XV. — SYSTÈME NERVEUX
L’influence du corps thyroïde sur le système nerveux chez l’homme est démontrée : par l’existence de l’idiotie myxœdémateuse, forme maxima, que nous n’avons pas à décrire ici, et par les résultats de la thyroïdectomie dans l’espèce humaine, comme dans le cas classique de Lancèreaux.
Mais quelques restrictions s’imposent au début de ce chapitre. La première, c’est que le corps thyroïde est lui-même subordonné à sa propre innervation. Nous rappelons le cas de Cottel, qui montre bien l’influence du grand sympathique sur le corps thyroïde. A la suite d’un coup de feu qui blessa le ganglion cervical inférieur et plusieurs des connexions nerveuses du côté gauche avec la thyroïde, il se développa un myxœdème, que fit disparaître le traitement thyroïdien. Parfois il y a intrication d’actions réciproques du corps thyroïde sur le système nerveux et du système nerveux sur le corps thyroïde, qui rend l’interprétation des cas
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très difficile. En second lieu, tout en faisant ressortir l’influence du corps thyroïde sur le système nerveux, nous sommes loin de penser qu’il s’agit là d’une action propre de la glande thyroïde. Bien au contraire, l’ensemble du système endocrine prend part à la régulation du système nerveux. Il n’en est pas moins intéressant de rechercher les troubles nerveux auxquels donne lieu le mauvais fonctionnement de la thyroïde.
Dans l’insuffisance thyroïdienne, on peut trouver l’ensemble des fonctions nerveuses infériorisées. Nous avons consacré une étude au nervosisme thyroïdien et nos idées ont été confirmées par MM. Laignel-Lavastine , de Fleury, Heckel , Parhon, pour ne citer que quelques auteurs. Mais la part la plus considérable des troubles nerveux se rapporte, il faut bien le dire, à l’hyperthyroidie nerveuse et à l’instabilité nerveuse thyroïdienne.
Nous n’aurons ici en vue au contraire que l’hypothyroïdie nerveuse.
Avant la connaissance des fondions physiologiques du corps thyroïde, le myxœdème était considéré comme une maladie nerveuse. Il n’y a pas de doute actuellement que c’est une affection tout au moins à prédominance thyroïdienne, et que la plupart des troubles, en particulier du système nerveux, qu’elle réalise, sont dus à l’insuffisance des fonctions thyroïdiennes.
De même bien des désordres fonctionnels du système nerveux doivent se ranger dans les formes frustes du myxœdème. Déjà Mackew en a fait la remarque. Cramer note également que les
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troubles thyréogènes légers peuvent jouer un rôle dans les troubles nerveux analogues.
Une forme intéressante du nervosisme hypothyroïdien se trouve synthétisée dans la neurasthénie que nous avons rattachée, pour un certain nombre de cas, à l’insuffisance thyroïdienne. Déjà M. Claisse avait rapporté deux faits de ce genre. Comme pour les autres phénomènes thyroïdiens, la réalité de la neurasthénie thyroïdienne découle de l’influence transformatrice du traitement thyroïdien sur ce syndrome, de l’existence de la neurasthénie chez les sujets hypothyroïdiens, de l’action sur la neurasthénie des facteurs qui modifient d’habitude l’hypothyroïdie.
Le premier cas, qui attira notre attention, fut un cas de neurasthénie constitutionnelle, développée chez une malade de petite taille, atteinte d’anorexie, de frilosité, de chute des cheveux, de mauvais état des dents, d’arthrite sèche, etc., en somme d’hypothyroïdie. La question qui se posait alors était de savoir s’il y avait coïncidence d’hypothyroïdie et de phénomènes de neurasthénie, ou si la neurasthénie, présentée par la malade, était liée à l’hypothyroïdie. Le traitement pouvait fournir l’éclaircissement demandé. Il fut mis en pratique; sous l’influence de la médication thyroïdienne, on \ïi s’atténuer, puis disparaître, l’ensemble des symptômes morbides présentés par la malade. Améliorée dès la prise de 6 cachets de 0,10 centig., elle se déclara guérie après en avoir pris 61 . Une rechute fut ultérieurement jugulée par une soixantaine de cachets semblables. La malade, âgée de 21 ans, grandit, pendant le traitement,
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de 5 centimètres. C'était là le sceau de la médication thyroïdienne contre la neurasthénie.
Sans résumer d’autres exemples de neurasthénie, qui figurent dans notre mémoire, il est intéressant de faire valoir que l’hypothyroïdie bénigne chronique, avec la céphalée, la lassitude, la somnolence, la diminution de la mémoire, la tristesse, qui en font partie, réalisent des groupements variables de neurasthénie fragmentaire. Pitfield, à propos de neuf cas d’hypothyroïdie, insiste, après nous, sur la céphalée occipitale, la rachialgie, les arthralgies, l’asthénie que présentaient ses malades, phénomènes qu’améliora la médication thyroïdienne.
Il y a lieu de rapprocher des troubles neurasthéniques les troubles psychiques cédant au traitement thyroïdien, comme Cramer en a fourni des exemples. Parhon leur a consacré quelques chapitres dans un volume récent. Voici le résumé d’un cas de psychasthénie, chez une malade présentant des troubles thyroïdiens, qui a guéri par la médication thyroïdienne.
Une dame de 59 ans est atteinte, depuis quatre ans environ, d’idées fixes, d’obsessions, de peurs, d’angoisses et de tristesses. Elle n’a de goût à rien, tout lui coûte un effort. Ces phénomènes sont survenus à la suite d’émotions et de surmenage moral.
En outre, depuis 5 ans, elle éprouve une sensation de tremblement intérieur, elle a des battements de cœur, le cou volumineux, des impatiences, de l’insommie, l’absence de sensation de satiété, des colères, de l’agitation, de l’émotivité. D’autre part,
elle est frileuse, a les pieds glacés, a souvent les yeux lourds, la figure comme enflée le matin, de la constipation, de la tristesse, du découragement, du pis-être matutinal.
Soumise à la médication thyroïdienne (cachets de 0,025 milligr., de poudre totale) elle est déjà mieux dès le deuxième cachet. Après 12 cachets, elle recommence à s’occuper de ses enfanis, ressent moins d’angoisse.
Une grippe fait suspendre le traitement, et il se produit une rechute. L’amélioration suit la prise de quelques nouveaux cachets et, peu à peu, l’état nerveux se rétablit, malgré des émotions nouvelles, par la médication thyroïdienne, à laquelle nous avons adjoint la médication ovarienne.
Depuis 1907, la malade est débarrassée de l’ensemble de ses malaises. De temps en temps, la tendance à la reprise de ses troubles est combattue avec succès par l’ingestion de quelques prises de substance thyroïdienne.
Les phénomènes d’hypothyroïdie nerveuse peuvent se traduire encore, dans le domaine psychique, sous forme d’arriération mentale. Ils sont parfois très atténués et vraiment minimes. Ce sont alors des troubles de mémoire spécialisés, comme on les observe chez les enfants. Hertoghe a insisté sur la difficulté que ceux-ci éprouvent parfois à apprendre l’orthographe : « Il leur est aussi impossible d’avoir une orthographe correcte que d’avoir les pieds chauds ». D’autres fois c’est le calcul qui est en défaut. L’amnésie peut porter sur les souvenirs récents. Dans le cas de Stoïcesco et Bacalogu, le sujet de 19 ans oublie, comme
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certains aphasiques, les langues apprises les dernières. Les troubles de la parole, la voix traînante, lente, coassante, le bégaiement, font partie de l’hypothyroïdie. — Elle se traduit encore par les troubles de caractère, timidité, indolence, apathie, hypoboulie. Quelquefois on note la défiance, le pessimisme, l’égoïsme, l'entêtement, la difficulté de mise en train, l’attachement à une idée. — L’étude du nervosisme hypothyroïdien ramène, par les cas légers, à des variantes de tempérament.
Ce qui montre bien la nature thyroïdienne des troubles, si légers soient-ils, auxquels nous faisons allusion, c’est leur coexistence avec d’autres troubles de la série hypothyroïdienne, c’est aussi l’influence favorable du traitement thyroïdien. Le traitement faisant disparaître certains symptômes, permet de les rattacher à l’hypothyroïdie. « Modifiant le caractère des sujets, déterminant gaieté et rires, inspirant d’autre part jeux et chants à des enfants retardés qui autrefois pleuraient et ne savaient pas s’amuser... le traitement montre, par raisonnement inverse, que l’hypothyroïdie est susceptible de s’accompagner de tristesse et de découragement » (Lévi et Rothschild).
A côté de ces troubles portant sur la mémoire, l’intelligence, le caractère, il faut envisager :
A. — Des troubles de motilité. — Contrairement à l’hyperthyroïdien, qui a besoin d’activité, est toujours en mouvement, dont les muscles sont facilement le siège de tremblement fibrillaire et de spasmes, l’hypothyroïdien a des mouvements lents,
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paresseux II répugne à l’exercice. Il est facilement fatigué, parfois « né fatigué ».
Remarquons incidemment que l’état de la chaleur animale, dans les états opposés de dysthyroïdie, tient en partie au mode de fonctionnement musculaire.
Relevons aussi que les troubles de la fonction motrice de l’hypothyroïdien peuvent dépendre d’une perturbation de l’appareil cérébral ou cérébelleux. Car Sôderborgh a étudié, dans le myxœdème, certains phénomènes cérébelleux (adiadococinésie, catalepsie) qui disparaissent par la thyroïdothérapie. Et de même le traitement thyroïdien accélère les mouvements des hypothyroïdiens, les rend plus actifs et exerce une influence fréquemment favorable sur la fatigue, même lorsqu’elle remonte à l’enfance.
R. — Des troubles de réflectivité. — L’ensemble des réflexes psychiques ou organiques est diminué dans l’hypothyroïdie, et Ton pourrait traduire sous cette forme toute la pathologie de l’hypothyroïdie.
C. — Des troubles de sensibilité. — Les hypothyroïdiens éprouvent facilement des douleurs cutanées, musculaires, osseuses, articulaires. Rien des faits rangés dans les névralgies, dans le rhumatisme, douleurs migrainoïdes, névralgiformes, topoalgies, ne sont en réalité que des dysesthésies thyroïdiennes, cédant au traitement thyroïdien. Celui-ci agit encore dans les cas moyens de névralgie, ce qui permet de supposer que l’hypothy-
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roïclie peut représenter un des facteurs de production de la névralgie.
D. — Troubles de la vaso-motricité. —
Le corps thyroïde tient en grande partie sous sa dépendance le système vaso-moteur. Ce qui est d’une extrême importance, puisque, par l’intermédiaire de ce système, il agit sur le fonctionnement de tous les systèmes (en particulier de la peau), de l’ensemble des viscères et du système nerveux luimême. Déjà nous avons étudié les troubles vasomoteurs, que comporte l’hypothyroïdie au niveau de la peau (cyanose, livédo, engelures). L’hypothyroïdie détermine, vraisemblablement, par troubles de cyanose profonde, bien des manifestations, que fait disparaître la thyroïdothérapie, en rétablissant une circulation normale.
Continuant l’antithèse que nous avons signalée à maintes reprises, l’hyperthyroïdie comporte dans ses signes l’érythrose et la congestion active. Or, il peut arriver que le traitement thyroïdien, au lieu d’établir l’orthothyroïdie, transforme la cyanose en érythrose. Des troubles vaso-moteurs d’hyperthyroïdie peuvent se rencontrer, d’autre part, spontanément, chez des hypothyroïdiens, et être modifiés favorablement par la médication thyroïdienne.
E. — Troubles vaso-sécrétoires. — Nous avons déjà décrit les œdèmes cutanés, sous-cutanés qu’on rencontre dans l’hypothyroïdie. Le corps thyroïde exerce vraisemblablement une action plus ou moins importante sur les sécrétions glandulaires. En ce qui concerne la sécrétion intestinale,
M. Marbé en a fourni la preuve directe. De même façon, la sécrétion sudorale est fréquemment réduite dans l’hypothyroïdie pure. La thyroïdothérapie agit dans ces divers cas comme excitant secrétoire.
F. — Troubles de la trophicité. — Le
corps thyroïde participe à la fonction de la tro phicité, comme le prouve son action sur le système pileux, sur le système dentaire et unguéal, sur le développement du sujet, sur les troubles trophiques de la peau (sclérodermie), des régions sous-dermiques (rétraction de l’aponévrose palmaire) et peut-être sur certaines scléroses viscérales. La part que prend la glande thyroïde à l’équilibre trophique général fait comprendre combien s’étend encore, de ce fait, le domaine des troubles thyroïdiens et de la thyroïdothérapie.
On voit donc, par ce court exposé, que la glande thyroïde exerce une action indéniable sur le système nerveux. Son insuffisance entraîne des conséquences que V expérimentation iust’iüe à son tour. C’est ainsi que W. Edmunds, après extirpation de la thyroïde, a constaté de graves désordres du système nerveux central, entre autres, de la congestion de l’écorce, de la dégénérescence des cellules nerveuses, avec destruction des prolongements, chromatolyse et disparition des corps de Nissl. Marinesco, Minea et ^Yolter ont vu l’ablation du corps thyroïde retarder la dégénérescenee nerveuse et arrêter la régénérescence.
Pour en finir avec le système nerveux, dans ses rapports avec le corps thyroïde, il y a lieu de sou-
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lever encore quelques problèmes, ceux du sommeil, de l’épilepsie, de l’hystérie, de la chorée.
Le sommeil est réglé d’après Lorand (de Carlsbad) par la glande thyroïde. Les myxœdémateux sont somnolents, les basedowiens ont de l’insomnie. La somnolence accompagne tous les états de dégénérescence de la thyroïde. Sous l’influence du traitement thyroïdien, on voit la somnolence et de même la narcolepsie se modifier. Nous en avons noté de nombreux exemples. La question n’est peut-être pas aussi simple que l’indique cet exposé, car l’injection aux animaux de substance thyroïdienne produit parfois de la somnolence, et nous avons observé, à diverses reprises, dans l’espèce humaine, des troubles de somnolence, à caractère passager, au début du traitement thyroïdien. L’hypophyse joue vraisemblablement dans la question du sommeil un rôle que lui a déjà attribué Salmon.
Le corps thyroïde intervient-il dans Vépilepsie'i L’épilepsie n’existe pas dans le myxœdème. Les résultats qu’a fournis la médication sont contradictoires, comme le montre la thèse de M. Pioche. D’ailleurs, il faut, dans cette question, tenir compte des recherches de MM. Claude et Lejonne, qui montrent la moindre résistance à l’intoxication par la strychnine des chiens, chez qui on a produit, par le chlorure de zinc, des lésions méningo-encéphaliques, suivies de crises épdeptiformes transitoires. On constate ainsi une prédisposition, que mettent en évidence des auto-intoxications, en particulier d’origine endocritique.
LA PETITE lNSUFriSA>XE THYROÏDIElNrsE.
L’insuffisance thyroïdienne peut devenir une de ces causes. La démonstration en reste à fournir. L’épilepsie paraît davantage conditionnée par les troubles d’insuffisance ovarienne (Parhon et Urechie).
Pour ce qui est de Vhystérie^ nous avons solutionné le problème de ses rapports avec le fonctionnement thyroïdien, en séparant les phénomènes pithiatiques des phénomènes rattachés à l’hystérie, sans être pithiatiques.
A. — P L’hyperthyroïdie augmentant l’émotivité que facilite la suggestibilité, le pithiatisme est favorisé par une hyperthyroïdie antérieure;
2° Le nervosisme hyperthyroïdien et l’hystérie se rattachent par degrés insensibles l’un à l’autre, comme la suggestibilité plus ou moins physiologique de l’enfant à la suggestibilité pathologique.
B. — Quant aux phénomènes tels que fièvre, troubles vaso-moteurs, qui ne peuvent être produits par suggestion, ni disparaître par persuasion, et qui se rattachent à l’hystérie sans être pithiatiques, ils font partie de l’hyperthyroïdie et peuvent évoluer, chez les pithiatiques, du fait de l’hyperthyroïdie, terrain de développement du pithiatisme.
La chorée commune est une maladie cyclique, d’origine probablement infectieuse, et qui atteint plus ou moins superficiellement certaines régions du névraxe. Quelques observations isolées ont été publiées qui attribuent une bonnednfluence au traitement thyroïdien dans la' chorée. Nous n’avons
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jamais observé de résultat net de cet ordre. Peutêtre toutefois peut on supposer que certains cas de chorée évoluent, comme le rhumatisme aigu, avec lequel la chorée affecte des rapports fréquents, sur le terrain de dysthyroïdie. Si le sujet présente des signes d’insuffisance thyroïdienne, on est en droit d’essayer la médication thyroïdienne conjointement au repos au lit, à l’arsenic, à l’arsénohenzol (Pierre Marie et Châtelain), à l’antipyrine, etc.
Nous tiendrons un raisonnement analogue en ce qui concerne la chorée variable, chorée des dégénérés, mais nous attendons un succès se produisant, dans les conditions que nous exigeons pour les accidents thyroïdiens, pour rattacher ce trouble neuro-psychique à l’hypothyroïdie.
S’il est permis d’émettre encore une hypothèse, nous aurions plutôt tendance à penser que, si les glandes endocrines interviennent dans la production de ces accidents, c’est plutôt du côté des parathyroïdes qu’il faut diriger les recherches.
Le champ des troubles neuro-thyroïdiens n’en reste pas moins étendu, et l’une des causes fréquentes des troubles nerveux, les émotions, n’est pas sans effet, d’après nous, sur les glandes endocrines, et en particulier sur la glande thyroïde. La glande thyroïde, à son tour, prend sa part à l’expression des émotions.
Voici comment l’on peut résumer notre travail sur le corps thyroïde et les émotions.
h' émotion est souvent à expression thyroïdienne — les syndromes thyroïdiens sont à
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expression émotive. — Le corps thyroïde, dont la sécrétion varie sous l’influence de causes émotives, peut produire des états d’apparence émotive, en dehors de toute cause d’émotion. Il est interposé entre les causes émotives et certains états psycho-neuropathiques, et suivant qu’il se trouve en état d’hyperthyroïdie ou d’hypothyroïdie, il devient renforçateur ou réducteur d’émotions. Il peut même être générateur d’états émotifs.
En ce qui concerne l’insuffisance thyroïdienne, le myxœdème acquis peut être la conséquence de chagrins intimes prolongés. Un myxœdème congénital incomplet a été la conséquence d’une \ive frayeur de la mère, ressentie au 7® mois de la grossesse.
Si l’on envisage des symptômes isolés, l’émotion peut provoquer une sensation de froid, de l’hypothermie, Burdach a vu, à la suite d’une grosse frayeur, la température tomber dans un cas à 53°. Les causes émotives produisent la dépression nerveuse, la constipation, etc.
Dans l’insuffisance thyroïdienne, ces réactions aux émotions sont souvent atténuées ; ceci est vrai dans le myxœdème, et dans la vieillesse qui comporte une sous-fonction thyroïdienne.
Sans entrer dans d’autres details, on voit, par ce court chapitre, l’intérêt qu’il y a à rechercher l’insuffisance thyroïdienne dans les syndromes neuro-psychique», et à appliquer le traitement thyroïdien, dont les résultats dépassent ceux fournis par les méthodes habituelles.
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