CHAPITRE IX
CONCLUSIONS GÉNÉlULIiS A IMIOI'OS bV. SERVICt; SANlTAIUi;
oitoman; idék euuonéI': qu'on en a en fhance; valeur incontestau le
DES MÉDECINS SANITAIRES; MANQUE d'iNSTRUCTIONS PRÉCISES POUR LE DIAGNOSTIC DE LA PESTE.
Nous venons de voir que radministration sanitaire ottomane, malgré le conseil supérieur de santé international qui siège à Constantinoplc, malgré un service sanitaire considérable et un budget spécial provenant, avec l'assentiment de TEurope, do certains droits d'entrée perçus dans les ports ottomans et sur les frontières de l'empire, a été dans l'impossibilité de reconnaître à temps l'éclosion des deux pestes de la Cyrénaïque, en 4838 et en 1874. Nous avons ensuite prouvé qu'en 1867, dans la Mésopotamie-, une épidémie de peste nettement caractérisée a été ou bien niée ou bien mise en doute jusqu'aujourd'hui. L'épidémie de 1874, dans ce pays, n'a été aussi reconnue qu'à une époque où elle avait dépassé son acmé. Le début dos recrudescences de 1875, 1876, 1877, ainsi que l'aire de leur envahissement primitif, n'ont pu être nettement déterminés à temps. Les
ino LA PESTE EN TURQUIE.
mesures sanitaires et restrictives mises en usage dans toutes ces épidémies ont été incomplètes, inefficaces et tardivement appliquées. Une seule mesure hygiénique, celle de la désinfection des maisons, ou plutôt de leur lavage à l'eau de chaux, a paru avoir des avantages marqués, au dire d'un seul médecin, et encore un fait aussi important n'est pas cité avec les détails voulus ; on ne sait pas au juste dans quelles localités et à quelle époque des épidémies de 1876 et 1877 cette mesure a été appliquée avec un succès si marqué.
On ne se demandera pas maintenant si les faits ainsi indubitablement relevés sont exceptionnels. Ils ont été constatés dans toutes les épidémies qui ont éclaté eu Turquie depuis vingt-un ans; ils ont été contrôlés par des témoins oculaires placés au-dessus de tout soupçon et n'ayant aucune idée systématique préconçue ; le plus souvent, ils ont été même reconnus et relatés de bonne foi par les médecins sanitaires ottomans eux-mêmes. Y aura-t-il là possibilité à des assertions contraires à celles que j'ai émises ici ? Si le moindre doute avait été possible en cette matière, je me serais bien gardé de produire les faits que j'énonce. Si j'avais pensé qu'il y eût la moindre exagération dans les témoignages dont je me suis servi, je n'aurais pas hésité à faire part au public de ces desiderata. J'ai analysé, sondé et pesé mûrement la valeur de chaque preuve ; car il s'agit ici d'une œuvre de vérité et non pas de critique. J'ai apporté d'au ta ni plus de scrupules et d'hésitation dans ce travail que le service sanitaire ottoman est aujourd'hui cité en Europe,