‹ La peste pendant ces dernières annéesChapitre 6 sur 10 · CM CM · texte numérisé non relu

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nous n'avons jamais eu à souffrir de leurs piqûres landis que dans les consultations des hôpitaux leurs congénères commensales de l'homme n'ont pas cette discrétion.

Il semble facile d'expliquer, sans faire intervenir le rat, comment les cas de contagion ont été exceptionnels dans les hôpitaux européens bien tenus et ont été relativement fréquents dans les hôpitaux indiens.

L'épidémie de Bombay, comme la plupart des épidémies de cette maladie, s'est prolongée pendant plusieurs années consécuth es, et le tableau ci-dessus indique la répartition des décès par peste, communiqués aux autorités, du 19 Août 1896 au 18 Juillet 1899. Nous avons, pour faciliter la lecture et la comparaison, réuni les chiffres de quatre semaines.

Ces chiffres ne rendent pas un compte tout à fait exact de la situation.

Un certain nombre de décès imputables à la peste figurent sous d'autres rubriques; d'autre part, la population de Bombay a subi des oscillations des plus considérables, au cours de ces trois ans. En Septembre et Octobre 1896, elle était évaluée à 850.000, en Novembre 761.000, en Décembre 722.000, en Janvier 1897 500.000 à 467.000, en Février 437,000, Mars 475.000,

Août 600.000, Mai 700.000, Juin 740.000, Juillet 765.000, Août 800.000, Septembre et Octobre 810.000, Novembre 830.000, Décembre 850.000; Janvier 1898 825.000, Février 775.000, Mars 710.000, Avril 750.000.

A Bombay, la peste est surtout fréquente pendant la saison froide et sèche, qui présente de grands écarts journaliers de température.

Griesinger a montré qu'il en est de même en Egypte.

En réunissant les décès par peste à Alexandrie, de 1834 à 1843, nous trouvons :

Janvier 329

Février 1.112

Mars 4.932

Avril. 2. 930

Mai. . . 1.799

Juin 547

Juillet 216

Août 100

Septembre 15

Octobre 18

Novembre 63

Décembre 195

Dans les régions se rapprochant des tropiques les grandes chaleurs auraient, semhle-t-il d'après ces chiiïres, une influence favorahle, en enrayant les progrès de la peste.

Dans nos pays il n'en est pas ainsi; nous citerons, d'après Villermé, les chiffres indiquant la mortalité mensuelle à Londres, pendant cinq épidémies de 1593 à 1665 :

Mars 63 11 23 » »

Avril 138 26 35 37 2

Mai 167 83 224 162 43

Juin 1468 362 894 440 1660

Juillet 2930 2999 5887 456 5667

Août 2880 8919 16454 1239 18036

Septembre . . . 2200 11904 9739 3856 31159

Octobre 1260 4012 1514 2686 - 2686

Novembre ... 710 1362 256 2592 2592

Décembre. ... 290 324 37 640 640

A Marseille, en 17u20, la peste fut introduite au commencement de Juin. Elle devint épidémique en Juillet, conserva une grande fréquence jusqu'au milieu d'Octobre Elle déclina à partir de ce moment et put être considérée comme à peu près éteinte en Février. Il y eut encore quelques cas, jusqu'à la fin du mois de Juin.

Simond nous a montré que, tout au moins dans l'Inde, on ne pouvait établir de relation constante entre les progrès de la peste et les influences saisonnières.

A Bombay, le maximum a été dans la saison fraîche ;

A Mandvi-Kutch, pendant la saison chaude;

A Gundulé, pendant la saison chaude et pluvieuse;

A Mundra, pendant la saison chaude et sèche ;

AKunkhal, pendant la saison froide;

A Karad, pendant la saison de chaleur modérée et pluvieuse.

Ces chiffres très intéressants établissent, qu'au moins dans l'Inde, il n'y a pas de saison ou de climat particulièrement favorables.

Nous admettons, très volontiers, avec Simond, que si, à Bombay, trois années successives, la peste a atteint son maximum au mois de Mars, le cycle de la peste à Bombay était parcouru en un an; c'est au bout de douze mois que l'on a donc observé le maximum.

M. Simond pense que la participation des rats rend seule bien compte de cette évolution spéciale de la peste. L'épidémie, chez le rat, précède l'épidémie chez l'homme; elle est, relativement, plus meurtrière. Au bout de quelque temps, on ne voit plus de rats. Les uns sont morts, les autres se sont sauvés. Un certain nombre sont terrés. A ce moment, la peste chez l'homme décline. L'épidémie reprend quand la ville s'est repeuplée de rats susceptibles et que ceux-ci ont été atteints par la peste virulente.

Nous croyons, comme Simond, que c'est sur-

tout à I émigration suivit' du retour en niasse de sujets susceptibles qu'est due la marche cyclique de la peste à Bombay.

Mais nous invoquerons les variations de la population humaine. Au moment où la peste sévit, il se fait une exode de plus en plus marquée de la population. Le chiffre des habitants n'était plus que de -437.000 au mois de Février 1897. Leretoursefaitprogressivement, etee n'est qu'en Décembre que les habitants de Bombay avaient de nouveau atteint le chiffre primitif. Ce retour dans le foyer qui reste contaminé est bientôt suivi d'une accentuation très rapide du chiffre des décès que nous voyons successivement,parpériodes de quatre semaines, s'élever à 755, 2.862 et 4.5i9.

C. Prophylaxie. Mesures prises à Bombay. — Les dernières épidémies de peste ont, sur le plus grand nombre des points, confirmé les notions anciennes en matière prophylactique \

Rien n'est changé à la formule générale : Empêcher, autant que possible, l'accès des

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