DERNIERE PARADE
tera. Je le vois. Ce qu'il est devenu, c'est si horrible que moi-même je n'ose pas l'embrasser. C'est trop, enfin; on lui a fait trop de mal, on m'a fait trop souffrir. Il faut qu'on me mette dans la fosse avec lui et qu'on y mette aussi Ghifïbn. Ce trou-là est bien assez affamé pour avaler trois personnes. Mêlez-nous là, tous ; nous voulons être ensemble. Seigneur du ciel ! L'idée que c'est fini, je ne peux pas la supporter. J'étouffe. Ce n'est pas que j'ai trop couru, c'est que j'ai trop vécu. Je n'ai pas envie de me reposer, j'ai envie d'être mort. Je crois que le moment est venu de rendre ma vieille âme; il me semble qu'elle me monte à la gorge, qu'elle veut s'en aller là où est Aladin. Ah! mon Dieu, j'ai bien mal, mais je suis content, parce que tout à l'heure je ne souffrirai plus du tout. Je serai pareil à mon enfant. Je regrette une chose, c'est qu'on ne m'ait pas coupé le cou, à moi aussi, parce que j'aurais été tout à fait comme lui.
Il bégayait, avait de courts sanglots, s'appuyait d'un bras à la terre, instinctivement. Mais son bras fléchit, et le pauvre homme tomba au bord de la fosse, souillant son vieux frac bleu dans la boue du cimetière.
Le prêtre, non sans un air de pitié, s'approcha de M. Amaryllis, lui souleva la tête et commença de prononcer quelques paroles de consolation.
Mais le vieux saltimbanque, dans un dernier effort, se dressa ! Je ne sais quelle glorieuse espérance illumina ses yeux, et tout debout, hérissant d'une main sa chevelure bouffonne :
— Je n'ai pas besoin qu'on me console ! dit-il. Je sais que Dieu est bon, je sais que Dieu est juste. Mon fils était innocent, j'étais un vieux brave homme; de plus, nous étions, sachez-le, monsieur l'aumônier, nous étions deux grands artistes. Aucune âme ne meurt, mais l'âme des artistes surtout est immortelle. Ce que nous avons été, nous le serons plus magnifiquement, éternellement, pareils à nous, mais plus sublimes Nous retrouverons
332 LA VIE ET LA MORT d'uN CLOWN
dans le Paradis ouvert, moi, mes tréteaux de foire, Aladin, son tremplin ; mais les tréteaux seront d'or et le tremplin resplendira comme une nappe de lumière ! Nous serons des clowns qui seront des anges, et, récompensés de nos travaux, avec des ailes qui feront de nous d'incomparables gymnastes, dans des maillots tout pailletés d'étoiles, ayant autour de nous les élus et les séraphins assis en amphithéâtre comme sur les gradins d'un cirque, nous travaillerons pendant l'éternité sur la place publique du ciel, avec la permission de M. le maire du Paradis !
Long, grandi, les yeux pleins de joie, la perruque érigée dans l'air, il se dressait comme pour voler, et ses vieux haillons fantasques frissonnaient comme des ailes bleues !
Tous le regardaient, stupéfaits, reculant ; lui, il poussa une longue clameur, peut-être un râle, peut-être un cri de triomphe, où ces mots étaient perceptibles :
— « Entrez, les Élus et les Élues ! prenez vos places, Puissances et Dominations ! les chérubins au-dessous de sept mille ans ne payent que moitié prix. »
Et enfin, s'affaissant brusquement, comme ployé sur lui-même, il tomba, cadavre, la tête dans la fosse, frôlant de la pointe de sa perruque le cadavre qui avait été Aladin.
Tristement, le petit chien blanc, aux poils frisés, geignait sur les genoux de la Pucelle pleurante.
La petite-fille de la folle
Pendant ce temps, Arabelle fuyait, s'éloignait de Paris qui avait proclamé ses gloires et ses hontes ; de Paris où elle avait vu de près une espèce de trône et de plus près l'échafaud.
Il allait bien lentement, le train qui l'emportait. Elle avait hâte d'être hors de toutes les choses qu'il y avait eu autour d'elle. Gomme quelqu'un qui s'échappe, épouvanté, de sa maison renversée par l'incendie ou la tempête, elle se croyait poursuivie par les débris furieux de tant d'écroulements.
Cependant, dans l'équité de sa conscience, elle acceptait la destinée. Si horribles qu'eussent été les affres de sa chute, — malgré le tribunal, malgré le jugement, malgré son orgueil courbé sous la volonté de M. Ginérès, malgré Papiol entrevu, les yeux rouges, et sinistre, devant la fatale machine, elle ne se révoltait pas contre le châtiment, ne le jugeait pas excessif, y consentait, l'aimait.
Car un espoir lui demeurait : sa fille.
Elle ne serait plus à Paris, elle serait à Villaudric, elle embrasserait Sébastienne.
Dieu était bon en vérité. Est-ce qu'elle méritait, elle qui était le crime, de posséder cette enfant qui était l'innocence? Elle allait la revoir, pourtant. Elle disait merci à l'éternelle miséricorde.
Maintenant, tout ce que son être avait gardé de forces vives convergeait dans un unique amour, — refuge suprême après tant d'orages. Elle se jetterait, se réfugierait, s'enfermerait, — avec ses désirs trompés, ses ambi-
334 LA VIE ET LA MORT d'uN CLOWN
lions mortes et ses hontes subies, -- dans sa tendresse pour sa fille. Elle vivrait sans regrets dans la solitude de ce sentiment, qui lui apparaissait comme une sorte d'asile paisible et religieux.
L'avenir encore lui était ouvert ; sans doute, elle n'était plus, mais clic revivrait dans Sébastienne.
Revivre 1 oui. Mais non pas pareille à elle-même, mais aussi pure qu'elle avait été perverse, aussi calme qu'elle avait été violente.
Faire de sa fille une honnête femme, sans rêves malsains, sans passions turbulentes, voilà ce qu'elle rêvait. Son expérience du mal lui servirait à maintenir Sébastienne dans le bien. Elle, possédée, et si longtemps en proie aux joies torturantes de l'enfer, elle voulait sa fille angélique et chaste. Satan, s'il avait un fils, le réconcilierait avec Dieu.
Ce devoir à remplir, ■— devoir où sa tendresse la conviait, — occuperait son cœur, distrairait sa pensée; si elle n'était pas morte, c'est qu'elle avait cette raison de vivre.
Le soir du second jour, elle quitta le train dans la gare de Toulouse, monta dans une voiture, dit au cocher de la conduire à Villaudric.
Pendant la route, elle pensait: « Quand j'arriverai, il fera tout à fait nuit ; Sébastienne sera couchée, endormie. Je Tcmbrasserai, sans la réveiller. Demain matin, nous causerons. Gomme elle doit être grande à présent! »
Bientôt, penchant la tête hors de la portière, elle vit la façade de sa maison, silencieuse, au sommet de la côte; la rougeur du couchant ensanglantait étrangement les fenêtres.
Elle se rejeta dans le fond de la voiture.
Elle avait peur. Peur de quoi ? Un pressentiment, une folie. Mais le tremblement de ses mains ne cessa pas de longtemps.
Sébastienne était plus malade peut-être ? Non, non, les
nouvelles qu'Arabelle avait reçues en prison étaient fort rassurantes. N'importe d'ailleurs, Arabclle arrivait, et une mère a bientôt fait de guérir son enfant.
Quand la voiture s'arrêta devant la grande grille, la façade était toute grise, le soleil ayant disparu. Arabelle descendit, regarda l'édifice au-delà des arbres du jardin, et d'abord n'osa pas lever le marteau de la grille.
Cette maison ! C'était là qu'elle avait vécu, petite fille, puis jeune fille, vierge déjà troublée, femme bientôt perdue.
La tête appuyée aux barreaux, elle regardait les allées entre les buis, où elle avait si longtemps promené ses rêveries coupables.
Ces fenêtres obscures, au premier étage, c'étaient les fenêtres de la bibliothèque ; elle revit, fermant les yeux, l'escalier sombre qu'elle avait monté si souvent, la nuit, à la dérobée, en chemise, craignant de rencontrer son père ou quelque domestique éveillé.
Cette autre croisée, là-bas, à l'angle de la façade, c'était celle de la chambre où Sébastien était mort. Elle se rappela l'enfant à la poitrine sanglante, couché dans son lit, la lettre qu'il lui tendit, les paroles qu'il prononça.
Et, de l'autre côté de l'habitation, il y avait l'écurie, l'écurie où elle allait, le soir, elle, fille noble, maîtresse d'un valet.
Tout l'horrible passé lui rentrait dans le cœur par les yeux ; il lui semblait qu'elle avait là, dans sa poitrine, comme des remous de boue et de sang.
Est-ce qu'elle oserait rentrer dans cette maison où elle avait été, déjà, si infâme ?
Une chose, tout à coup, l'étonna : c'est qu'elle eût consenti à envoyer sa fille dans cette-maison-là.
Cependant elle avait pensé à Sébasticnne ; elle n'hésita plus.
Elle n'eut pas besoin de frapper, la grille était entr'ouverte. Elle traversa vivement le jardin, poussa la porte.
et se trouva bientôt dans la salle du rez-de-chaussée où M. de Villaudric, assis dans un grand fauteuil, vieilli, tête penchée, considérait les cendres du foyer.
— Mon père! dit-elle.
IjQ vieillard Iqyh le front, la regarda, ne dit pas une parole. Il avait les yeux éteints, et une lèvre qui pendait toute molle, presque exsangue.
Arabelle comprit. Son père aussi ne vivait plus que d'une vie déjà morte. Livrée à elle-même, sa pensée s'était prodiguée au hasard, dispersée, annulée. Double effet de l'âge et de la solitude. Ses rêveries avaient éparpillé sa raison. L'extravagant devient facilement l'idiot.
Effrayée, elle se tenait debout, considérant cette ruine, au milieu de la salle trop grande et morne, qu'éclairait mal une seule lampe.
Un frisson la secoua, la réveilla de son immobilité sans pensées.
Sa fille 1 elle voulait sa fille. Ah ! vraiment, les vieillards sont lugubres, et ce n'est pas d'eux qu'il faut attendre la joyeuse bienvenue. Mais un enfant, cela parle, chante, cela vous saute au cou avec de petits rires contents ! Elle agita une sonnette sur la table où l'on avait soupe, et en même temps cria, ayant besoin d'un bruit autour d'elle : « Mariette! Gambardie! »
Mariette entra, vieille servante à présent. Le labeur courbe, le soleil ride.
— Oh! dit Mariette, c'est madame.
— Oui, moi. J'arrive. Sébastienne est couchée? Où est sa chambre? Gouduisez-moi.
— Sébastienne ! dit Mariette, bouche béante.
— Oui, Sébastienne. Où est-elle?
— Je ne sais pas, dit la servante.
Arabelle poussa un cri, eut envie de s'élancer. Pourtant elle se maintint et, s'efforçant de chasser une horrible crainte :
— Voyons, vous êtes folle? Qu'a-t-on fait de ma fille? Parlez.
Mariette se mit à pleurer stupidement, sans répondre.
Alors, Arabelle, sûre d'un malheur, se précipita, ouvrit la porte, monta l'escalier, heurta Gambardie qui descendait.
Lui aussi fut stupéfait de voir M™^ Ginérès.
— Mon enfant? dit-elle.
Il répondit :
— Madame, nous ne savons pas où elle est.
Il lui expliqua les choses, confusément. Depuis plusieurs jours, Sébastienne était très- souffrante. Ses crises de nerfs, assez rares autrefois, s'étaient multipliées. Le médecin avait dit : « Je ne comprends pas. » Il avait ajouté : « Une enfant folle, je n'ai jamais vu cela. »
— Ma fille est folle!
Gambardie poursuivit :
— Nous ne savions que faire. Une singulière petite fille, je vous assure. Se tenant dans les coins, tapie, avec des yeux d'or et de sang, comme un chat qui va vous égratigner. Disant des mots au-dessus de son âge et qui n'ont pas de sens cependant. Les façons d'une grande personne qui serait insensée. L'autre jour, dans le jardin, elle a sauté sur Mariette, et elle avait dans la main des cisailles à tailler les arbustes qu'elle avait volées au jardinier. Elle bégayait : « De l'or! c'est de l'or! » et elle arrachait de la paille que Mariette avait dans les cheveux. Alors nous avons enfermé la petite. Quel parti prendre ? Notre pauvre monsieur, comme vous avez pu voir, n'a plus sa raison, lui non plus. Enfin, ce matin, quand Mariette est entrée dans la chambre de M"« Sébastienne pour lui apporter son déjeuner, elle a trouvé la chambre vide. L'enfant s'était échappée. Gomment? Nous l'ignorons. Par la croisée peut-être. Voilà dix heures qu'on la cherche sans pouvoir la trouver.
Arabelle, épouvantée :
— Appelez tout le monde! les domestiques, les jardi-
niers ! des flambeaux ! des lanternes! Vous verrez si je ne retrouve pas Sébastienne, moi!
En un clin d'œil, toute la valetaille fut là, — les femmes, les hommes, étonnés d'Arabellc revenue.
Arabellc sortit la première et, les serviteurs s'éparpillant autour d'elle, il y eut bientôt dans le jardin, derrière la maison, et plus loin, dans le bois, des ombres éparses qui remuaient des lumières dans la nuit.
Arabelle chercha de tous côtés, aux pieds ténébreux des arbres, dans les buissons. En vain.
Au-dessus de l'écurie, il y avait une lueur; c'était là que couchait le nouveau palefrenier.
Appliquée au mur, une échelle.
Eh bien, Arabelle monta. Elle monta vers la chambre où avait jadis dormi Dominique. Qui sait? C'était peutêtre là que s'était cachée Sébastienne.
Non. Rien. Personne. Elle redescendit, courut à droite, courut à gauche, suivie par des gens qui donnaient des conseils.
Sa fille perdue! C'était impossible. Une enfant ne se perd pas comme cela. Mais où était-elle? Comment la retrouver? Hagarde, penchée en avant, tendant les mains, Arabelle errait de toutes parts dans les ténèbres.
Une heure, puis une autre se passèrent. Les domestiques qui étaient allés dans le bois de tulipiers, revinrent tout haletants, n'ayant rien vu dans l'ombre et dans la solitude.
— Attendons à demain, dit Gambardie; il n'y a pas d'étoiles, on n'y voit goutte. Le jour, on cherche plus facilement.
Demain? Allons donc! Il lui fallait sa fille tout de suite.
Ils se répandirent de nouveau par toutes les allées, à travers les branches de tous les massifs. On eût retrouvé un oiseau envolé, on ne retrouva pas l'enfant.
Les gens n'en pouvaient plus. Vainement Arabelle les animait du geste et de l'exemple. Mariette dit : « Je
suis éreintée. » Il fallut interrompre les recherches. Arahelle, elle-même, insensée de terreur et rompue de lassitude, défaillait.
Elle ne put pas monter l'escalier. Deux hommes la soutinrent, la portèrent dans la chamhre à coucher de Sébastienne. C'était là qu'elle voulait dormir. La vue du lit, des meubles, la fit frissonner. Ce lit, c'était celui où Sébastien était mort!
Oh ! elle ne coucherait pas sur cette couche maudite ! Cependant, le reste de la maison était en désarroi; il n'y avait plus une pièce habitable, sinon celle-ci. Il fallut qu'Arabelle se résignât à rester dans cette espèce de tombe. D'ailleurs, elle n'y voyait plus, pensait à peine ; la fatigue, le désespoir avaient fait d'elle une chose inerte, qui tombe.
Elle tomba.
Elle était sur le lit, tout habillée, les yeux fermés.
Est-ce qu'elle dormait? Oui. Elle s'était endormie tout à coup, comme en meurt, lorsque les forces de vivre font brusquement défaut.
11 y a de ces sommeils profonds, stupides, après les grandes secousses. Immobilités tenaces et qui, peut-être, ne remueront jamais. L'extrême désespoir est une espèce d'opium.
Le corps est mort, l'esprit survit.
Elle rêva.
Il lui sembla qu'un petit bruit de pas faisait craquer à peine le plancher de la chambre ; le lit gémit vaguement, comme si quelqu'un — quelqu'un de très-léger — s'était couché à côté d'elle; et, un instant, dans l'obscurité très-épaisse du songe, il lui sembla qu'elle voyait reluire, tout près d'elle, une très-étroite surface, presqu'une ligne, blanche, claire, vive. Puis elle sentit, sans concevoir ce qui produisait cela, elle sentit sur son front, sur ses tempes, sur sa nuque enfin, le froid glissement d'un passage rapide qui grince un peu et claque.
340 LA VIE ET LA MORT d'uN CLOWN
Elle se dressa, s'éveilla, vit sur le plancher, car la lampe était restée allumée, une forme vivante, petite, obscure, qui disparut comme une bête fuit, en laissant la porte entr'ouverte.
— Oh! suis-je folle? dit Arabelle.
Elle avait cru reconnaître sa fille dans cette furtive disparition.
Elle sauta du lit, courut dans le corridor, descendit l'escalier. Dans l'ombre devant elle il y avait le bruit d'une fuite qui roule, fait des bonds, va se dérober.
Arabelle courut plus vite, gagna le jardin, le traversa, franchit la grille, suivant toujours une rondeur noire qui s'éloignait là-bas, rapide, en roulant comme une boule qui descend une pente.
La nuit était devenue très-claire. Toutes les étoiles luisaient dans l'espace frais et bleu, et la lenteur du vent berçait le sommeil des grands arbres.
— Sébastienne! Sébastienne! Attends-moi! répondsmoi!
L'enfant, — si c'était elle, — n'entendait pas ou ne voulait pas répondre, gagnait du terrain. Elle se perdit bientôt dans le bois, entre les ténèbres des fourrés.
Alors, la mère, ne sachant plus quel chem-in suivre, rôda sous les branches, au hasard, avec des bras qui veulent saisir, avec des sanglots qui appellent. Bien qu'elle s'agitât beaucoup, elle se sentait toute froide; il lui semblait qu'elle avait autour de la tête comme un bandeau de glace.
Soudain, elle s'arrêta; elle voyait au bord de l'allée une lame de marbre blanc que surmontait une stèle tumulaire.
Oh ! cette allée, elle la reconnut ; c'était là, sur cette herbe, qu'elle avait été renversée par le stratagème de Papiol : c'était là que, levant le front parmi ses cheveux répandus, elle avait vu, toute haletante d'un effroyable désir, s'avancer l'homme aux lèvres rouges, aux yeux de sang enflammé; c'était dans l'obscurité de ces brous-
sailles que la lanterne s'était éteinte, et une autre lueur, hélas! qui ne s'était plus rallumée.
Qui donc reposait là? Qui donc, dans ce lieu de honte, dormait son éternel sommeil?
Elle se souvint.
Bien qu'elle n'osât pas approcher de la tombe, elle put lire, a la clarté des étoiles, ces quelques mots, en lettres carminées, sur la stèle :