‹ La petite fonctionnaire (volume 2)Chapitre 12 sur 115 · DONNEZ-VOUS LA PEINE · texte numérisé non relu

DONNEZ-VOUS LA PEINE

avec voue, parce qu'avec elle, ça devenait intcîfrable. (Il s'est approché de Suzanne (- la recjarde bien en face au moment où il prononce le mot intolérable. Il reprend machinalement.) Intolo... (Chanrjeant de ton et très aimahlenunt.) Donnez-vous la peine de vous asseoir.

svz.WNE. — Merci.

LEBARDIN, subitement intéressé. — Je vous en prie, je vous en prie, donnez-vous la peine.. .(^ part.) Louieette! Tout à fait Louisette! en beaucoup mieux. (Haut.) Et os- vous bien assise, au moins, êtes-vous bien assise ?

SUZANNE — Parfaitement. Voici ce qui m'amène ..

SUZANNE. — J'allais vous dire, monsieur, que plusieurs notables habitante de Pressigny, et vous entre autres, — vous êtes bien M. Lebardin ?

LEBARDIN. — Oui, madame.

SUZANNE, rectifiant. — Mademoiselle.

LEBARDIN. — . Mille pardous... je suis stupide de n'avoir pas deviné.

Il ne cpssf de la regarder pendant tout le temps qu elle parle et de la dévorer des yeux.

TUZANNE. — Ça ne fait rien... Vouf

*vCT adre^é à M. l'inspecteur général une réclamation au sujet de M^* Bro quet, la receveuse des postes qui était ici avant moi.

LEBARDiN. — En effet, je m y suis décidé... à la longue. M'"' Broquet ne faisait pas sou service. J'ajouterai qu'elle

UBAÏDIN. — C'est admirable, admirable

devenait insupportable... tandis que

vous... . , .. '

suzANVE. — Oui Eh bien! cette réclamation signée do vous et de plusieurs de ces messieurs est de nature à lui faire le plus grand tort. Et je viens vous pner de la retirer, en vous promettant à l'avenir plus de régularité dans le service et, j'ose le dire, plus de complaisance.

LEBAUDiN. — Mais je crois bien que je vais la ret'rer. Mais tout ce que vous voudrez!

8UZANVE. — Je n'attendais pas moins

de voue en venant ici.

I.EBAKPTN. — Tout ce qui vous fera plaisir, tout ce qui... {A^art.) Mais qu'est-ce qui me prend, moi?

suz.\NNE. — J'ai l'intention d'établir à Pressigny un certain uombre de réformes qui obtiendront, j'espère, l'approbation générale. :

LEBAHDiN, &o\ii U c h arme. — Oui...

oui...

SXJZANBTE. — Par exenrple, je...

LEBARDiN. — C'est une bonne idée...

vcilà une bonne idée.

SUZANNE, aouriant. — Mais vous ne savez pas encore.

LEBARDiN. — Je device, je devine. (.4 part.) Ce qui m 'arrive est extraordinaire.

SUZANNE. — Dorénavant, le dimanche, à Pressigny, on pourra expédier des t^'légrammes jusqu'à trois be»rea et demie au lieu de trois heure».

LEBARDIN. — C'evl admirable, admi-

ra.ble !

SUZANNE. — Et même quand on arrivera à trois heures trente-cinq, je suppose...

LEBARDIN. — On sc VOUS fermera pa« la porte au nez, comme faisait U mère Broquet.

SUZANNE. — Tout juste.

LEBARDIN. — Voilà ce que j'appelle

une réforme. .

SUZANNE. — 11 y en a d'autres. J ai

obtenu une seconde distribution pour les

journaux.

LEBARDIN, fénéiré d'admiratton. — Une seconde diatributioc î SUZANNE. — Oui.

LEBARDIN. — Magnifique... Magnifique !

Il s'essuie le front et s'assied sur une chaise | brusquement. >

SUZANNE. — Qu'est-ce qu'il al... {Allant à Lehardin, très rouge.) Vous êtes souffrant?

LEBARDIN. — Kon... KOfi... au Contraire. Je suis trèe heureux..

SUZANNE. — Il est certain que Pressigny est assez importaait pour avoir droi"^ à doux distributions.

LEBARDIN. — C'efit-àdire que vou«< êtes trop bonne... Nous ne mention»

pas..

SUZANNE. — Alors je peux espérer qu vous écrirez à M. l'in^yjecteur ?

LEBAiroiN. — Quand le désirez-vous?

f^uzANSE. - Le plus tôt poesi'olB.

LEBARDiN. — Je vais lui écrire imnaé- •diateinent. Que dois-je lui dire?

SUZANNE. — Ce que vous voudrez. Que vous vous êtes trompé... que voue avez exagéré. Que M™* Froquet avait donné à la commune des preuves de dévouement pendant des années et que, par conséquent...

LEBARDiN, -- Enfin, le contraire de ce que j'ai dit 'i

suzAXKE. — C'est ça.

LEBARDIN. — Cela va être fait. Je vais vous donner ça... le temps d'aller écrire la lettre à mon bureau.

SUZANNE. — Je l'enverrai clierrh-r ce soir.

LEBARMN. — Non, HOU, Vf; US aile?

l'attendre... Je veux que vous l'attendiez... j'y tiens absolument. (Apercevant Parjenel à l'emhrnsure de la baie. Entre Fagenel.) M, Pagnel vous tiendra compagnie un moment... Justement, il a signé la réclamation avec moi... il signera le contraire, je vous le promets.

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