TABLETTES
Je croyais les épées de combat pendues pour longtemps aux panoplies, mais voili qu'il se réveille tout un monde de bref leurs,.
Il y aurait beaucoup à blâmer dans le duel, cette maladie chronique qui revient comme la messe du Saint- Esprit, Mon avis est que le duèl doit avoir lieu dans des circonstances exceptionnelles ; il faut. quTil repose sur des motifs sérieux- Mais se poser en Lagardère pour me drôle sse, affecter les allures d'un Lauzun, parce qu'on aura reçu dans Tœïl un peu de cendre de cigare ou de tabac h priser, est vraiment comique à l'époque oh nous vivons*
Tout cela était bon et bien porté du temps de nos ancêtres, où les gentilshommes écervelés rossaient le guet et ne craignaient point de rougir leurs jabots à la flamme des reverbéree ou sur les lieux mômes de leurs disputes.
Mais aujourd'hui le duel — (le plus souvent quand il n'est pas simulé et inventé, comme une sorte de bonimmt de vont une caisse qui sonne crmx) — n"a lieu que par ostentation et sert de marchepied à quelques gourmands de publicité.
Il en est par- ci par- là, dans la presse, que leur médiocrité, — leur nullité même — eût infailliblement condamnés à l'oubli, et dont les noms sont connus, grâce seulement au nombre de duels qui figurent, à tort ou à raison , sur leurs dossiers littéraires.
Il y a encore des gens qui s'appellent vulgairement tombeurs.
Ils sont là tout un tas, — à l'heure de l'absinthe, — grouillant sur l'asphalte, mécontent agités, gesticulant, commentant les nouvelles avec bruit, rasant les devantures de& cafés et faisant mine de saluer qui, un homme arrivé, qui un autour en renom.
Les imbeurs n'ont habituellement aucune position sociale } si ce n'est celle de menacer de leur courroux, et de tirer quelques profits ; do leur profession. Ils décrivent nulle part, mais quand ils parviennent à promener leur plume malsaine et crasseuse dans une feuil'e de bas étage, ils crachent h profusion des insultes et des réclames payées. Ils adorent ’ principalement ce dernier genre et exaltent, — pour un louis, — les charmes de MUfl Ka- Lînska.
Retourner la médaille du tûmbem% le déshabiller complètement est chose facile.
G 'est un être nul et méchant. D'oïi vienLIl ? ■ — On l'ignore* — Un beau jonr on Ta vu | pousser entre deux pavés, comme un champignon h la suite d'une ondée.
Si vous ne connaissez pas ce jeune j
banquier en commandite, ce qui suit vous en donnera un aperçu.
Son coupé est du dernier goê t, sa maîtresse et ses chevaux du meilleur sang. — Madame étonne le demi monde par ses mises extravagantes, son air étique et chiffonné. Monsieur a so o cercle, ses petits soupers ; sa coquetterie
est proverbiale et se fortune ne Test pas moins* En un mot, il coule une vie molle et joyeuse*
Et le bourgeois naïf, qui contribue pour sa petite part, dans ce débordement de luxe, regarde passer avec envie le brillant équipage, qui emporte ces deux existences ~ dorées sur tranche — auxquelles rien ne semble manquer.*.
Voilà l'endroit.
Maïs un jour, un de ces jours où la nature s'éveille morne et grise, comme tourmentée par un grand événement, un bruit vague plane dans l'air* On parle bas, bientôt on parle haut, le bruit prend de la consistance, et tout le monde s'écrie en s'abordant :
— Vous ne savez pas la nouvelle ? on dit que X *. a pris la fuite et qu'il fait perdre beaucoup 1
— Vous ne me surprenez pas, répond un farceur, X,.. n'avait pas un sou à lui. . . u
Voilà l'envers.
M , Baroche, dans son compte général de l'administration générale de la justice criminelle, démontre clairement, au moyen de la
statistique, que la femme est moins criminelle que l'homme.
Gloire au sexe faible ! surtout à cette époque oü l’on est toujours poilé h « chercher la fera- Me » dans la moindre chose.
D’après le rapport de M. Baroche, « 338 accusés ont été déclarés coupables de crimes entraînant la peine capitale, savoir : 123 d'infanticides; 00 d’assassinats ; 76 d’incendies d’édiflees habités; 18 d’empoisonnements; 18 de meurtres accompagnés de viols ou de vols ; 6 de parricides, et 1 de meurtre d'un agent dans l’exercice de ses fonctions.
Mais la pemc capitale n’a été réellement prononcée. qm conlre 17 hommes et 3 femmes. 9 avaient été convaincus d’assassmats ; 4 d'incendies ; 3 de meurtres précédés de viols ; 2 de parricides ; 1 d’empoisonnement et 1 d’infanticide. B
Ces chiffres sont assez consolants et prouvent assez que les applications de la peine de mort s'effacent de plus en plus de nos codes ; les supplices douloureux disparaissent; les échafauds, — spectacles autrefois des rois et
des cours, — se construisent honteusement is. nuit pour échapper à l’horreur du peuple. Nos places, nos rues les vomissent, et de dégoûts en dégoûts ils se replient jusque dan s nos faubourgs les plus isolés qui bientôt les repousseront encore. Que reste-t-il donc à la société qui l’empêche de laver pour jamais ses mains?
Ce qui lui res e I Une erreur, un préjugé, un mensongo; l’opinion que la peine de mort,
(cet instinct brutal de la justice matérielle, cet instinct du bras qui se lève et qui frappe parce qu’on a frappé), — est encore nécessaire l
Les lois sanglantes ensanglantent las mœurs. La société et le criminel se regarderont-ils éternellement pour voir lequel des deux cessera ie premier d'être féroce ?
Les démolisseurs vont vite 1 Le vieux Paris se meurt et s’effondre sous les coups répétés de la pioche. Partout le passé s’efface...
ïci c’est une vieille masure lézardée qui s’écroule, là c’est tout uu quartier qui s’abat, — c’est lu loi, — ils ont vécu !... Plus loin oiï perce, on bouleverse, on rase encore, et ainsi de suite jusqu’à la dernière pierre de la dernière maison du vieux Paris.
— iâ
Vo:là pourquoi les vieilles traditions s teignent peu h peu j voilà pourquoi les souvenirs historiques disparaissent au milieu de tous ces bouleversements ; on assassine le passé au bénéfice du présent ! Attendons encore un peu, et aux quartiers entièrement neufs, il sera impossible de lire une date, une page de l*bis Loire de vieille ville dans la nouvelle qui s'achève.
Maïs, en revanche, nous avons des places magnifiques, des squares délicieux, des maisons superbes à sept étages, parlant plus cl 'air et d espace* L alignement, auquel n'avaient point songé nos pères, a diminué les distances* Avec lui, point de rues tortueuses, étroites, point de détours; des voies larges, commodes, qui mènent droit au but. Et de ci, de là* semés avec intention au milieu de la capitale* se trouvent des théâtres, des bals et autres établissements destinés à 1 amusement des masses. Si ce n*e£t pas ass^z, c'est beaucoup pour faire oublier*,*
Le quartier qui s'est métamorphosé le plus promptement et dont la fortune a é:é la plus rapide, est .assurément le quartier de la G haussée -d'Àn tin*
Il y a quatre-vingt-dix ans b peine , lep™fen
da terrain comprise entre la rue de la Ville-
l' Evêque et le faubourg Montmartre était encore exploitée par une compagnie de maraîchers et d’horticulteurs. 11 y avait la un chemin nord u qui conduisait au petit village des P™ obérons, d’éternelle mémoire, et qui s appelle aujourd’hui la rue de la Chaussee-d Antin
Ce chemin . perdu, qui devait être plus tau une rue si riche et si commerçante, reçut des noms bien différents. Il s’appela tour h tour Chaussée des Porterons, Chaussée de la Ferme de l’Hôtel' Dieu, Chaussée de ^ Grande- Pinte, et Chaussée-cV Antin, du nom de 1 hoLU A- Antin, appartenant à la famille Richelieu. Il porta pendant quelque temps aussi le nom do Mirabeau, qui est mort au n» 43, , et celm u Mont-Blanc, à cause du nouveau département français ; mais, sous le premier Empire, ü revint à son nom actuel.
Lame de laChaussée-d’Antin fut habitée par une foule d’illustrations. Grimm demeura au 11“ 3, Ne citer au n° 1, dans une maison qui devint plus tard la propriété de la célèbre il de Rêcamier. Au n« 9, la danseuse Cmmard
Jhahifa longtemps la splendide hôtel que lui avait fait bâtir le prince de Sou bise, sur remplacement des magasins de la C haussée- d* An in , C est au n0 36 que Fonlanes est mort, GYst au it 62 que mourut également le général orateur Foy en 1825, et qu’habifa Joséphine Beau harnais avant d'épouser le général Bonaparte. Enfin le cardinal Ftsôh, oncle de Napoléon Ier 5 demeura longtemps dans un hôtel situé au coin de la rue de la Ehaussée-d'Antïn et de la rue Saint-Lazare,
Pourquoi, sur une foule de monuments publics tels que nausées, casernes, bibliothèques, etc., lit-on en grosses lettres : Défense de déposer des Et pourquoi, aux alentours de certaines églises, Saint- 1 loch, Saint-Germainl’Auxerroîs, Saint- Euslache, par exemple, aperçoit-on de petits lieux lu l'humanité vient se soulager impunément?
Cela ne serait rirn, sans rôdeur forte et désagréable qui monte au nez quand on passe auprès de ces wnters-closets improvis^.
Il me semble, — jusqu à preuve du contraire, — que îe temple de Dieu mérite à tous égards le même surveillance que Von déploie en certains lieux, et qu’il sciait bon et facile de créer
de3 petits lit «a Où les passants pourraient se soulager, h l’abri du regard, sans encourir la peine d’une amende.
On trouverait, dans ce que je propose, le ré'psot de la chose sacrée, (si l’on y tient, — car les recoins do la maison du Seigneur ne seraient plus souillés) - et l’absence d’un parfum de mauvais goût.
Courbet rencontre Heilbuth ; on parle pein-
ture. .
! dit le maître d'Oraans, la critique
est parfois bien injuste. Ainsi, cette année, tout le monde me blague et personne ne dit rien de vous. Votre tableau cependant est tout aussi laid que le mien, n’est-ce pas?
On se souvient encore des péripéties de l incident Kerveguen dans la presse politique. Voilà maintenant que la presse littéraire est en désarroi à la suite d’un pamphlet, vilain écrit, ma foi 1 dans lequel son auteur, M . de Stamir. prétend prouver par a + b que la p u~ oartdts journalistes «vivent de tout, dans les >as. fonds où ils grouillent éperdus, de tout, excepté d'un travail avouable, v
Absinthe et dégoût !
S'il m'est permis de me prononcer sur cette comédie, — dont les trames sont si obscures que le plus clairvoyant nTy voit rien, — je crois que M. de Stamir est en? ré dans une voie de laquelle il sortira difficilement.