XVIII.— AUTO ET EXO-INTOXICATIONS
On entrevoit déjà, d’après l’heureux effet de la médication thyroïdienne dans les infections, qui sont en réalité des toxi-infections, l’influence du corps thyroïde sur les intoxications et la part qu’il prend dans la défense de l’organisme contre les auto et les exo-intoxications.
Les conséquences, que l’ablation de cette glande entraîne du côté d’organes préposés à un rôle anti-
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toxique, tels que le foie et le rein, comportent la même conséquence, théoriquement du moins.
Mais il est possible de préciser davantage. Tout d’abord, le sang des animaux thyroïdectomisés contient une substance toxique (Gley). Le coefficient urotoxique de leurs urines est notablement augmenté. En outre, en pratiquant sur des lapins des injections de sérum de chiens thyroïdectomisés M. Gley a vu se produire des contractions fd^rillaires, semblables à celles que présentent les animaux opérés. M. Launoy, en injectant dans les veines d’un chien éthyroïdé une grande quantité de sérum d’un autre chien éthyroïdé, a provoqué quelques contractions fibrillaires et l’apparition d’un état psychique (hébétude, stupeur) assez particulier, qui se rapproche de l’état d’immobilité et d’indifférence aux excitations extérieures présenté par les myxœdémateux.
L’insuffisance thyroïdienne réalise donc une autointoxication.
MM. Jeandelize et Perrin ont montré le fléchissement du rôle antitoxique des animaux thyroidectomisés, pour deux intoxications du moins : l’arséniate de soude et le chlorure de mercure.
La clinique thérapeutique fournit à son tour des faits à enregistrer.
C’est d’abord la fréquence de l’urticaire chez des sujets hypothyroïdiens, c’est ensuite la possibilité de guérison de l’urticaire chronique par la thyroïdothérapie (Lévi-Rotiischild, Ravitcii). L’influence du traitement thyroïdien sur les œdèmes thyroïdiens, l’hydarthrose périodique, la migraine, symptômes qui comportent tout au moins une part
toxique, agrandit encore le domaine aniitoxique de la thyroïde.
Pour en revenir à Turticaire, des travaux récents expliquent ce trouble morbide par l’anaphylaxie. Le corps thyroïde jouerait donc un rôle dans la production de l’hypersensibilité aux poisons et des idiosyncrasies. Signalons à ce propos le cas de M. Mauté, concernant une dame qui était toujours intoxiquée par les œufs. Elle supporte cet aliment depuis qu’elle est enceinte, et M. Mauté invoque, pour expliquer ce changement, l’autothérapie thyroïdienne de la grossesse que nous avons mise en avant, et qui s’observe pour la migraine, l’asthme, le rhumatisme chronique, l’hydarthrose périodique, le psoriasis, etc.
Nous avons étudié dans un traA^ail récent les rapports entre l’insuffisance thyroïdienne et l’anaphylaxie .
Nous nous sommes appuyés sur des arguments d’ordre anatomique, hématologique, sur l’action anaphylactique de produits albumino-iodés, pour montrer que la glande thyroïde joue un rôle dans le problème de l’anaphylaxie. C’est par un choc anaphylactique que s’expliquent en partie les syndromes du neuro-arthritisme thyroïdien (asthme, œdèmes, urticaire, etc.) qui disparaissent par le traitement thyroïdien et font partie du syndrome clinique de l’anaphylaxie.
La participation de l’insuffisance thyroïdienne à l’anaphylaxie peut s’expliquer de deux façons. Ou bien le corps thyroïde insuffisant ne neutralise pas certaines substances douées du pouvoir toxo-
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génique, ou bien — et c’est cette hypothèse que nous acceptons — l’insuffisance thyroïdienne conditionnant une hyperthyroïdie réactionnelle (instabilité thyroïdienne à paroxysmes d’hyperthyroïdie réactionnelle) celle-ci favorise Yhyperthyroïdémie-, et l’excès de suc thyroïdien devient la substance „ déchaînante qui provoque le choc anaphylactique. Il se produit une anaphylaxie endogène. Le traitement thyroïdien, en réglant la glande thyroïde, en empêchantj les paroxysmes d’hyperthyroïdie, empêche le déchaînement anaphylactique sous forme d’accidents du neuro-arthritisme.