HUCHET
De Fontenay-le-Peuplc. — A la Convention.
« Nos premières sentinelles, les avant-postes que nous opposions à nos ennemis n'existent plus. — Les patriotes des parages de Saint-Hermine, les postes deSimon-la-Viveuse., la Rliéorte, etc., ne sont plus que des monceaux de cendres.
)) Les ordres barbares du scélérat Huchet , général à Luçon, sont des attentats les plus formels à la chose publique.
» Envoyé, dit-il, par le général en chef Turreau, pour incendier, massacrer tel pays duquel il ne connut jamais ni les principes ni IcshabiLanls, ni la position territoriale, cet homme , i^lus que suspect , tourne les armes de son pays (peut-être n'en eut-il jamais^ contre son pays même; le détail circonstancié peut vous en être transmis par les autorités constituées de Luçon.
» L'alarme universelle est répandue dans toutes les âmes; nos derniers moments n'ont qu'un cri, celui do faire entendre à la République entière que, dans notre pans libre, les droits de l'homme et du citoyen sont outragés par un monstre dont la conduite (nous devons le dire) surpasse celle du cruel JScron. — Hâtez-vous de demander aux autorités constituées de Luçon les crimes qu'elles peuvent reprocher à ce monstre.
» Elles vous diront qu'/7 a voulu faire massacrer et fusiller ces mêmes autorités.
» Elles vous diront que ce monstre a fait détruire un officier de santé dont le coup d'œil lui déplaisait.
1) Elles vous diront qu'il a voulu forcer une fille vertueuse à aller dans le jardin de la maison qu'il habite, lui chercher de la salade, et où était un cadavre détruit par ses ordres, en lui disant : « Coquine, si tu n'y vas pas^ je » t'attacherai les mains, je te violerai sur le cadavre et te » ferai fusiller après. »
» Elles vous diront que ce monstre, ennemi de l'huma' nitr, a fait commencer son incendie par les communes les plus prés de Luçon
» Elles vous diront que ce prétendu défenseur de la liberté afmt brûler, quoique très-éloiyiiés de Veniienii, plus (le cent tonneaux de blé et tous les nombreux fourrages de ces mêmes communes libres.
» Les membres du comité de surveillance révolutionnnaire ,
» Signe : DiiSfEn, président ; J.-H. Gaspard, » Lambert, Bidal, Rondart, Golrly, » Constantin et Guergaine. »
« Qui n'a pas entendu parler des cruautés du général de brigade qui a commandé à Luçon ( c'est Huchet) ? Un chirurgien de l'armée est fait prisonnier par Charrette et emmené dans le Bocage ; on lui laisse la vie à la condition qu'il pansera la blessure dece chef, atteint d"un coup de feu au bras. — Fatigué de suivre les royalistes, il épie l'occasion de s'échapper, la trouve et la saisit. — De retour parmi les républicains, il expose ses malheurs, la perte de ses effets et la détresse de sa famille : il intéresse et obtient un emploi pour l'hôpital de Luçon. — Il apprend qu'un général commande dans la place ; il lui fait visite : le général l'accueille avec bienveillance et l'invite à déjeuner; le chirurgien accepte. — Au milieu du repas , le général lui demande d'où il vient : le malheureux raconte
ses aventures Alors Huchet fronce le sourcil , se lève
et, transporté de rage, lui dit, : « Comment, tu as été le » maître de tuer ce clief de brigands et tu ne l'as pas fait ! » Va, tu n'es qu'un brigand toi-même et tu périras. » — Aussitôt il fait appeler quatre fusiliers qui le saisissent ;
il leur donne son mot. — L'infortuné pâlit et veut bali)iitier quelques paroles pour sa défense ; on l'emmène dans le jardin contigu à la maison du général ; on /r fusille^ on le dépouille, on l'enlcnr. — Pendant ce temps-là le général conlinuail son déjeuner. »
(Extrait des liJémoirea relatifs à la Révolution française.)