‹ La petite insuffisance thyroïdienne et son traitementChapitre 3 sur 61 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

La connaissance de l’insuffisance thyroïdienne dans ses formes partielles, atténuées, incomplètes, dérive de celle du myxœdème.

Sans insister sur l’histoire du myxœdème, on peut noter que c’est Schiff en 1856, 1857 et 1858, puis en 1884, qui démontra que la thyroïdectomie entraînait des troubles généraux de la nutrition, des troubles nerveux, et en outre un arrêt de croissance et des œdèmes. Déjà Curling (en 1849) avait décrit un état cachectique chez des idiots dépourvus de corps thyroïde. En 1875, Gull étudia l’état crétinoïde qui survient chez des femmes à la ménopause. Ord (1877) appliqua aux mêmes faits le nom de myxœdème. Reverdin, puis Rocher, rapportèrent le myxœdème à l’insuffisance thyroïdienne. Du même coup, se trouvait expliquée la cachexie pachydermique de Charcot, qui intéressait la même catégorie de malades. Ultérieurement Bourneville montra que, parmi les formes d’idiotie, il en était une qu’on pouvait rattacher au mauvais fonctionnement de la glande thyroïde, l’idiotie myxœdémateuse.

Ainsi V expérimentation Si\ ait îouvni à la clinique

Fexplicatioii de certaines formes morbides, qu’on rattachait auparavant aux troubles du système nerveux.

Mais c’est la thérapeutique qui, à son tour, apporta un nouvel argument en faveur de la théorie thyroïdienne du myxœdème. Le traitement, employé d’abord sous forme de greffes de glande thyroïde d’animal, puis d’injections sous-cutanées, et enfin administré par la bouche, en tant que glande fraîche ou préparée, a permis de conclure, par les transformations que les myxœdémateux subissaient sous son influence, que le myxœdème était une affection essentiellement due à l’agénésie ou au défaut de fonctionnement de la glande thyroïde.

h'anatomie pathologique procurait également un élément favorable à cette conception, puisqu’elle permettait de constater l’absence de la glande thyroïde dans le myxœdème (Kocheu, Langerhans, Muratow, etc.).

Ces mêmes méthodes, surtout la clinique et la thérapeutique, appuyées aussi sur les résultats de Y expérimentation, ont permis de reconnaître, à côté de l’insuffisance thyroïdienne maxima (comportant le symptôme myxœdème, d’où le nom de la maladie), les insuffisances thyroïdiennes atténuées, partielles, incomplètes, qui constituent la petite insuffisance thyroïdienne.

DéjàM. Thibierge avait reconnu une forme atténuée d’insuffisance thyroïdienne, qu'il appelait myxœdème fruste. Buschan a de même réservé à ces formes une place dans son travail sur le myxœdème. Ce sont surtout les travaux d’Hertoghe. consacrés au myxœdème fruste ou à l’hypothyroïdie

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