‹ La petite fonctionnaire (volume 2)Chapitre 5 sur 115 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

MADAME LEBARDIN, MARGUERITE

MARGUERITE. — Nous verrons, mon petit ami, nous verrons.

MADAME LEBARDIN. — VoUS Voilà dans

tous vos états, parce que votre mari vous quitte vingt -quatre heures.

MARGUERITE. — Il va à Paris, et je sais ce qu'il va y faire, à Paris, tous les mois.

MAD.\ME LEBARDIN. — Quelle folie ' MARGUERITE. — Et il choisit des prétextes d'un bête !

MADAME LEBARDIN. — Il VOUS Sf dit

qu'il faisait des démarches pour obtenir le Mérite agricole. C'est bien naturel, un grand propriétaire foncier...

MARGUERITE. — Qui a ccnt mille francs de rentes. Quand on a cent mille

francs de rentes, on ne demande pas le Mérite agricole, on demande la Légion d'honneur. Je vous dis qu'il va à Paris faire la noce. Ce qui me console, c'est que ça ne durera pas, d'après ce que dit le docteur. Il commence à être couvert de rhumatismes.

m.^dame lebardin. — Votre mari ?

MARGUERITE. — Mon mari, avec sa mine réjouie. Il a le dos et les reins très menacés... et l'articulation du genou...

MADAME I.EBAKDIN. ■ — EiK'ore une ou deux articulations et nous le tenons. Vous avez tort de vous plaindre de votre mari, ma chère. C'est un homme délicieux, d'une bonne humeur continuelle.

MARGUERITE. — La bonne humeur inséparable de la mauvaise conduite. Les maris fidèles ne sont pa-s si gais que ça. Est-ce que votre mari est gai ?

MADAME LEBARDIN. Ça!

MARGUERITE. — Il n'est pas gai, il est même grognon.

MADAME LEBARDIN. — Mélancoliquc.

MARGUERITE. — La mélancolie de, l'homme qui n'a rien à se reprocher.

Entre M»' HerbiBlin.

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