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ci-contre en y joignant celle de Sticker, membre de la mission allemande.
11 convient de faire remarquer que, chez 4 de ces malades, il n'y a jamais eu aucune trace de réaction au niveau du point de pénétration, et les nombreux expérimentateurs, qui ont déterminé chez le singe la peste par inoculation superficielle, n'ont jamais vu se développer d'altérations au niveau de la piqûre, tandis que se développait le bubon et l'infection générale.
En analysant les observations consignées ou résumées dans le rapport allemand, nous avons relevé une lésion locale mortelle dans 31 cas sur 377, soit clans un douzième des cas.
La lésion occupait 18 fois les membres inférieurs ; o fois les membres supérieurs ; 4 fois la paroi abdominale; 1 fois le cou, la paroi thoracique, le périnée, le pénis.
Cette lésion se présentait sous l'apparence : d'une vésicule, 11 fois; d'une pustule, 8 fuis; d'un anthrax, 4 fois; d'un furoncle, 3 fois; d'une escarre, 1 fois.
Simond a analysé 61 cas de phlyctènes primitives, celles-ci occupaient 51 fois les membres inférieurs ; 6 fois le tronc ; 4 fois les membres supérieurs.
L'introduction du bacille pesteux, par l'appa-
reil respiratoire, explique la pneumonie pesteuse qui a été si fréquente relativement à Bombay.
Elle a été réalisée expérimentalement par les médecins russes, par Roux et son élève Baszarow, etc. Un certain nombre de cas de peste de cette nature ont été relevés chez des médecins et sur le personnel hospitalier de Bombay, comme à Calcutta et à Hong-Kong. Faut-il rappeler ici le cas du Dr Millier, qui contracta la peste par cette voie, soit au cours des soins donnés par lui au garçon de laboratoire Barisch, soit au cours de la désinfection du laboratoire?
Il convient d'insister sur deux particularités qui ont été Lien mises en évidence par les recherches bactériologiques et qui permettent de concevoir comment la contagion directe ou médiate, tout en jouant un rôle important dans la propagation de la peste, ne suffirait pas à tout expliquer :
C'est la durée relativement courte de la vitalité et de la virulence du bacille chez le malade même et en dehors de l'organisme.
Chez le malade, le bacille de la peste ne conserve pas longtemps sa virulence.
Qu'on se reporte aux examens bactériolologiques et l'on verra que si le bacille de la
peste existe en abondance dans les engorgements ganglionnaires, il disparaît quand ceux-ci aboutissent à la suppuration et quand le bubon est ouvert chirurgicalement ou spontanément (Yersin, missions allemande et autrichienne, Galeotti et Polverini) ; que dans le sang des malades la disparition n'est pas moins prompte.
Une fois sorti du corps, le bacille présente une résistance très faible vis-à-vis des divers agents physiques.
Kitasato, étalant du suc de bubons sur des lamelles à la température de 28° à 30°, a retrouvé les bacilles vivants après trente heures. Ils étaient morts le quatrième jour. Les membres de la mission allemande ont multiplié les recherches s'adressant aux cultures pures, aux fragments d'organes, aux crachats, au pus, etc. Ils ont choisi comme support les débris de verre, les échardes, les fils de soie, de coton, le papier buvard, etc. La plus longue survie du bacille, dans ces expériences, a été de huit jours (une seule fois), assez souvent la survie a été de six jours.
La dessiccation complète réalisée dans un exsiccateur hâte la destruction.
Les expériences qui précèdent ont été faites dans l'Inde. Répétées dans nos climats à une température de 16° à 20°, elles ont donné des
résultats un peu différents. Abel1, Giaxa et Gozicr ont trouvé le bacille encore vivant après trente jours. Les membres de la commission allemande ont vérifié ce point. Néanmoins, dès le dix-huitième jour, ils ont signalé une diminution appréciable de la virulence.
Les auteurs allemands ont également confirmé ce que Kitasato avait dit de l'influence de la lumière solaire, influence extrêmementprompte. Généralement moinsd'une heure suffit à détruire les bacilles, même dans les climats tempérés.
Ces expériences sembleraient tout d'abord exclure la possibilité du transport de la peste par les objets au moins après un temps de quelque durée, tandis que l'épidémiologie nous a transmis l'histoire de faits authentiques, établissant le transport par les objets dont la contamination est lointaine. Des faits de ce genre ont été recueillis au cours de l'épidémie actuelle.
Nous croyons devoir placer ici comme exemple l'histoire de deux cuisiniers de bord, de nationalité portugaise, décédés à l'hôpital des
1. Abel. — « Zur Kenntniss des Pestbacillus ». Centralblatt fur Baklcriologie, Vol. XXI.
2. Di Giaxa e Gozio. — « Ri'cerche sul bacillo délia pesta bubonica in rapporta alla profilassia ». Annali d'Igienc spcrimentalc, 1897.
marins de Londres, les 27 Septembre et 3 Octobre 1896, à la suite de la peste Ces cuisiniers appartenaient à l'équipage d'un navire qui avait quitté Bombay le 21 Août, était arrivé à Londres le 19 Septembre. Le reste de l'équipage, qui comptait en tout 199 hommes, et les passagers au nombre de 119, ne présenta aucun cas •de peste.
Ces cuisiniers n'ont pas pris part au déchargement du paquebot. Mais ils avaient certainement emporté dans leurs malles divers objets de toilette (foulards, mouchoirs de fantaisie, etc.) achetés à Bombay, et, arrivés aux docks, ils tirèrent ces objets de leurs caisses pour s'en parer.
Je crois qu'on peut absolument se rallier à l'explication invoquée par Buchanan, et qui a été acceptée par le Conseil de santé d'Angleterre. Les objets de toilette achetés à Bombay avaient donc servi à charrier le contage dont la virulence avait persisté pendant plus d'un mois.
La contradiction entre ces faits épidémiologiques et les expériences de laboratoire n'est qu'apparente. A la surface de ces objets conser-
1. Buchanan. — « Report upon cases of illness suspected to be bubonic plague occuring in the port of London. XXVI Report of the local Government board, 1896-1897.
vés dans les caisses, les agents pathogènes ne sont pas du tout placés dans des conditions identiques à celles que réalisent des lamelles de verre, des fils de soie recouverts d'une mince couche de bactéries et subissant complètement l'action de la lumière et de la dessiccation.
Le contact avec les malades, la contamination des effets et objets, celle des locaux habités par les pestiférés expliquent certainement, pour une très large part, les progrès de l'épidémie pesteuse.
On sait l'encombrement extraordinaire de la population dans certaines villes indiennes, et particulièrement à Bombay, où l'on trouve des maisons logeant jusqu'àSOOpersonnes, réduites à une chambre étroite par famille, où il existe dans certains quartiers une population de 1689 habitants à l'hectare, tandis qu'à Londres le quartier le plus peuplé ne contient que 550 habitants.
On comprend combien ces conditions sont favorables au développement d'une épidémie.
On s'explique comment les races si diverses domiciliées dans l'Inde ont été atteintes en raison inverse de leur propreté et de leur confort.
B. Intervention des rats et des parasites. Répartition saisonnière. — Un grand nombre
d'observateurs, et, tout particulièrement, Weir l, Grayfoot2, Simond3, Hankin4 pensent que, dans la propagation de la peste à Bombay, il convient d'attacher une grande importance aux rats.
On sait que, dans la plupart des épidémies de la Chine et de l'Inde, une mortalité exceptionnelle frappe les rats et que la maladie de ces animaux précède celle des humains, à tel point que, dans les vallées de l'Himalaya et le Yunnam, les indigènes peuvent se mettre à l'abri de la peste s'ils quittent leurs habitations dès que commence à sévir celte épizoolie des rats. On sait aussi que la maladie des rats est le fait de l'agent pathogène de la peste humaine.
Des observations assez nombreuses ont établi que des personnes ont contracté la peste en touchant des rats malades. Sur ce point il n'y a point de discussion.
Mais les auteurs que nous avons cités vont plus loin. Pour eux, les rats sans le concours des
1. Weir. — « Notes on the spread of the plague in Bombiy ». Indian Médical Gazelle, 1897.
2. Grayfoot. — « The human factor in the spread of plague and Ihe lesson it teaches ». Indian médical Gazelle,
3. Simond. — « Propagation de la peste ». Annales de l'Institut Pasteur, 1898, Octobre.
4. Hankin. — « La propagatiou de la peste d. Annales de l'Institut Pasteur, 1898, Novembre.
communications entre hommes, peuvent transporter la peste.
A l'appui de cette manière de voir, Snow invoque d'abord la propagation de la peste à Bombay.
L'épidémie fit son appariLion dans le district de Mandvi, babité presque exclusivement par les ouvriers occupés au débarquement et à la manutention des grains. Les premiers cas signalés remontent au mois de Septembre et le chiffre le plus élevé de décès au mois d'Octobre. L'apparition de lapeste provoqua une panique générale, etles habitants de Mandvi se réfugièrent dans les divers quartiers de Bombay et dans la banlieue. Si l'épidémie avait eu comme seuls vecteurs les émigrés, la peste aurait, après un intervalle égal, frappé les divers districts de Bombay et de nombreuses localités.
Il n'en fut rien. Il s'écoula neuf à dix semaines entre le maximum de l'épidémie à Mandvi et le maximum dans les districts les plus rapprochés de Chukla, Umarkavi, Market, Rhamalypura. D'autres plus éloignés atteignent le maximum la 11°, 12°, 13e, 15e et les plus éloignés la 18° semaine; le plan ci-contre que nous empruntons à Hankin indique pour chaque district le nombre de semaines qui se sont écoulées à partir de l'épidémie à Mandvi (Fig. 2).
Figure 2.
Le développement de la pesle dans chacun de ces quartiers avait été précédé par l'apparition de rats qui mouraient en grand nombre. En même temps que des rats malades apparaissaient dans les quartiers du centre de la ville, les rats disparurent complètement de Mandvi où, au commencement de l'épidémie, ils étaient trouvés morLs par centaines dans les rues. Plus tard, Snow trouva que lesralsavaientdisparudes quartiers du centre, et se trouvaient en grandes quantités à l'ouest et au nord.
Un seul quartier fait en apparence exception à cette règle, celui de Lower Colaba, où l'épidémie commença la sixième semaine après son début, et qui est séparé de Mandvi par des quartiers où la pesle parut la dixième et la onzième semaine. Le quartier renferme un grand nombre de magasins de coton et est en relations maritimes avec Mandvi. Les rats, très friands de graines de coton, ont pu gagner Colaba par les navires. Le fait esL que les rats de Lower Colaba ont été infectés dès la quatrième semaine.
D'autres exemples tirés de l'épidémie à Bombay montrent que la peste a paru seulement la dix-huitième semaine dans le quartier de Walkesbwar, qui est situé sur une colline et moins accessible aux rats. Ceux-ci n'y furent
malades que peu de temps avant l'épidémie.
A Kurrachée, en Mars 1898, la mortalité des rais a été observée dans des entrepôts de coton et de grains, situés dans une rue où n'existent pas de maisons habitées. Les premières victimes de la peste ont été d'abord les gardiens et employés de ces entrepôts qui y travaillaient le jour et rentraient le soir à leur domicile.
La ville de Kurrachée couvre une surface de plus de 2008 hectares, et, dans les quartiers très éloignés les uns des autres, la mortalité humaine a toujours suivi d'une façon régulière la voie tracée par l'émigraLion des rats.
Simond, Hankin citent nombre d'autres exemples.
La transmission de la peste du rat à l'homme peut se faire directement et l'on connaît des failsd'hommes atteints de peste après morsure par des rongeurs malades.
Mais de pareils fails sont rares ; aussi Simond admet-il que, le plus ordinairement, la pesle serait transmise par l'intermédiaire des parasites et surtout des puces extrêmement nombreuses sur les rats malades.
Il a pu s'assurer que les puces recueillies sur un rat malade étaient capables de donner la peste au rat.
L'intervention des parasites dans la transmission des maladies contagieuses est des plus satisfaisantes pour l'esprit. Des arguments très solides et que nous avons rappelés à une autre place établissent que c'est sans doute ainsi que se contracte la fièvre récurrente, maladie qui, sans avoir la gravité de la peste4, présente avec celle-ci des relations assez nombreuses (maladie contagieuse, à germe présent dans le sang; sévissant surtout sur les classes misérables et au cours des famines).
Nous admettons volontiers avec M. Simond que les parasites peuvent porter la peste du rat au rat et du rat à l'homme. Cependant nous sommes disposé à admeltre qu'ils interviennent plus souvent d'homme à, homme. Nous croyons savoir que d'une façon générale les insectes parasites se spécialisent à une espèce animale et que l'homme prend relativement rarement les parasites des animaux. Nous avons, comme M. Simond pour les ruts, trouvé que les souris de laboratoires, quand elles sont malades, sont couvertes de puces qui se sauvent en tous sens quand on fait l'autopsie de ces animaux ; mais
1. Netter. — ■< Typhus récurrent ». Traité rie pathologie et de thérapeutique, de Brouardel et Gilbert.
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