‹ La petite insuffisance thyroïdienne et son traitementChapitre 50 sur 61 · XVII. — AUTO ET EXO-LNEECTIONS · texte numérisé non relu

XVII. — AUTO ET EXO-LNEECTIONS

Nous avons vu précédemment, en étudiant les qualités du sang, que le corps thyroïde a une action sur les opsonines, les alexines, ainsi qu’il découle des recherches de Mlle Fassin, de MM. Stépanolf, Marbé, Müller. 11 résulte de leurs travaux que le corps thyroïde prend une part aux processus d’immunité et de défense de l’organisme contre les infections. Cette notion confirme l’opinion de Charrin, Horsley, d’après qui les animaux thyréoprives sont prédisposés aux infections. MM. Gley et Rochon- Duvigneaud ont noté des infections banales survenant au niveau des yeux chez les animaux soumis à la thyroïdectomie. Les infections deviennent en outre plus gravées, suivant Palazzo, chez les animaux thyroïdectomisés, car, chez ceux-là, des quan-

tités minimes de cultures de bacilles virulents déterminent la mort.

D’autre part, si l’on tient compte de l’action in vitro du suc thyroïdien sur les microbes, on peut ! relever que, d’après Turro, le suc thyroïdien, pré- ^ paré par compression, peut digérer des quantités très grandes de Bacillus anthracis en un ou deux jours à 57 degrés. Il dissout aussi presque instantanément les cultures de Bacille virgule ou de Bacille d’Eberth.

D’après Siegmund, la glande thyroïde sert dans la lu tte contre les agents pyogènes. Son insuffisance rend l’organisme inapte à la défense. L’administration de corps thyroïde relève la force de résistance.

Les sujets facilement atteints d’infections gonococciques graves sont souvent des thyroïdiens.

Le traitement thyroïdien justifie les données précédentes. Müller, en effet, a montré qu’en l’absence du corps thyroïde, le traitement thyroïdien, à condition d’être assez intensif, peut non seulement combattre la diminution des propriétés alexique et sensibilisatrice du sérum, mais même les rendre supérieures à ce qu’elles étaient avant l’opération, et les rétablir à nouveau, si on les laisse déchoir, en interrompant momentanément le traitement thyroïdien.

Frugoni et Grixoni ont noté une résistance plus grande au développement de la tuberculose des lapins soumis au traitement thyroïdien.

En ce qui concerne la clinique humaine^ von Klimpély a vu se produire par l’opothérapie thyroïdienne, appliquée à des crétins, l’amélioration

EXPOSE CLINIQUE

d’adénites suppurées, de carie des os, de lésions scrofuleuses.

M. Sardou, chez un certain nombre d’hypothyroïdiens antérieurs, chez qui il constata en outre une défaillance thyroïdienne appréciable, a utilisé avec profit, dans certaines toxi-infections, le traitement thyroïdien (oreillons, scarlatine, grippe, adénopathies, tuberculoses).

M. Morin a observé un certain nombre de faits de tuberculose locale (ganglionnaire, osseuse, articulaire), au cours desquels le traitement thyroïdien a donné des résultats favorables.

Par la thyroïdothérapie, Malcome Morris a vu un arrêt manifeste d’un lupus en voie de progression. Byrom-Bramwell obtint deux guérisons. Soenike a tiré également de bons résultats de la thyroïdine dans les adénites scrofuleuses.

Chez un tuberculeux chronique, à forme scléreuse, avec rhumatisme chronique et rétraction de l’aponévrose palmaire, nous avons obtenu une amélioration générale, avec augmentation de poids de 16 livres.

Munjies a rapporté 4- cas de syphilis grave de la peau heureusement influencés par le traitement thyroïdien.

Nous avons montré l’influence du traitement thyroïdien sur les auto-infections périodiques, telles que les angines à répétition, sur certaines infections intéressant périodiquement les muqueuses.

Nous pouvons ajouter un cas d'érysipèles à répétition, survenant chez une rhumatisante chronique de 22 ans. Elle avait eu 22 érysipèles graves, qui apparaissaient en général, lorsque ses règles ve-

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naienl à manquer. Sous l’influence du traitement, en l’espace de deux ans, elle eut encore deux érysipèles beaucoup moins graves que les précédents. Elle guérit en même temps d’ulcère chronique des jambes. Sa prédisposition aux infections se manifesta par une congestion pulmonaire qui se prolongea toutefois encore plusieurs mois et la production d’une kérato-conjonctivite qui dégénéra rapidement en ulcère de la cornée.

Le traitement thyroïdien a amélioré, entre nos mains, des plaies chroniques de la jambe, chez une rhumatisante; des plaies des doigts, à allure d’habitude traînante, chez un sujet atteint de sclérodermie; des abcès à répétition se reproduisant depuis quatre ans autour de l’ongle du gros orteil des deux côtés; des adénites scrofuleuses. Stowel a publié un cas d’ulcération survenue chez un hypothyroïdien, à la suite de l’application d’un appareil [pour fracture de jambe qui a guéri très rapidement sous l’influence de la médication thyroïdienne.

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