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sans vergogne et la vertu lutter en vain contre les persécutions,
Il suffit de jeter les yeux sur le spectacle du monde pour voir Fiiéroïsmc et le désintéresse^ ment trop souvent en but à la haine et à la calomnie, tandis que la bassesse et l’egoïsrae usurpent la considération et les hommages de la foule. Ces contradictions apparentes ont presque leur raison dans la nature même de ] "homme et dans le but de la vie. Elles sont les conditions mêmes du vice et de la vertu; car sl les choses étaient réglées de telle sorte que le vice fût constamment puni et la vertu recoinpensée, le calcul le plus vulgaire suffirait pour nous rendre des gens de bien, et nous serions vertueux sans mérite.
S&rneûi. S août 1868*
C/est le 8 du mois d’Auguste, que les petits pamphlets rouges ont eu leur Saint-Barthéle-
my.
Jour néfaste pour la Lanterne. Les petits pamphlets rouges ont été saisis sur toute la ligne avec tant d’avidité que les numéros échappés à cette Saint-Barthélemy, taisaient prime à vingt-cinq francs vers les cinq heures du soir.
Jamais, de mémoire d’homme, journal saisi n’eut tant de succès ! On se souviendra du numéro 11 de la Lanterne. Je connais des gens qui l’ont copiée à la main, et d’autres qui l’ont apprise par cœur pour la réciter à leurs amis et connaissances.
uMuchado for nothing, comme;. dit Shakespeare»
; gw>sjppoMai
Ces cochers sont au courant de tons les événements et surtout d’une perspicacité surprenante.
Ün mien ami, gourmand de fine et franche littérature,— venant d’acheter la Lanterne' un peu avant la saisie, — voulut, pour ses trente cinq sous, prendre un fiacre à la course*
I/automédon, — un normand en train de lire YEtendoiv , journal qui n’ira pas sitôt chercher un imprimeur en Belgique, ■ — lui voyant le petit pamphlet rovge à la main :
— A 3a course! pas possible, bourgeois, à l'heure si vous voulez.
Etonnement de mon ami...
— Pourquoi?
— On arrêtera ma voiture,,.
Nouvel étonnement
i — Et pourquoi?
— Pour saisir votre Lanterne .
la Lanterne de mon ami disparut bientôt dans la vaste poche d’an monsieur qui flqnait pai là.
Di mantille il août*
À quelque chose maÜievT est bon.
X et Z * ? deux bohèmes du meilleur vin* — quand ils peuvent, - ont bien déjeuné ce matin. Voici comment :
X.„ invite Z.*., qui avait laim comme X...5 ce qui n'est pas peu dire*
T/j„. darde un regard d'inquisiteur sur K*.,, ignorant qui solderait la carte-.*
lis entrent. Ils mangent pour trois jours, et
boivent pour quatre. Enfin le quart d heure e Rabelais sonne : le. plus tort n’est pas de bien
manger, il faut payer. X,,* demande l'addition au garçon qui l'apporte. Z,** ouvre des y eux larges comme l'entaille du melon de V Eclipse. X.*. la regarde* la compte et recompte avec des yeux non moins grands ouverts que ledit melon. Impossible do se tromper*,, le coût de Fagape est bien de 15 fr. 7o*
11 fouille dans sa poche..* et mettant une Lanterne n° 11 sur la carte, il dit avec sang-froid au garçon tout ébaîi i :
— Rendcz-moi la monnaie***
Le patron vint lui-mûme lui rendre dix francs. Puis reconduisant X.*. et Z..* jusqu'à la porte avec beaucoup d'attention, ïl leur dit mystérieusement en mettant un doigt sur sa bouche :
— Revenez demain avec le même numéro, ,* ■Fai une commande*
11 paraît que les melons ne sont pas meilleurs b manger qu'à dessiner cette année*
Demandez plutôt à Y Eclipse, qui vient de sa
voir retirer l'autorisation de venté sur la vole publique pour avoir publié la charge d/un melon rugueux-. qui paraît, diU>n, très obscène avec sa large entaille au flanc.
Je n1 ai rien vu là-dedans, si ce n est que P administration n'aime pas le melon* C'est bien clair*
Je tiendrais maintenant à savoir si les navets et les carottes sont ce . jversifs accommodés au crayon. Après avoir entouré d’un mur haut de
quinze coudées la vie privée des citoyens, voilà maintenant que l’on protège celte des eucurbitacés et consorts*
Oh! M. GuillouteÆj dites moi, je vous en prie, que nous restera-Hl si vous nous enlever les légumes !
jwiwiSM; i
Lundi 10 août 1868,
Distribution des prix du concours général, avec discours latin cle Noël, professeur de réthorique au lycée do Versailles, — j’allais écrire Noël et Cliapsaî, l'habitude ! — Pourquoi s’exercer à parler latin? Il serait beaucoup plus utile d’apprendre à parler français. Je donnerais bien (0.20 c. le numéro) mille numéros de la Petite Lanterne , pour voir la figure cle Cicéron s’il entendait les plus purs jargons de-no s professeurs d'humanités, qui ont le langage le plus barbare, la plus bus empire — (ne pas donner à bas empire la signification qu'on vient de lui donner aux eaux).
M* Duruy a prononcé un discours d’une excellence*..
M. Du ru y est. professeur à TEcole polytechnique : il devrait savoir et il Scdt sûrement que
l’Ecgle polytechnique n’est pas seulement une école militaire ne fournissant que des officiers.
Au lieu de la mettre après l’Ecole de Saint- Cyr, il eut peut-être été plus juste de lu placer avec et avant les Ecoles des ponts et chaussées, des mines et des constructions navales, dont seule elle fournit les élèves. Je suis certain que les Ecoles des ponts et chaussées, des mines et des constructions navales ne se fâcheront jamais d’être citées après l’Ecole polytechnique, leur maison mère. A ce propos, nous recommandons à nos lecteurs un petit opuscule, écrit par M. Duruy, lu par M. Duruy à sa première leçon d'histoire a 1 Ecole polytechnique; ou verra que le ministre libéral se serait parfaitement contente de cette place de professeur dliisto^ru, qu'il a conservé , du reste*
Son Altesse le Prince Impérial a tendu la main à M. Chevreuil; il la lui a serrée avee cordialité. Le Prince portait un costume de
velours noir très élégant, sur lequel tranchait le grand cordon de la Légion d’honneur,
Le caporal Thibault* des sapeurs pompiers, aura, nous assurent- on, certainement la croix d'honneur, pour avoir sauvé dix personnes. Courageux citoyen qui n'a pas trouvé la croix dans son berceau, et qni a trouvé mieux d'aller la chercher dans le feu !
Le fils de l'ancien président de la République, Eugène Cuvai gnac, le neveu de Godefroy Cavaignac, l'un des rédacteurs de la Réforme ^ a mérité le prix de version grecque (classe de seconde),
M. Cavaignac s'est levé et n'a pas été recevoir ses livres*
Ce jeune homme se contenterait-il de s’inspirer des héros antiques que son père et son oncle connaissaient si bien? Yons parlez grec, je vous réponds en latin : iVe soyez pas Mar~ tellus !
toujours paru une troupe de
Mardi il août 1868*
Plus je pénètre dans ce mois d’ Av gus te, que les barbares Welohes ont surnommé août, plus je m’aperçois que le 15 dudit mois d’Auguste aura lieu la tête nationale.
L’allégresse atteindra, parmt-ii, son apogee, des hymnes seront chantés en l’honneur de la Paix, et le peuple français abreuvé, ce jour-là, de lumières, de liberté et de vin, dansera avec insouciance, comme si de rien n’était, et surtout comme sile 15 Août allait dorer étemellement.
Allons, moutons de Pamirge, dansez, sautez, grimpez aux faîtes des mâts de cocagne, et vous, pauvres, ces, c'est votre fête 1
singes que iÿon fait grimacer et rire à certaines heures. Mais parmi ees singes, il y a des tigres, et...
Vraiment ce bon public, qui nous lit et nous écoute, est parfois bien naïf. Ainsi, il formule de temps à autre une sentence , — qui n’est pas sans appel, Dieu merci, — et dit avec un aplomb impertabable : <t Tous les journalistes sont des canailles; » parce que deux ou trois coquins de lettres ont naguère étonné le mondé avec leur audacieuse spéculation.
Ce bon public ressemble, en cela, un peu à Sterne qui disait ; « Toutes les Françaises sont rousses, » par la seule raison que la première femme qu’il vit eu débarquant à Calais était rousse.
Eh! eh i brave public, toi qui aimes tanta savourer un bon scandale, a te délecter dans la tourbe où se vautrent certains polissons qui
«ni» f&etortf-
ne craignent plus les taches, dis moi, brave public, est-il bien vrai que si l’on fouillait dans tes castes, on ne trouverait pas de quoi t’amuser un brin à tes propres dépens? Crois-tu que si nous avons (les impurs, tu n’as pas aussi les tiens?
C’est toujours l'éternelle paille que l’on voit dans l'œil du voisin et la poutre gigantesque que l’on ne voit pas dans le sien.
Et pourtant cette poutre est assez visible, palpable! Quand on ne la sent pas, c’est une teinte.
Tdî. par exemple, tu es un banqueroutier frauduleux. Tu le sais, ta l’as été avec connaissance de cause. Faut-il pour cela accabler toute la gente commerciale et lui jeter à la face ect anathème foudroyant : « Tous les commerçants sont des canailles ! »
Allons, brave public, cesse d’accorder tes faveurs aux artisans de scandales, sans style et sans foi. Et, surtout, souviens-toi que pour deux ou trois coquins de lettres, — limaces
ÀcMte de Secondi gûé.
dont on vient de briser les carapaces , tu as également des coquins, dont le nombre t’effraierait, si tu les comptais !
Mais en avouant que si l’usage n’en fût pas toujours légitime, il faut reconnaître son utilité morale. Tous les travers qui troublent Tordre, tous les vices qui rompent rharmoiue du corps social, ne sont pas du ressort de la justice ; les arguments des philosophes, l'éloquence des prédicateurs manquent souvent leur but, qu’atteint la fine raillerie ou la vigoureuse peinture du ridicule* Quelle arme fortement trempée que celle du ridicule, puisqu’elle n’a rien perdu de sa puissance dans notre patrie et qu’ aujourd’hui encore, elle
Venge l’humble vertu de la richesse altière.
Et T honnête homme à piecTdu faquin en litière.
Pourquoi i 'augure Calchas ressemble-t-il au postillon de Lonjumeau?j
Parce qu’il a l’air laid. ( Les relais).
Les AJACTICIDES ou les Impurs J’HamiiuhctEr, paraissent à l’heure où vous lirez ces ligues. Nous sommes heureux de donner à nos lecteurs la primeur de quelques impurs ou ajacticides.
Avant de commencer, nous poserons à M. Hamburger cette question :
Quelle différence y a t-il entre Hamburger et Emile de Girardin ?
Réponse : Emile de Girardin fait une idée tous les matins, tandis qu’Hamburger fait un calembour tous les soirs.
C’est identiquement la même chose.
Passons maintenant aux Ajacticides.
Pourquoi la femme à Ménélas eat^elle estimée des cardeurs de matelas?
Parce que la belle est laine (la belle Hélène)'
À quel moment les chevaux sont-ils bien préoccupés ?
C?est quand ils sont affairés (à ferrer).
Que dit un Allemand quand 1 est enfermé dans un cachot ?
11 dit : Chaînais chné d’air (Schneider) *
Christian demandait a Grenier quel est le dieu qui ressemble à un âne ?
Réponse de Grenier :
C’est le Christ bi I han 1 (Christian) .
A quelle lemme fut dit pour la première fois | e mot : mon trognon ?
C'est à Eve ? parce que quand Adam eut
Quel' est le fromage qui ressemble le plus à une panoplie ?
C’est le livarot quand il est trop fait {£rophée)m
mangé la pomme, il dit à Eve : tiens ! prends mon trognon !
Quelle différence y a-t-il entre un coiffeur et un morceau de mie de pain ?
C'est pue l’un épile l'autre efface (pHe et
face).
A quel moment un homme peut-il être antropophage ?
C’est quand il mange un melon.
Qu’elle est la fête qui ressemble le plus à un évanouissement?
C’est la sincope (saint Kopp).
Quelle différence y a-t-il entre la porte Satnt-Martin et la porte Saint- Denis ?
11 y a la différence qui les sépare.
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opéra-comique. Les Dragons de Yïllars* vaudeville. L'Abîme, variétés, La Relie Hélène* gymnase* Fanny-Lear.
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NuméFû 8,
22 août 1868
LA