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VII. — INSUFFISANCE THYROÏDIENNE ET PANCRÉAS

Nous envisagerons cette question au point de vue du métabolisme des hydrates de carbone.

Lorand (de Carlsbad) range, dans les glandes vasculaires sanguines, les îlots de Langerhans du pancréas. D’après lui, leur structure se rapproche de celle de la glande thyroïde et de l’hypophyse.

Les relations entre le pancréas et la glande thyroïde sont réciproques. Envisageons-les successivement dans l’hyperthyroïdie et l’insuffisance thyroïdienne.

A. — Les recherches de von Noorden font reconnaître la prédisposition surprenante à la glycosurie alimentaire des sujets atteints de maladie de Basedow.

D’autre part, il est admis que le goitre exophtalmique peut apparaître pendant l’évolution du diabète (Hartmann, Grube), ce qui concorde avec les recherches de Lorand. Licini a vu, chez cinq chiens, à la suite de l’extirpation du pancréas, des signes histologiques d’hyperfonction du corps thyroïde (augmentation du colloïde, vascularisation plus grande du tissu interstitiel). Récemment MM. Carnot et Rathery ont trouvé l’hyperplasie thyroïdienne dans quatre cas de diabète. En conséquence, la glycosurie paraissant liée à l’hypoactivité des îlots de Langerhans, il y aurait entre le corps thyroïde et ces îlots une sorte d’antagonisme, puisque l’ac-

LA PETITE INSUFEISANCE TllYUUÏDIENAE.

tivité exagérée de la glande thyroïde s’accompagne d’une diminution de fonction, avec ou sans lésion, du pancréas.

B. — L’étude du pancréas, au cours de l’insuffisance thyroïdienne fournit des résultats opposés aux précédents, mais concordant avec eux. Déjà Quinquaud a trouvé le pancréas hyperhémié chez des animaux éthyroïdés. L’hyperfonction du pancréas se traduit, d’autre part, en ce que, au cours du myxœdème et des états hyperthyroïdiens, la glycosurie alimentaire peut facilement être provoquée.

Hirschi ne réussit dans aucun des quatre cas soumis à cette recherche. Lorand échoua chez cinq i'ernmes obèses. Scholz n’eut pas un meilleur résultat sur 100 cas de crétinisme.

Toutefois, même chez des myxœdémateux, la glycosurie peut apparaître après l’absorption de corps thyroïde, comme dans le cas de Knôpfelmacher. La glycosurie, qui n’apparaissait, chez un petit myxœdémateux, qu’après l’ingestion de 160 gr. de sucre de raisin, fut obtenue, à la suite du traitement, par l’absorption de 45 gr. Parfois il est nécessaire que soient administrées de très grandes quantités de glande thyroïde (Ewald, Béglère).

On peut donc conclure que les états d’hypothyroïdie ne comportent pas en général d’insuffisance pancréatique ; peut-être même s’accompagnent-ils d’une hyperactivité de cette glande, ce qui permet de comprendre dans ces cas l’absence régulière de glycosurie spontanée et la difficulté de faire apparaître la glycosurie alimentaire. Mais celle-ci peut,

EXPOSÉ CLIMQUE.

si l’on force les doses, survenir même chez des myxœdémateux, aussi bien que, chez ces mêmes sujets, l’excès de médication est capable de produire un Basedow plus ou moins complet.

L’état du pancréas peut encore être décelé, dans l’insuffisance thyroïdienne, par les résultats des injections d’adrénaline. Or, d’après Falta, après extirpation de la thyroïde, l’injection d’adrénaline chez les chiens et les chats ne produit plus de glycosurie. Il en est de même dans le myxœdème.

La question de la glycosurie est d’ailleurs éminemment complexe et ne peut recevoir une solution univoque. Nous avons montré, dans le chapitre précédent, l’influence du corps thyroïde sur le foie. On conçoit que certains cas de glycosurie se rattachent au mauvais fonctionnement de fappareil hépatique. Ils pourront coïncider alors avec des états d’hypothyroïdie (myxœdème et glycosurie chez deux frères (Gordon). Inversement le traitement thyroïdien, améliorant la fonction glycogénique, fera disparaître la glycosurie, ou relèvera la limite d’assimilation pour les hydrates de carbone (Garnier et Lebret). On peut supposer que les relations thyropancréatiques soient encore plus complexes, et que dans certains cas d’instabilité thyroïdienne, il y ait directement ou indirectement insuffisance pancréatique. C’est peut-être ainsi qu’il faut comprendre les résultats de la glycosurie alimentaire obtenus par Bettmann, chez des sujets peut-être déjà prédisposés (NaUNYN, von NoORDENj.

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