FRANCS
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Voici ce que dit à ce propos et fort juste mént VI. Feyrnet, du Temps :
» Il y a quatre ans, toute jeune encore, elle débute au Théâtre -Lyrique : sa voix est pure, sa physionomie, comme sou chant, a une saveur étrange qui lui gagne le public- On lui fait fête : la voilà adoptée. Du Théâtre -Lyrique, elle passe à l’Opéra î son succès devient triomphe. Dans ce triomphe, le mérite de la cli an te use est pour une moitié, la mode pour l’autre.
» Ou s’est passionné depuis cinq ans pour une diva brune; on veut changer de couleur, et l’on se passionne pour une diva blonde. Et, au bout de trois ou quatre mois, mademoiselle Nilsson, ingrate envers le public français, à qui elle doit sa renommée et sa fortune, est prête à lui tirer sa révérence, si on ne la paye pas deux fois plus qu’on ne paya jamais mademoiselle Falcon, la Sontag, la Grisi, la Mali bran, madame Daméreau, madame Viardot, madame Stolz, ces grandes cantatrices dont elle *st si loin.
Qu’elle y prenne garde, on aimait à croire
qu’elle était une artiste ; on va se dire «Ce „ n’était qu’une commerçante de talent ; c est a dommage ! *
Décidément, les hommes officiels ont des hardiesses de langage incomparables, qui, avec leurs métaphores, leurs boursouflures et leurs images incob éventes, prêtent pas mal a rire.
Yoici un fragment très authentique exhumé parle Gaulois — du discours d’un souspréfet, dans l’un des départeraeuts du centre, à l'occasion d’un concours agricole :
a La pomme de terre, dans son sillon profond, la châtaigne du haut de sa forteresse hérissée, accomplissent mystérieusement les phases de leurs destinées farineuses, w
Avez-vous jamais pensé cela des châtaignes et des pommes de terre ?
O! Parmentier, inventeur de la pomme de la pomme de terre, êtes -vous content?
Enfin non s jugeons avec non moins de nécessité q ne celai qui a fait le bien peut s’ab
Vendredi 7 août-
Toute la morale repose sur la notion du bien et d.u mal s et sur les caractères essentiels, inséparables de cette notion. En présence de nos propres antes, ou de ceux de nos semblables, no u s j ugeo ns n éces s ai r e ment q u e tell e ac ti o n est bonne, que telle action est mauvaise moralement À ce jugement: viennent se joindre deux antres jugements tout aussi nécessaires par cela seul que ragent qui a porté le premier est doué d Intelligence et de liberté; ainsi nous reconnaissons en meme temps que nous devons accomplir ce qui est bien, et éviter ce qui est raaL C'est là le caractère obligatoire qui constitue la loi morale ou le devoir.
Cependant, il arrive trop souvent en ce 1 monde que la réalité semble contredire ce principe fondamental. La peine et la récompense 11e sont pas toujours équitablement respectées pendant le cours de notre vie. 11 n’est pas rare de voir aujourd’hui le vice prospérer
tendre à une récompense, et que celui qui a fait le mal à encourir un châtiment. La rémunération c’est à- dire la dispensation du châtiment
et des récompenses, est fondée sur le jugement
du mérite- et du démérite*
C’est l’idée de la justice, idée primitive et nécessaire, fournie par la raison qui nous révèle que la vertu a droit à être récompensée et que le vice appelle une punition; c’est la un principe, un axiome de morale que nous admettons forcément, en vertu de la raison intuitive et non par déduction. Si l’on demande pourquoi la verte appelle une récompense et le vice un châtiment, il n’y a rien à. répondre5 sinon que cela doit etre ainsi*