'y trouve du moins, comme en Mésopotamie, quelques observateurs médicaux indépendants et amis de la vérité; autrement, malgré mes protostations répétées, cette fausse notion épidémiologique serait passée de plein-pied dans la science.

Quand une administration sanitaire reste ainsi, de propos délibéré, dans le doute, ne perd-elle pas de son crédit,

ne iiiliL-elle pas à la considération et h rinfluonce do ses agents auprès des autorités des pays infectés? C'est ainsi que M. Padouan, pour avoir dit la vérité dès le début, avait perdu toute influence près du pacha de Bagdad. En pourrait-il être autrement quand ces grands fonctionnaires, étrangers à la science, voyaient les assertions de l'inspecteur sanitaire constamment rejetées ou soupçonnées? Pourquoi ces commissions successives, ce grand nombre de médecins envoyés les uns après les autres sur les lieux et consultés? Les esprits éclairés et indépendants répètent tous le même mot : c'est la peste ; et pourtant on hésite encore, on hésitera toujours, tant qu'on n'aura pas réussi à prouver que toutes les pestes de la Turquie, celles de la Mésopotamie, comme celles du Hedjaz et de la Cyrénaïque, viennent de la Perse. Le mot d'ordre ou plutôt le seul article de foi de cette doctrine date, je le répète, d'une trentaine d'années : « La Turquie ayant été purifiée, le pays étant net, la peste ne peut y venir que du dehors. » Et cependant bien des observateurs, et M. Fauvel en particulier, ont affirmé à plusieurs reprises : « que, si l'on consulte l'histoire de la peste, on voit que la Turquie a bien moins à redouter que ce fléau lui vienne de la Perse que de le voir naître dans ses propres provinces. Presque toujours la maladie a été importée de Turquie en Perse. De sorte que ce dernier pays serait mieux fondé à tenir les provinces turques en suspicion, que la Turquie à mettre la Perse en quarantaine (1). »

(1) Recueil des travaux du Comité consultatif, tome II, page 25. — Voyez aussi mon Histoire de la peste bubonique en Perse. Paris, 1874.

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