INFLUENCE DU PRINTEMPS
Dans la chambre de Villaines entrent des effluves d'aurore, et sur la ville et sur la campagne, c'est la joie d'après l'aube.
La lumière sort de la brume en flèches claires et pose au front de la colline sa couronne de rayons nouveaux. Dans l'air, une vapeur imprécise, moitié brouillard nocturne, moitié buée du jour, plane, s'évapore, se reforme, puis coule entre les sapins des coteaux, vers la plaine où, là-bas, quelque rivière chante. Les arbres, dans ce fleuve aérien, pointent en îlots de verdure. Le soleil se lève, gros œuf roulant aux crêtes lointaines, et, par la prairie, semble s'avancer Primavera elle-même, aux yeux d'iris.
Villaines se penche à la fenêtre et tend les
bras au renouveau, puis il murmure comme un qui rêve :
« Douce Primavera, tes mains ont d'exquises caresses ; je t'aime au matin, quand tes pas, si légers pourtant, font plier les fleurs de la nuit. Regarde, Primavera, les bourgeois dorment par la ville ; près de leurs femmes froides, ils dorment, les poings crispés, le souffle haut; ils t'ignorent dans ta robe matinale où tu me parais si belle !
« Celui qui t'aime s'est levé tôt pour te voir. Je t'aime ! Sur tes lèvres où le miel embaume, je poserai mes lèvres, et tes mains, je les baiserai dévotement, elles me sont chères.
«Tu n'es encore qu'une enfant, Primavera, et mes baisers seront très chastes, mais je sens mes forces renaître, mes bras engourdis par l'hiver retrouveront leurs désirs d'étreintes, alors, un soir, à Primavera, lorsque tu seras grande, je t'emporterai sur mon cœur.
» Nous danserons toute une journée sur l'herbe jeune; midi resplendissant rhythmera ses coups d'archet, le crépuscule prolongera pour nous les plaintes de ses flûtes, et, quand la nuit viendra, parmi les ombres discrètes, près d'un bosquet de roses imprécises, Primevera, vierge précieuse et récente, je te posséderai ! »
Bercé par l'amour du Printemps, Villaines se pâme à la brise matinale.
LA PETITE ANGOISSE 42b
Tel fut le reflet en son cœur d'un éveil à l'aurore.
En se retournant, il aperçut, piquée contre la glace de son lavabo, au-dessus de la cuvette, la photographie d'une femme qui riait.
« Jojo, murmura-t-il, Jojo ! »
Le nom eut à sa bouche un goût acre. Le souvenir se forma des rencontres du soir, des filles en cheveux, de garnis équivoques. Il se rappela certains détails odieux, d'autres risibles : un soulier en satin, oublié sur une toilette, à côté d'un peigne ; et ce fut beaucoup de dégoût, avec, dans un coin secret du cœur, un peu de lassitude.
Jean saisit la photographie et la jeta dans la rue.
Quelques instants plus tard, un agent de police la ramassa et la mit dans sa poche. Villaines regretta le portrait.
Toute la campagne étincelait jusqu'aux lointains; d'un clocher d'église jaillit un essor musical et pur.
Villaines se froissa du sourire printanier. La nature n'avait pas la moindre délicatesse ; elle était toute heureuse quand lui restait incertain de son propre état d'esprit. Fallait-il se lamenter sur Jojo perdue dans une poche d'agent, ou se réjouir de Primavera, vierge et parée?
« Inquiétant problème ! dit Villaines à voix haute, ah! la vie n'est pas une chose simple.... Mais si ! mais si ! la vie est excellente, à condition de jouir du moment présent, du plaisir offert ; c'est le plat du jour dans le menu quotidien. »
Croyant qu'il s'était assez moqué de lui-même, Jean ferma ses livres de droit, ouverts depuis la veille, mit quelques papiers en ordre, et sortit pour aller voir Renys.
Il le trouva, une loupe à la main, penché sur une petite fleur blanche dont il faisait le croquis. A l'arrivée de Villaines, il leva la tète :
« Prendrions-nous l'habitude de nous lever tôt? Pourtant, ce matin, je pensais que tu viendrais me voir. Assieds-toi, tu trouveras des cigarettes sur l'étagère, du café encore chaud près de mon lit, et, au besoin, les oraisons funèbres de Bossuet par terre. Laisse-moi finir ce dessin et conte-moi des histoires.
— Je viens te proposer, dit Villaines, défaire l'école buissonnière, tout comme si nous étions des enfants. Malgré l'intérêt passionnant des actions préjudicielles, les champs veulent être parcourus et les chemins foulés.
— Je n'avais pas la moindre idée de travail, dit Renys, mais quelle est cette ardeur? Pourquoi ces désirs champêtres?
— Mon cher Jacques, je viens d'avoir des sensations d'une rareté insigne ! Le Printemps en personne, Primavera, m'est apparu; je lui ai d'ailleurs tenu des propos inconvenants, puis j'ai vu un agent de police ramasser la photographie d'une femme qui me fut agréable ; comme l'adresse manquait, ce malheureux va brûler de stériles désirs.
— Et ces émotions t'ont brisé, pauvre petit?
— Oui, Jacques, elles furent trop matinales. Je veux me retremper à des sources agrestes.
— Je t'accompagnerai donc. »
Ils sortirent ensemble, riant de s'être un peu heurtés, par mégarde, dans l'escalier. Tous deux se sentaient très jeunes, très heureux de vivre et d'avoir, comme des gamins, manqué le cours de droit.
Depuis quelques semaines, les deux jeunes gens voyaient leur camaraderie s'accroître de toutes les satisfactions, de tous les petits ennuis qu'ils s'étaient confiés. Renys devenait à la fois moins cassant et moins affecté, et Villaines ne se plaisait plus au lyrisme qu'en de rares occasions. Les habitudes de leur esprit avaient ainsi évolué ; ils en comprirent la vaine parure, et ne s'en vêtirent plus qu'à des yeux étrangers.
Durant de longues promenades aux multiples décors, ils avaient écouté, dans la tristesse de
l'Hiver, le clapotis des flots, plainte funèbre qui se lamente vers les roches hautes ; mais ils n'étaient plus retournés sur la Corniche ; il y avait encore trop d'inédit par le monde, pour leur faire désirer les instants que l'on vit à nouveau. Aux environs d'Aix, où les retenaient maintenant leurs études, ils s'asseyaient souvent ensemble à la pente d'une colline. De là, ils surveillaient les architectures des nuages, déplacées sans trêve au gré des souffles, et connurent aussi la science exquise des chansons que les bois chantent le jour, et que la nuit ils pleurent.
Leurs entretiens se bornent à des indications ; au seuil du sentiment, toute confiance cesse. Une pointe atténue alors la portée des paroles, et l'ironie arrête les aveux. Quelquefois Renys essaie des mots qui sondent, on y devine de l'inquiétude, de l'hésitation; mais que répondre, lorsqu'à l'instant même où l'émotion va naître, Jacques fait sonner une plaisanterie vraiment trop lourde? Souvent aussi le regard de Villaines s'éteint, ses gestes s'allongent, il se tait et suit d'un air lassé les mouches volantes qui, de ses yeux, se projettent au ciel; Reirys va parler... Jean se roule dans l'herbe en agitant ses longues jambes.
Jusqu'à présent, ces confidences enrayées ne leur étaient guère pénibles ; ils se connaissaient
trop peu, et les causeries se peuplaient de tant d'opinions, de tant d'avis échangés ! Pendant quelques mois, il fut fort intéressant de savoir si l'admiration de Renys était justifiée pour certain drame lyrique, et pourquoi Yillaines se plaisait aux vers de tel poète obscur ; mais maintenant ils le savent, l'ont répété, développé, commenté, et le désir leur vient de grandir le cercle de leurs conversations, désir point continuel, car la vie d'étudiants les distrait par son bruit.
Il arrive en effet qu'un retour de jovial entrain les livre à des frivolités. Quand, la nuit, tintent les coups de onze heures, que la causerie s'étiole, que les verres sont vides, qu'Herbillon s'assoupit, c'est une diversion toujours acceptée et toujours joveuse que d'aller chercher de l'eau à la fontaine voisine, en s'arrètant pour chanter des chœurs sous les fenêtres des étudiants dormeurs ou studieux ; et, d'autres fois, ce sont de folles promenades par les rues sombres, où Ion s'ingénie à faire assaut de gaminerie, où l'on va danser sous la lune avec les chanteuses du café-concert, aux sons d'une clarinette dont Luttier tire d'étranges notes et d'un tambourin qu'Herbillon bat hors de mesure. Ils goûtent ce contraste avec leur vie de famille, qui, pour eux, se mêle encore à des souvenirs d'en-
tance, l'heure du Lycée, la classe, la règle stricte.
Leur famille... ils la sentent proche, une heure de chemin de fer les ramène à Marseille ; mais la petite ville, témoin d'un joyeux exil, leur appartient : ils en sont les maîtres, puisqu'ils apportent à ses murs verdis, à ses bals solennels, la jeunesse d'un éclat de rire. A toute heure du jour, ils sont la vie neuve dans une ville morte : le matin, quand ils descendent vers la gare à la rencontre des camarades restés auprès de leurs parents, et qui font tous les jours la navette ; à onze heures, après les conférences de droit, lorsqu'ils descendent vers le cours, leur serviette sous le bras, la cravate quelque peu dénouée, le chapeau quelque peu sur la nuque ; à midi, lorsqu'ils se réunissent à la pension où ils prennent leurs repas, arrêtent la servante pour une inconvenance murmurée à l'oreille, effarent les paisibles bourgeois, clients de passage, et font taire les verveux commis-voyageurs ; puis, le soir, vers six heures, quand ils reparaissent encore sur le cours, s'assoient au café, écoutent l'orchestre des dames viennoises, lorgnent les passantes ; enfin, plus tard, quand les promenades nocturnes s'ébranlent suivant la fantaisie de retraites joyeuses...
Malgré cette vie mouvementée, toute en petites
habitudes, en petits faits drôles, ils se gardent toujours quelques heures de solitude, pour ne pas oublier — qu'ils travaillent.
Au sortir de la ville, Renys et Villaines marchèrent à travers champs vers un hameau voisin. En franchissant une clôture, des troènes les giflèrent de leurs rameaux droits. Ils arrivèrent enfin à un petit étang qui servait d'abreuvoir aux bêtes d'une ferme. Un ruisseau s'y perdait. Ils remontèrent son cours en longeant la colline. C'était un de leurs paysages élus : ce ruisseau leur plaît avec ses bassins minuscules, ses tourbillons, terreur des insectes, et ses cascatelles où tremble sans cesse un brin d'herbe. Bientôt, au delà des premiers pins du coteau, on voit des rochers, coupe de pierre où l'eau s'apaise, et là, les deux amis s'installent. — Renys jette du gravier dans la vasque pour que l'eau s'émeuve en ronds, et Villaines cherche un endroit où s'asseoir et jouir de l'heure.
« Nous fréquenterons souvent ces prairies, n'est-ce pas Jacques ? Je pense à imiter les Japonais, qui, le printemps venu, campent dans les champs. C'est une visite qu'ils font aux fleurs; couchés dans l'herbe, ils ne voient que de la beauté, et, devant cet horizon de
corolles, bercent avec lenteur leurs rêves gentils.
— Nous faisons de même, dit Renys; regarde les reflets verts et violets, là, sur les pierres du fond, et goûte l'imprévu de cette pomme de pin qui, froidement, vient de choir dans le silence.
— Jacques, mon cœur est plein de sèves nouvelles.
— Sensation charmante !
— Non, de grâce, pas de plaisanteries ! Ce matin, avant que je sois allé te voir, j'étais partagé entre le dégoût de ma vie passée et la joie printanière. La joie a triomphé et m'a rempli tout entier ! Dans la rue, j'ai eu envie de crier à une modiste qui passait combien j'étais content de vivre. Ah ! que le printemps est donc beau ! »
Renys répondit en traînant un peu :
« Oui, tout est vraiment admirable, si l'on veut bien regarder autour de soi. Quand tu es venu me prendre, je copiais un mince pétale de fleur ; les fibres qui se ramifient dans la masse pulpeuse sont d'une exquise harmonie, on cueille à les contempler des jouissances pleines de délicatesse. Vois-tu, mon vieux, les énervements, trépidations et sursauts de notre être ne valent pas l'aspect d'un bouton d'or, et nos sentiments sont pauvres à côté de ces coupes d'eau
limpide qui, l'une dans l'autre, se déversent des reflets, en murmurant de mystérieuses musiques.
— C'est pour cela, dit Villaines d'un air narquois, c'est par dédain que depuis quelque temps nous laissons nos sentiments de côté. L'existence que nous menons ici est quelque peu lilliputienne : une ville en miniature, de maigres études, de minimes soucis, et des passions pleines de mesure. Si nous levons les yeux au ciel, c'est pour dénombrer les étoiles, nous omettons d'admirer leur éclat. Ce ruisseau, avec ses mousses qu'une feuille de saule cacherait en entier, rentre bien dans le décor, et nos émotions nous échappent, une plaisanterie les recouvre. Ah! petits arbres, petits nuages, petit ruisseau, vous finissez par m'ennuyer ! »
Renys se mit à rire :
« Si le ruisseau s'enflait et devenait fleuve, tu serais le premier à blâmer son exagération; n'ayant pas de lit, il dévasterait la campagne. Serait-ce bien utile? Lorsque nous nous élevons vers l'absurde, que nous planons en soufflant dans nos ailes, notre chute a le grotesque aspect d'une culbute, et ce n'est pas devant le soleil que notre vol défaille... Icares bien modernes, c'est devant la lune. A quoi bon nous
efforcer à être plus que nous ne sommes, à penser fort comme on parle fort ! Restons dans la norme des choses ; nous ne pouvons être autrement que par spasmes !
— Non, dit Villaines, nous nous plaisons à voiler ce qu'il y a de meilleur en nous, le cœur. Nous disons bien nos sentiments, mais les déformons; par l'exagération, ils deviennent ridicules, et des artifices de langage les rendent imprécis. Je t'assure, Jacques, il est des jours où un jeu de mots ne suffit pas à me consoler.
— Mon cher Villaines, fit Renys d'un ton très doux, pendant notre soirée sur la Corniche, une sympathie est née, fille de deux enthousiasmes. Le heurt est venu avec les choses réelles. Nous voulions chanter un grand air et l'avons pris une octave trop haut. Laissons reposer nos voix, prolongeons cette amicale indifférence que l'on nomme camaraderie. Le jour où nous ne pourrons plus nous contraindre, où la douleur sera la plus forte, alors nous irons l'un vers l'autre et serons vraiment amis. »
Villaines agita ses bras :
« Mais je souffre, moi, je souffre ! Quand je regarde en moi-même, je ne trouve que désarroi ; mon âme est une ville en ruines attendant pour reprendre sa splendeur de nou-
veaux palais. Quel vent de dévastation a donc passé sur la cité de notre jeunesse ?
— Chut ! chut ! dit Renys, tant que nous ferons des métaphores, notre douleur sera tolérable. Allons déjeuner ! »
Durant leur causerie, le ciel s'est couvert, et maintenant de gros nuages crèvent d'eau ; mais comme ils font bien, avec leurs teintes lourdes, au-dessus des poiriers en fleurs si blanches ! Villaines et Renys marchent dans les champs, et l'averse qui les surprend leur semble adorable, embaumée presque. Puis une brise se lève, apportant une saine odeur de terre qu'on retourne ; les jardins fument, et des parfums d'humus se répandent, éveillant des idées de labour dans les cœurs actifs, des rêves de vie rustique aux âmes nonchalantes.
Ce fut, pendant le reste de la journée, l'habituelle série de mouvements et de paroles qui composait leur vie, et, quand il eut dîné, Villaines rentra chez lui, ne sachant pas au juste ce qu'il avait bien pu faire depuis son réveil. Le même soir, il devait aller à un bal, de sorte que, escomptant une grande chaleur et un flux de phrases usuelles, il résolut de s'en reposer à l'avance, presque déshabillé, dans la
tiédeur de son divan. Mais, après une heure de paresse, de coudes enfoncés aux coussins, de bâillements que les doigts étouffent, Jean se prépara à sortir, et ce fut avec grand soin qu'il se vêtit, appliqué à ce que les boutons ne fissent pas d'éraflures à sa chemise, et s'attardant à serrer ses bretelles. Tout cela fut en vain. Quelque lenteur que prît Villaines à s'habiller, quelque exactitude qu'il donnât aux détails, ses clavicules n'en faisaient pas moins des brides aux épaules. Il en fut un peu vexé, en particulier à cause de Renys, qui, sautant dans ses pantalons et se jetant l'habit sur le dos, était, à l'instant même, parfait.
Herbillon entra, sanglé. Son gilet trop serré se plissait au ventre, tandis que le plastron était bombé comme un sein. Il tourna quelque temps par la chambre, s'assit enfin sur une chaise en écartant les pans de son habit, et là, se tint immobile, très droit.
Luttier arriva ensuite ; il voleta avec grâce, fleuri d'un bouton de rose, et tellement élégant, tellement soyeux, qu'on avait envie de passer la main sur son dos comme sur un coussin.
Helvin fit son entrée en grognant. Il tenait un foulard à son cou, et, lorsqu'il l'eut ôté, on vit qu'il n'avait pas de cravate. Villaines lui
complétait son habillement quand Renys ouvrit la porte.
Tous se retournèrent, saluèrent très bas, et Villaines se regarda dans la glace d'un air chagrin. La boucle de son nœud de batiste se refusait à l'harmonie désirée, et voici qu'une mèche blonde lui tombait sur l'œil.
« Ah !quel ennui de s'habiller, dit-il, et quel ennui d'aller au bal !
— Tout cela, dit Renys, parce que tu ne sais pas nouer ta cravate. Amène ici ta maigreur ; le nœud est trop lâche, tiens-toi tranquille; lève le menton ; voilà qui est fait ; maintenant, arrange cette mèche ; là ! et partons, il est dix heures.
— Es-tu pressé d'entendre des banalités et d'avoir chaud ? dit Villaines, ce bal m'assomme !
— Cela ne t'empêchera pas d'y rester jusqu'au matin, dit Luttier, que la perspective charmait des poitrines découvertes et des nuques jolies.
— Oui, dit Herbillon, cela te ravit toujours de sonder les décolletages du regard. »
Helvin ayant mal à la tète ne dit rien, mais, avec précision, il regarda par la fenêtre un homme qui allumait des réverbères.
En vérité, tous ces jeunes gens étaient fort heureux de se sentir du même monde, invités
le même soir, dans la même maison. Ils se le constataient et eurent aussi du plaisir à considérer qu'ils entreraient ensemble, eux cinq, intelligents, dans ce milieu mondain. Ils caressèrent cette pensée avec affection, et sortirent dans la nuit claire.