AMEY
Proccs-verbal adressé à la Convention.
<( Ghaque jour, nous avons donné des renseignements
au génénal Ameij, et nous n'avons pu le décider à aller reconnaître les brigands, même une seule fois, soit à Bazoges, soit à Beaurepaire, soit à la Gcmbretière, où ils s'étendaient de jour en jour. — 11 nous a fallu souffrir la douleur de le voir occuper son armée ^àdépouiUer les maisons mêmes des -patriotes, dans les campagnes des Herbiers. »
12 pluviôse an II.
« Dans une distance de trois lieues, rien n'est épargné : les hommes, Xq?, femmes, les enfants même à la mamelle, les femmes enceintes, tout périt par les mains de sa colonne. En vain de maUieureux patriotes, leurs certificats de civisme à la main, demandent la vie à ces forcenés; ils ne sont pas écoutés ; on les égorge. — Pour achever de peindre les forfaits de ce jour, il faut dire que les foins ont été bridés dans les granges, les grains dans les greniers, les bestiaux dans les étables, et quand de malheureux cultivateurs, connus de nous par leur civisme, ont eu le malheur d'être trouvés h délier leurs bœufs, il n'en a pas fallu davantage pour les Mre fusiller
» Un fait qui prouve que Vamour du vol et de l'infâme rapine entre jusque dans Vâme des généraux, est celui-ci : Le 13, un volontaire vole au nommé Roui llard , dit Morin, s'ept cent vingt-six livres en numéraire et une tasse en argent. Le soldat est reconnu et convient du l'ait; l'argent est déposé aux mains du général Ameij, en présence du commandant de la place ; ils le partagent entre eux , en
disant que ce Rouillard était un aristocrate et un vrai brigand. La municipalité oppose l'assertion du contraire , affirme le c/'-tsme de ce citoyen ; les généraux sont donc forcés de lui rendre justice. Mais qu'ont-ils fait ? Ils lui échangent son numcraire, qu'ils lui retiennent, contre des (issignafs qu'ils lui donnent ; encore lui ont-ils retenu d/'x livres, soi-disant pour frais de yardc
» Nous devons observer que la commune des Herbiers avait été entièrement purgée de tous les aristocrates, et, aux horreurs que nous avons décrites, nous devons ajouter que les filles ouf été violées, les femmes ont été dépouillées dr leurs vêtements, leurs mouchoirs enlevés, leurs anneaux arrachés. — Les j)orfefeuilles de tous les individus ont été pris. Tous les volontaires allaient dans les métairies prendre les chevaux , moutons et volailles de toule espèce. Ils ont porté l'insulte jusqu'à nous frapper.
» Les officiers municipaux des Herbiers ,
» Signé : Marutrau, maire; Jouet, seerétaire- » (jreffier. »
COMMAIRE.
[Plainte à la ('.onvcntioit.
'( Après le général Grignon, nous espérions, citoyens , que nos cantons ne seraient plus couverts de sang et incendiés. — Nous avons, de nos propres mains, tué tous
les brigands qui étaient dans nos parages ; mais Grignon avait donné Yincivique e^em^j/e du massacre des patriotes; on l'avait vu, par passe-temps et pour essayer le tranchant de son sabre, couper en deux des enfants à la mamelle : il appelait cela iine distraction patriotique. — Commaire (général de l'Armée infernale) a été plus loin ; il en a fait une loi. — Nous le voyons chaque jour prendre les premiers enfants venus, fils de républicain ou de brigand, peu lui importe ; il les saisit par une jambe et ]es fend par moitié, comme un boucher fend un inoaton. — Les soldats en font autant. — Si les autorités veulent réclamer, on les menace d'être fusillées ; et nous vous écrivons ceci afin que tous ces malheurs finissent.
» Les officiers municipaux d'AiZENAY, de Fallu au » et de LA RocHE-suR-YoN. »