CORDON SANITAIRE LIBYQUE
(le l'Italie, ilo rAutriclio,dolaGrècc,(lorEspagno depuis la lin de ce mois, furent sans doute cause de la none.xlension du llt'';ni à quelques points du littoral de la Medilorrauée. C'est possible, mais ce n'est pas un fait avéré (1). Nous avons en elTot montré que, d'après les documents officiels, la peste parut à Benghazi au commencement de mai et y donna lieu, dans ce mois àquatrevinul-quinze décès. En juin, elle atteignit son acmé et causa cinq cent quarante-deux décès. Pendant cette période de près de deux mois, il n'y eut pas de patente brute, ni même de patente suspecte ; toutes les communications maritimes, tous les transports de marchandises et de laines, toute l'immigration et l'émigration des moissonneurs étrangers eurent lieu comme de coutume, sans délais, sans inspection. Des familles entières se réfugièrent à Alexandrie et à Malte en juin, sans désinfection aucune, et cependant la peste ne se propagea pas pendant tout ce laps do temps(2). Celapermet de supposer, ilme semble, qu'elle aurait pu tout aussi bien ne pas se propager en juillet, où elle était arrivée déjà à l'époque de son déclin et de l'extinction de ses germes. Mais il y a plus : pen-
(1) Le délégué sanitaire de France à Constantiuople écrivait au comité consultatif d'hygiène publique de Paris, le 2G août 1858 : « Dernièrement le consul anglais de Benghazi n"a pas hésité à donner patente nette à un navire en destination pour Malte. » {llecueil des travaux du comité consultatif, tome IV, page 174.)
(2) Suivant M. Bartoletti, un malade de Benghazi transporta par mer la peste à Derna, le 25 mai. N'aurait-il pas pu en être de même pour Candie, Malte, Alexandrie? C'était là l'époque du vrai et du principal danger.
dant une année entière (1856) lapesle exista à Benghazi en même temps qu'une formidable épidémie de typhus. On n'en fut même pas informé ; par suite, aucune mesure spéciale ne fut adoptée, et le mal ne se propagea nulle part. Ce fait est trop important, au point de vue de l'épidémiologie et de la science sanitaire, pour ne pas en donner ici une relation particulière qui fera l'objet du chapitre suivant.