SCÈNE IV
Les Mêmes, MADAME HERBELIN
MADAME HERBELIN. — Je parie que je eais de quoi vous parlez?
MARGUERITE. — Voyons ?
MADAME HERBELIN. — Voufi parlez de la nouvelle receveuse des postes.
MARGUERITE. — PaS du tOut.
MADAME HERBELIN. — Ça m'étounc :
on ne parle que d'elle depuis hier au soir.
MADAME LEBARDIN. — M"* Broquet est donc remplacée? Ce n'est pas trop tôt.
On se plaignait de partout.
.MADAME HERBELIN Et VCUS Ravez
par qui elle est remplacée ? Par une petite Parisienne de vingt-cinq à vingt-six ans... Blonde, plutôt jolie, et mise, je ne vous din que ça, ma chère ! il n'y a pas une jeune fille dans tout Pressigny habillée coiilmc ça .. C'est inou'i .. elle a emménagé hior matin ; elle s'est installée dans l'app;i,rtenient de M'"' Broquet, et je vais vous dire une chose ad.rriirablo !... elle a un piano, ma chère. Une receveuse des ])08fces qui a un piano. Il paraît aussi qu'elle
dessine et qu'elle connaît tous les arts d'agrément. Je l'ai rencontrée dans la grand'rue, elle a l'air d'une petite effrontée ; elle m'a regardée comme si elle n'avait fait que ça tout-e sa vie ! Ah 1 nous
MADAME HERBELIN. — Elle a un piano, ma ghère.
vivons à une drôle d'époque. Eh bien ! qu'est-ce que vous dites de tout ça ?
MADAME LEBARDIN. — Ça ne me paraît pas bien extraordinaire. Pourvu qu'elle fasse son service.
MADAME HERBELIN. — Je ci'ois qu'elle fera tout ce qu'on voudra, si vous voulez mon opinion.
MADAME LEBARDIN. — Oh !
MADAME HERBELIN. ^— RappeleZ-VOUS Ce
que je vous dis... Le docteur et Hermance ne sont pas encore arrives ?
MADAME LEBARDIN. — Pas cncorc, je les attends.
MADAME HERBELIN — Ils ne tarderont pas... C'est lui qui épouse, décidément ?
MADAME LEBARDIN. CroyCZ VOUS ?
MADAME HERBELIN. — llcrmance aimerait peut-être mieux être vicomtesse. Mais je crois que ça no s'arrange pas bien du côté de la famille du vicomte... Enfin, qui vivra verra. Les voici. .
Entrent Hermance et le docteur.