XIV. — SYSTÈME ARTICULAIRE
Nous ne revenons ici ni sur le pied plat, ni sur la scoliose.
Les hypothyroïdiens sont sujets à des douleurs qui surviennent surtout le matin, sous l’influence des changements de température. Ces douleurs siègent au niveau des petites et grosses articulations, au niveau de la colonne vertébrale. Parfois elles se manifestent sur le système musculaire ou tendineux. Elles sont passagères, ambulantes.
Des raideurs douloureuses s’observent de même chez ces sujets, enfin des craquements articulaires se font entendre, surtout aux grosses articulations.
EXPOSÉ CLINIQUE. 211
Le traitement tliyroïdien est capable de faire disparaître douleurs, raideurs et craquements.
Il est plus important de signaler le rhumatisme chronique dans sa pathogénie thyroïdienne.
Il y a lieu de citer les constatations cliniques de Diamantberger, anatomiques de Sergent, les recherches thérapeutiques de Lancereaux et Paulesco, de Viala, de Parhon et Papinian, de Claisse, nos travaux répétés, la thèse de Ménard, etc.
La réalité d’un rhumatisme chronique thyroïdien est incontestable, d’après nos travaux. Son existence s’appuie sur les lésions du corps thyroïde chez les rhumatisants chroniques (Sergent, Souques, Parhon, etc...); sur la présence du rhumatisme chronique, chez des sujets présentant des signes d’insuffisance thyroïdienne et sur l’existence de l’hypothyroïdie chez des rhumatisants chroniques; sur l’influence des incidents de la vie génitale féminine (menstrues, grossesse, ménopause) sur le rhumatisme; sur l’alternance de rhumatisme et de troubles thyroïdiens; sur le développement d’un rhumatisme chronique à la suite de l’atrophie thyroïdienne, par applications de rayons X (Acchioté), ou à la suite de la thyroïdectomie pour une maladie de Basedow (Pauchet) (dans ce cas, il se produisit simultanément une sclérodermie); sur les effets immédiats, continus, transformateurs du traitement thyroïdien dans nombre de cas de rhumatisme chronique thyroïdien.
Toutes les manifestations du rhumatisme chronique, hormis le rhumatisme sénile, ont leur représentant dans le rhumatisme chronique thyroïdien. Il existe même un rhumatisme chronique thyroï-
dieu chez les tuberculeux, opinion que nous avons défendue, et qu’admettent MM. Poncet et Leriche.
Récemment M. Ribierre a publié un cas d’hydarthrose périodique thyroïdienne. Nous avons observé un exemple analogue. Ces faits éclairent la question des œdèmes de Quincke, dont fait partie l’hydarthrose périodique et justifient la notion que nous avons établie des œdèmes thyroïdiens transitoires et paroxystiques.