SCÈNE XVII
BRIDEL, LEVERQUIN, puis VARINOIS.
LEVERQUIN. — Qu'est-ce que tu fais là ! A qui en as-tu ?
BRIDEL, lui prenant le bras. — Devine où. va ma femme demain à trois heures... mettons trois heures et demie, elle n'est pes très exacte?...
LEVERQUIN. — Chez sa modiste?
BRIDEL. — Non.
LEVERQUIN. — Chez sa couturière?
BRIDEL. Non.
LEVERQUIN. — Chez son dentiste?
BRIDEL. — Elle va chez M. Toury, Ed- ■mond Toury !
LEVERQUIN. — Ah ! bah !
BRIDEL. — J'ai surprix tout à l'heure un bout de conversation... Ces mots bien simples : « Demain, trois heures... chez vous... »
LEVERQUIN. — Tu as surpris... c'est-àdire que tu as écouté. Tu n'es qu'un enfant. Regarde ma supériorité sur toi. Demain, à la même heure, Estelle sera peutêtre chez de Hupont, mais moi, je ne le saurai jamais. Jo peux encore conserver l'illusion que j'ai une femme fidèle... Toi, tu ne le peux plus.
BRIDEL. — Non, j'ose le dire... Maintenant, c est à l'avoué que je pai'le. Viens me donner une consultation.
LEVERQUIN. — Avcc plaisir.
Entre Varinois.
BRIDEL. — Ah! beau-père... voulezvous vous charger d'une petite commisision?
VARINOIS. — Et pour qui?
BRIDEL. — Pour M""" Varinois. Voulezvous lui dire de ma part qu'elle a admirablement élevé ses filles ?
LEVERQUIN. — Et de la mienne aussi.
Bridel et Leverquin disparaissent par l'escalier.
VARINOIS, seul, puis MADAME VARINOIS, puis DENOIZEAU.
VARINOIS, seul. — Oh! Je veux bien...
{Entre i/"* Varinois.) Eudoxieî
MADAME VARINOIS. — Qu'y a-t-il?
VARINOIS. — Bridel m'a prié instamment de te féliciter sur l'édHcabion que tu as donnée à tes filles.
MADAME VARINOIS. — M. Bridel est un insolent. Il lui arrivera un jour que, que méchante histoire, c'est moi qui vous le dis.
LouiSETTE, annonçant. — M. Denoizeau !
MADAME VARINOIS. — Ah! je VOUS attendais avec impatience !
Elle regarde son mari.
VARINOIS. — Je VOUS gêne?
MADAME VARINOIS. Oui.
VARINOIS. — Bon !
DENOIZEAU. — Je V0U3 demande pardon, mon oncle...
VARINOIS. — Au revoir, au revoir... Ne vous dérangez pas.
n sort.