LU MÈRE
PâB EUGÈNE PELLETAN
Un titre honnête, s’il en fa,1 *'
S'’. Mobitablemert
ÏOiàun bon livre, enrlont pour notre é#oq». OÙ la femme trouve si commone, 3
™rè5 ses couches, de reprendre sa vie d bertè et de plaisirs après avoir suspen u ‘ 1
f-mt an seïntTime nourrice de hasard . v Uono le manuel de la mire de famille, ^ de, philosophe» l la tels le plue
de gaves préceptes et comme le çatéohism
to eulte don. elle seule peut eeuur le. déh-
catesses, etc., etc,, et je continuais ainsi ïes litanies de mes éloges, coupant les feuillets du livre et les ouvrant avec cette satisfaction d'un gourmet qui déplie sa serviette en présence d'un bon plat. Il y a en effet un immense plaisir quand on se trouve en face d’une de ces questions dent T intérêt constant embrasse, non-seulement le temps présent, mais tout le passé de l'avenir de l'humanité, de comparer ses propres opinions à celles d'un observateur aussi fin et aussi profond que M* Pelletan et de compléter dans les leçons d'un moraliste une étude que chacun de nous a comrdeucée dans les faits.
Yoilà bien ce que, sans trop d'exigence, il était permis de chercher dans un livre qui s'annonça au public sous ce titre « la Mère, » symbole de tant d'amour, de tant de jouissauces, mais aussi dé faut de devoirs impérieux, si difficiles a dignement remplir et dont on ne saurait trop définir et enseigner les préceptes, Quelle déception quand en voit qu'un si beau sujet qui contient en lui-même la soin-
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la mère, a ses ûrtcr à leur éducation
soins qu’elle dort JPP.^ ^ et de plus dans physique dans 1 3 T ' ,^fe pendant la pre-
leur éducation ij t adolescence ; aucun première partie de le gon double rôle
cpto qui l8 86in de la famille ;
d’ épouse et de mère
il semble que la q-*“WJ>|g étroite» à
circonscrite dans ardente de M.
l’imagination peut-être I attributs de
des questions particn^.es atna grande question générale que soulèvent ses droits et ses devoirs dons la société Des son début, 1
leur met franchement de côté le sujet qu i
t6U . •. a o traiter ■' les droits de la
s’était promis de ti aller . «
femme. Voilà bien la seule question qu il ait
devant lui : il la prend corps à corps, il s’absorbe en elle, et pendant tout te cours de sou travail, dans chaque chapitre, dans chaque page, je l’en vois possédé, pénétré, aveuglé et comme revêtu d’une tunique de Nessus, sous les étreintes de laquelle, toujours bondissant, toujours haletant, dans uu cercle dont il ne sort jamais, il exhale tantôt les cris furieux de l’opprimé contre l'oppresseur, tantôt les plaintes de la faiblesse qui désespère de triompher par la raison et ne s’adresse plus qu’aux sendments ; et le voilà qui fait sucessi veinent passer sous nos yeux quatre tableaux d’un coloris quelque peu exagéré, où la figure de la [ femme, différemment éclairée dans quatre cadres dis tin ets : l’antiquité, Je moyen-âge, la renaissance et les temps modernes, conserve toujours, sous les traits fortement accentués de son pinceau, la flétrissure de la chaîne ou de la prostitution : ce sont quatre Delacroix avec légende de Lamennais.
En vérité, qu 3 était- ce besoin de nous faire parcourir ainsi toute lfhistoire pour nous
— ns —
montrer la femme esclave dans les premiers empires; servante méprisée dans les républiques d’Athènes et de Rome, divinité honorée mais décime an moyen-âge; prisonnière en rupture de ban dans la société moderne*
O a comprend parfaite ment, il est vrai, que ce soit là un moyeu d'éclairer, d animer sou sujet j niais il aurait fallu se garder de donnai à un simple moyen Fimportance et le développement qui n'appartiennent qu?a 1 objet principal- G1 est cependant ce que n’a pas fait M. Pelletan, à mon humble avis.
Son livre, la Mèi'e, n'est qu'un long plaidoyer, — quelquefois déclamatoire, — en laveur de la femme considérée comme individu dans la société. G’est une énergique protestation contre cette infériorité relative de son rôle au milieu de nous. Mais de grâce, est-ce bien là le livre qu’il faut mettre entre les mains d’une jeune mère pour lui enseigner à remplir dignement la tâche que lui a imposée ia ud-
ture tant à l’égard de ses enfants qu’à L'égard de son époux?
Quand Rousseau 3 dans son Emile, entreprend le travail laborieux de retracer les règles d'une bonne éducation, est-ce cette voie-là qu il suit? Point du fout ; c’est par une observation fine des mœurs de son temps, par une éloquente causerie des préjugés et des travers, par une exposition claire, brillante et convaincue du rôle et du devoir de chacun dans la famille, qu'il arrive à exercer sur son siècle cette légitime influence, grâce à laquelle les femmes du grand monde tinrent bientôt à honneur d’aîïaiter elles-mêmes leurs enfants.
C’était donc une étude de mœurs que devait nous donner M. Pelletan,
Mais au lieu de cela, nous ne retrouvons qu’une étude historique,
Quel que soit 3e respect que m’inspire la personnalité de l’auteur, je prends la liberté de lui dire que — même su point de vue histori-
que — son ouvrage est loin de remplir le but qu’il a pu se proposer. Quelle influence peut avoir sur un esprit sérieux ce brillant canevas, où l’auteur, avec une hardiesse toute juvénile, étend le caractère d’un individu choisi pour les besoins de la cause à tous ses contemporains? Quelle confiance peut-il inspirer?
Quand, à l’appui de tant d’assertions, il néglige d’apporter aucune autorité historique et d’indiquer les sources où il a puisé. Que l’auteur veuille bien nous pardonner cette simple réflexion : Quand on étudie l’histoire, on ne doit s’éclairer que de la lumière de la froide raison et surtout bien se garder de jeter sur son sujet oes reflets trop brillants d’imagination qui donnent à l’œuvre un caractère de pure .fantaisie et lui ôte toute autorité.
A quoi servent, par exemple, des écarts de style tels que celui-ci, que je prends dans son livre au milieu de mille autres :
« Avez-vous vu parfois, dans le bleu du ciel,
sans nuage, sans vapeur, l'aube marcher sur une flamme rose, en cueillant les dernières étoiles de la nuit, les perles de rosée? Voilà la Vénus Uranie prophétisée par Platon* L'humanilé en poursuivra, de sïècïe en siècle, le poétique idéal, jusqu'à ce qu'elle ait trouvé le mot de la femme, l’âme dans la beauté. »
Ce sont la de ces fusées brillantes que M. Pelletan aurait pu abandonner à M* le vicomte Ponsori du Terrai I, sans que pour cela le coté sérieux de son œuvre eut perdu de sa valeur*
Dans mon prochain courrier des lettres, je parlerai du dernier volume de M. Glaretîe ; La libre parole .
Adiiiîe de Seeondigné.
Petite moisson
Au moment de paraître, M. Kugelmann ayant supprime trois pages il» la #ft,w Lan~
terne, nous les remplaçons par les lignes suivantes empruntées à la correspondance de Londres du Figaro :
Londres, mercredi 29 juillet.
Aujourd’hui, à onze heures, a été célébré A l’église de Claphain, à Londres, le mariage de Aille Patti avec M. le marquis de Caux.
Les témoins de Mlle Patti étaient M. Costa et le due de Manchester; ceux de M. le mardis de Caux étaient M. le prince de laTourd’ Auvergne, ambassadeur de France a Londres, et M. Muré, attaché de l’ambassade.
Les demoiselles d’honneur de Mlle Patti (toutes les quatre on chapeaux Mens et robes Manches) étaient Mlles Louisa Luuw, Maria Harris, Rita de Candia, Marie Zanzy,
Mlle Patti était ravissante, l’air heureux et soumnt; elle portait une robe de satin blanc, ef-d œuvre de Worth, un voile de dentelle Ot quelques fleurs d’oranger dans tes cheveuxpas un seul bijou.
JË Ie TarqüiS de CaUX éÉait> vivant la mode anglaise, en redingote bleue, en panta-
cor«ti“aïat( ** “*“ ; Pas de ié-
La cérémonie a été fort simple. Après la
raejebassependantkqüellcongrimpaitsurles
aises les bancs, les fenêtres, les orgues pour oir Mlle Patti, et pendant laquelle l’église ne pouvait contenir tous ceux qui voulaient y pénétrer et qui assiégeaient la rue, les portes, et giand nombre de policemen avaient de a peine à contenir la foule ; plus de dix mille personnes attendaient les mariés, qui ont été
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reçus par des acclamations : on agitait les chapeaux, lès mouchoirs, on criait, etc.
Une voiture fermée, attelée à la Daumont, les a emmenés dans leur maison de Clapham* Park) où un lunch les attendait. Quelques amis seulement avaient été invités à s’y rendre. Après le lunch, sous une tente dressée dans le jardin et sur laquelle flottaient des drapeaux français et anglais, un photographe a pris instantanément le groupe deM. et Mme de Caux,
au milieu de leurs témoins.
Dans la Tillancourana du Gaulois :
« M. de Tillancourt vient au-devant de M. m ppmard, qui tremble h son approche.
Quelle différence y a-t-il entre une couturière et Charles Dickens?
M. Pamard cherche, hésite; la sueur coule sur son front; humilié, vaincu, il murmure : # ,Ie ne sais pas. »
M, do TÎUancourt rayonnant :
— C'est que lu couturière se pique les doigts tandis que Charles Dickens speak Bnffliih, '
* Pa m a r d ç h erch e encore .
Du meme journal :
\ i e n ne L ar ri van t un jo u r de P éziers se r en d a peine cl6hotté? ayant encore la paille de la diligence a .scs boites, aux Tuileries chez le roi Louis-Philippe, qui lui faisait riionneur de sa familiarité,
“ (Jue nous nipper Lez- vous d’Italie? dit le roi du plus loin quJil l’aperçoit? un Attila ou un Léon ^\?
Point, Sire, répond avec volubilité le père iïAi bogaste, c’est bien de tragédies ou de poëines qu’il s’agit! Je me suis découvert une ** farni lie, ces ancêtres, je descends des Bienvennuti qug vous savez. Sire,.,
— L% là, mon cher tragique, interrompt le roi des Français, reposez-vous, tout ce que je
sais c’est que vous descende, de diligence et
que vous Êtes ici le bien-venu! »
Une nouvelle h la main tle saison, récoltée dd.u^Y Eclipse :
Un jeune homme subit l’épreuve du baccalauréat ès-sciences :
Jj’ examinateur. - Quelle est la principale propriété de la chaleur?
Le candidat. - C’est de dilater les corps.
L’examinateur. — Fort bien. l omi.cz vous me citer quelques exemples?
Le candidat . — Dame, monsieur, c’est bien simple: quand il lait chaud, les jours son bien plus long*.
Nous trouvons le mol de la fin dans l 'Image,
— ou plutôt dans le Paris -Comique de Carlo - Gripp, sous la signature Firmin Javel :
«A Mabille.
» Le journaliste X. . . se promène avec un ami de proviaco,
» — Il pleufcl s’écrie tout à coup X... en portant son mouchoir à son front.
» — Allons donc! répond l’ami, il fait le plus beau temps du monde (comme dans Luomet Nanette, de Marmontel).
» -*-Ah! j’y suis, fait tranquillement X..,. en désignant q uelqu’un dans la foule, c’est mon confrère Z... qui vient de me cracher à la figure . *
LIS SÂLOIS
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Rédacteur en chef : ALEXANDRE POTHEY Directeur : J. KUGELMANN
Pureaux : 13, rue rie I:i Grange-Batelière, ABONNEMENTS :
Paris et Bepii'tements :
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Etranger :
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