‹ La petite fonctionnaire (volume 2)Chapitre 100 sur 115 · SCENE XXII · texte numérisé non relu

SCENE XXII

DENOIZEAU, fceul, puis BRIDEL

DENOIZEAU, seul. — Je ne suis pas fâché de les avoir remis à leur place.

BRIDEL, descendant de Vescalier et se jiarlant à lui-même. — Il rii'est venu une idée... Je vais dire à Lucienne : a Madame... » (A percevant Denoizeau.) Denoizeau... bonjour, Denoizeau.

DENOIZEAU. — Vous arrivez bien... ces messieurs sortent d'ici...

BRIDEL, il est descendu. — Quels merssieurs?...

DENOIZEAU. — Je n'avais . personne sous la main, j'ai été obligé de prendrp votre architecte?

BRIDEL. — Quel architecte?

DENOIZEAU. — Celui qui venait pour les réparations locatives...

BRIDEL. — Ah! bon... Qu'est-ce qu'il a dit, l'architecte?

DENOIZEAU. — Il a été très correct...

(Lui 2}renant le bras et gravement.) C'est pour demain, mon ami.

BRIDEL, éton7ié. — Qu'est-ce qui est pour demain?

DENOIZEAU. — Pour demain, trois heures...

BRIDEL, stupéfait. — Pour demain, trois heures?... (À part.) Comment, il le sait, lui aussi?

DENOIZEAU. — Derrière les tribiîneB de Longchamp.

BRIDEL. — Derrière les tribunes! Le rendez-vous est derrière les tribunes?

DENOIZEAU. - — Oui.

BRIDEL. — Quelle drôle d'idée ! Je croyais que c'était chez lui... Il y a eu quelque chose de changé.

DENOIZEAU. — Mais ne perdons pas de temps... Vous n'avez probablement jamais fait d'escrime... Je vais vous donner une petite leçon... Avec les épées de mon oncle... (7/ va à la panoplie qui est au mur du fond dans un coinj décroche deux épées, en prend une et donne l'autre à Bridel.) Prenez ça.

BRIDEL, de plus en plus ahuri. — Que je prenne ça?

DENOIZEAU. — Oui... Placcz-vous là...

le bras tendu... (Il le met en garde.) Maintenant, c'est moi qui vais voue attaquer.

BRIDEL, à part. — Ce garçon-là n'est pas dans son état normal...

DENOIZEAU. — Attention... j'avance sur vous...

Il avance.

BRIDEL. — Eh bien! eh bien! vous allez me blesser...

DENOIZEAU. — Vous u'avcz qu'à tendre le bras... Tendez le bras... oui, comme ça, essayez de me piquer à la main, en tendant le bras... C'est la leçon de terrain... De cette façon, vous êtes sûr de ne pas recevoir de coup d'épée en pleine^ poitrine. Vous serez blessé probablement au bras ou à la main.

BRIDEL, à part. — J'y suis... Il croit que je vais me battre avec Toury...

DENOIZEAU. — Le baron est bon ti-

Petites Folles

reur... il se contentera de vous piquer légèrement.

BRiDEL. — Ah!... ça à la fin... quel baron ?

DEN'oizEAU. — Le baron d'Encolure...

BRIDEL. — Qu'est-ce qu'il me veut, le baron d'Encolure?

DENOizEAU, — Eh ! mon cher, vous

BRIDEL. au comble dr la colère. — Ah!

je me bats avec le baron! Eh bien! oui... i? vais me battre avec le baron... Je suis enchanté de me battre... J'en ai besoin!... Ça me calmera les nerfs ! (// brandit l'épée.) Et vous verrez! Tenez!... tenez...

Il charge Denoizeao.

DEUOIZEAD. — On... PLiCEZ-vocs i.a.

appelez les gens « goujats » ' Que diable ! ( goujat » est une insulte i;rave...

BRiDKL. — J'ai appelé...

DENOIZEAU. — Mais oui... hier... à l'exposition.

BRiDiiL. — C'était lui...

DENOIZEAU. — Parfaitement... Il vous a envoyé des témoins. Vous vous battez demain, à trois heures, derrière les tribunes de Longchamp. Je suis votre témoin

BRIDEL. -- Vous êtes mon témoin?

DFNOIZEAU. — C*est ma tante qui m'en a prié...

BRIDEL, furieux . — Ma belle-mère!...

Et de quoi se mêle-t-elle encore, celle-là?

DENOIZEAU. — C'est elle qui...

DENOIZEAU. — Eh là!... Eh là!...

Brictel continue à ferrailler. La porte s'ouvre. Paraît if'"" Varir.ois qui reçoit U? bout de répée sur l'épaule.

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