‹ La petite fonctionnaire (volume 2)Chapitre 108 sur 115 · ESTELLE · texte numérisé non relu

ESTELLE

phe ?

BRIDEL

que j'éprouvais... — j en éprouvais aussi, oui, — mais j'étais surtout étonné... Je lue demandais : Pourquoi suis-je ici, au lieu d'être à mon bureau! — J'allonge, dis-je, le bras, les fers se croisent avcc un drôle de bruit, comme si on cassait une douzaine d'assiettes.

iI.\DAME VARINOIS. Oh !

BRIDEL, se retournant encore. — . Ah cotn- Ç^' mais... (La tête de M^^ Varinois disparaît.) Et à partir de ce moment, je ne pourrais pas vous dire ce qui s'est passé... Il n'v a que Denoizeau qui le sache.

DENOIZEAU. — Le combat a duré vingtcinq minutes: c'est' très long... Bridel n'a pas reculé d'un pas. Il se contentait ù».rompre de temps en tern|>s. en tendant le bras, comme je le lui avais indiqué. Il était i^âle, mais résolu. Le baron l'attaquait à petits coups, en battant le fer, et chaque fois qu'il essayait de le toucher, Bridel retirait son arme avec une adresse, un calme...

BRIDEL. — Je ne savais plus où j'é tais...

DENOIZEAU. — Vous avez l'instinct de lépée. Avec le tem|36. vous feriez un très bon tireur. Maintenant que vous vous êtes battu, il faudra prendre des leçons. — Enfin, le combat durait toujours. Je regardais ma montre de temps en ienii^s et je commençais à être inquiet. Tout à coup, je vois le baron qui abaisse son épée, et fait un pas en arrière. J'arrête le combat, je m'avance. — « Je crois avoir touché M. Bridel », dit le baron.

BRIDEL. — Je n'avais rieu senti.

DENOIZEAU. — Avec Sa grande habitude du duel, le baron ne s'étair pas troniné. Il avait en ■"iTet touché Bridel

Petites Folles

au poignet. Le docteur se précipite, examine la bleseure, appuie...

LE DOCTEUR, à pfirt . — C'est-à-dire que, sans moi, ça n'aurait jamais fini.

DENOiZEAU. — Et nous nous retirons pour rédiger le procès-verbal. Inutile d'ajouter que les deux adversaires se sont réconciliés avec les témoins.

BRIDEL. — Vous étiez brouillés?

DENOIZEAU. — Un enfantillage... ça ne valait pas la peine... Et, comme vous voyez, tout s'est terminé le mieux du monde. Le baron m'a dit en nous quittant que vous lui plaisiez beaucoup.

BRIDEL. — Il est charmant.

DENOIZEAU. — Il veut VOUS faire recevoir à son club.

LA BONNE, revenant. ■ — M. le baron d'Encolure envoie chercher des nouvelles de monsieur?

DENOIZEAU. — Remerciez vivement, et dites que M. Bridel va aussi bien que possible.

BRIDEL, à la bonne. — Ah! dans uno heure, vous irez également chez M. le baron, et vous demanderez des nouvelles de ea santé... Vous vous informerez si le combat ne l'a pas trop fatigué.

La bonne sort.

LUCIENNE, à mi-voix, à son 7nari. — Vous n'avez pas besoin de moi? Vous n'avez pas de fièvre?

BRIDEL. — Non, madame.

LUCIENNE. — Je peux me retirer?

BRIDEL. — Comme il vous plaira. Encore un mot : Je ne dînerai pas ce soir à la maison.

LUCIENNE. — Vous ne dînerez pas?...

Bien, monsieur.

BRIDEL. — Je dîne avec Denoizeau et le docteur, au club, madame...

LUCIENNE. — Monsieur...

Elle sort.

ESTELLE, à Bridel. — Vous n'êtes pas gentil avec Lucienne.

BRIDEL. — Ça ne doit pas la surprendre, j'imagine.

Sort Estelle.

DENOIZEAU. — Je vais dire bonjour à ma tante. Venez-vous, Leverquin ? Veuoz- VOU.S, docteur?

Ils descendent tous trois par l'escalier.

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