‹ La Petite lanterneChapitre 27 sur 50 · SOS · texte numérisé non relu

SOS

testations banales que vous écoutez tranquillement — vous avez foi, — 'mais prenez garde 1 ne vous laissez jamais prendre à leurs dehors, ni à leurs protestations, car vous seriez victimes de leurs ruses les plus infâmes. Us chercheront à vivre à vos dépens et aux crochets de tout le monde, sans arrière-pensée aucune; ils iront même à penser que vous devez vous estimer très heureux de leur rendre service.

Je ne veux pas taire de personnalité, mais je connais bon nombre de ces jeunes gens qui souillent et enlèvent la réputation des person-

nés qu'ils fréquentent en s’associant à eux.

À plusieurs reprises, je me suis mis à examiner attentivement leurs physionomies, ayant cru pouvoir saisir je ne sais quel indice qui puisse dénoter la souffrance d'une misère absolue. —Mais, au contraire, vous les voyez impassibles, toujours souriants, sans la moindre marque de contrariété; — l'on dirait, à les voir, qu’ils ont fait un pacte avec Satan et qu’ils ont juré de n’en pas déroger. C'est ce que Tou appelle les hommes forts.

Us ne craindront non plus de côtoyer leurs anciens amis qui leur a rendu un servie®, je n'ose dire plusieurs, et les ont un instant aidéa

à se relever de la misère dans laquelle iis se trouvaient. Mais, loin dereconaître un service rendu, ils vous toisent d’un air dédaigneux et protêt leur, ne voulant être les obligés de personne.

Honte à eux 1 — honte à ces jeunes gens sans cœur ni foi qui ne savent seulement re mercier dTun regard amical tout îe bien qui leur a été fait; ils ne veulent pas se souvenir, — c’est au contraire l’homme dupe qui doit prendre en considération d'avoir osé leur donner un morceau de pain.

Tous avez un ami qui vous demande un service, avec plaisir vous faîtes tout ce qui est

en votre pouvoir pour le relever de la misère* vous êtes son ami, et vous ne savez pas refuser* Mais cessez un seuljourderobliger, vous le verrez vous dénigrer partout, en se faisant bien venir par une ruse quelconque. Dès ce jour, vous n'aurez rien fait pour lui* mais vous aurez perdu dans son-estime, si estime il y a dans le coeur de ces honnêtes jeunes gens à 3dù modet qui s'accaparent du titre de fils de famille.

Certains hommes, beaux parleurs et grande pédants, se mêlent quelquefois de critiquerez q^ ils ignorent. Ordinairement ces hommes m

jugement faux sont poussés par la plus basse jalousie.

Le succès qu'obtiennent dans la presse ces jeunes laborieux et intelligents les rend malheureux, eux dont le cerveau vide ne peut rien produire. Leur capacité en matière de littérature, qu'ils sentent si bien et qn ils ne veulent avouer à personne, les aigrit et leur fait trouver mal tout ce qui n'émane d'eux, toute idée qui ne leur est propre; on les trouve froids et indifférents, quand ils ne sont pas malveillants et hostiles,

Pas une œuvre d'art qui ne passe h travers le tamis de leur critique haineuse, pas un livre nouveau qu'ils ne se promettent de cen-

fliirer. Leur basse envie et leur jugement faux ne les rendent pas plus aptes à juger l'œuvre de l'artiste que le travail du poète; semblables à un bête venimeuse* ils salissent tout ce qullg approchent et répandent leur bave sur tout ce qu'ils touchent, heureux encore si la réputation des gens dont ils attaquent les œuvres sort intacte de leurs

Un de nos confrères, annonce de nos confrères de la petite cheter sur ses économies, au vingt mille francs, Fhôtel

.‘fRtu.& âans la -villa Saïd, ave:

triûo.

Bt dire qu’en province on listes qu’ils sont des « manj

>aïd, avenue de l’Impéra-

0 j des

* crève -de faim 111 »

j'aime à croire que c’est une exception. Yrai- Mieut, nos provinciaux n’ont pas touj ours tort, et ■je voua en laisse juge, car, à mon avis, la vérité *e trouve dans ces simples mots : « Mange-tout, torève-de-faim, etc. 111» Ne trouvez-vous, comme moi, lecteurs, la comparaison bien appropriée.

A ce sujet, il m'a prié d'insérer une m>t® qu'il m'envoya pour faire connaître à leurs les menées de ce visiteur mystérieux :

tf Paris, 9 septembre 1 8£8.

» Je n'ai jamais trop compris le but que se proposaient certains individus en allant faire une visite à chaque ménage qui n'a pas passé par devant M. le maire. Cet excès de aèîe & lieu de surprendre, surtout dans un siècle oik la devise est: chacun pour soi et Dieu pour tous,

» A mon avis, il me semble qu'on devrait mettre très poliment ces messieurs à la porte^ en les priant, si la rage de catéchiser les tient* de monter des chaires publiques ou plutôt encore d'aller évangéliser les Turcs ou les Chinois,

Après mille civilités obséquieuses.* voici comment ces tartuffes débutent :

» — J'ai appris, disent-ils, que votre jhhbk tion vi s-à-vis l'un de l'autre est équivoque^ ï faut vous marier afin de régulariser tout ûéi&iâ

» Ce petit boniment vous est dit tTimoin^

Bière si doucereuse qu’on ne peut que tout simplement prier ceB messieurs de se mêler de leurs petites affaires en épargnant à l’avenir leurs visites.

h A-t-on besoin, je vous le demande, de ces beaux conseils ? Ceci touche fort à la vie privéô de M. Guilloutet ou je ne m’y connais pas. »

Quant h moi, je suis entièrement de cet avis, mais n’allez pas, lecteurs, formuler de mauvaises opinions à mon égard, ayant été seul l’instrument d’un de mes collègues, qui, probablement, a dû se formaliser de cette bizarre visite. —Le monde étant rempli de tels préjugés qui, je suis sûr, trouvera mal à moi d’a-

voir inséré cet article dans mon journal. Mai* tonie personne nJest pas d'un même avis*

Souvent je me suis demandé jusquJà quel point l'interdiction d'un journal sur la voie publique était utile.

Quant à moi, je crois à une trop grande sévérité de la part de PAdministration, qui ne se doute nullement qu'elle enlève le pain à ce* honnêtes gens qui ont la vente de différent* journaux et de quelques brochures.

je parcourais le boulevard il y a quelque* |ours, quand plusieurs marchandes m’ont demandé si elles pouvaient espérer à un nouveau journal de bonne vente. Ma foi* sans connaître ©xactement la détermination de ces messieurs, j’ai cm me faire un devoir de les consoler de leurs pertes en leur faisant espérer que ces différents journaux leur seraient rendus sous peu. Je me suis peut-être trop avancé, ma direz-vous, mais fai pu croire un instant que l'on ne serait pas assez cruel pour leur enlever leur pain journalier; et il me semble qu’en ces purs de prospéj'Ué et de progrès mieux vaudrait ne pas s’attirer la haine de tous ces mécontents qui pourraient n'avoir pas tort.

pensez-vous pas que les enfants de ces

pauvres gens attendent le soir leur père et leur mère avec anxiété* ne sachant si, après avoir fait Le calcul do leur journée, zi leur restera quelques sous pour leur donner du pain ? N’y a-t-ili pas a s s ez d e misé re e an s ch e rch er à ]■ augmenter par des mesures rigoureuses? Je comprendrais cette nécessité si elle était générale*

La vente d'un journal est interdite sur 3a voie publique, mais* messieurs les libraires n’ont pas à s'en plaindre, car ils en .profiteur* eux qui ont tous les avantages d'une vente forcée de plusieurs journaux et brochures qu'eux seuls ont le droit de vendre.

€ Veau va toujours à la rivière^ » dit le proverbe qui il* est pas faux.

Car !e riche s'enrichira et le pauvre restera pauvre.

L'on m’écrit de Lucerne (Suisse) que la reine d'Angleterre est venue prendre possession d'une maison de campagne bien connue des touristes.

Elle se propose, dît-on, d'exécuter plusieurs ascensions périlleuses. On la voit, l'œil alerte et le pied ferme, gravir les obstacles qui s'opposent devant elle, et se laisser glisser à tra-

Y©rs les précipices d*une profondeur inouïe sam la moindre émotion*

Quelle est donc sa joie de pouvoir prendre ses ébats* jouir de la vue de cette belle nature et de ce délicieux soleil dont Sa Majesté est si privée dans sa vieille et triste Angleterre où nul plaisir nrest à envier.

Mais sa joie est de courte durée, car on lui apprend que ses sujets, qui tous les ans se livrent aux excursions et sont* pour aimi dira* le gagne-pain des pauvres montagnards, s*abs-

tiennent de paraître dans les environs de Lucerne pour ne pas être importuns et par respect pour leur auguste souveraine.

Je ne sais pas ce que Sa Majesté décidera, mais je crois fort que ces bons Suisses, tout charmés qu'ils sont d 'héberger une reine, ne trouvent pas compensation, et qu'ils auraient mieux aimé que les choses restassent dans leur état naturel.

Encore une nouvelle LAWÏERWÜ

Je reçois à l'instant une note ainsi conçue :

« Paraît vendredi la Lanterne m$ Firmes. *

Qu’allons-noiis devenir si les. femmes s7çn mêlent? DJun côté* je n'ai qu'à les en féliciter, et je me demande pourquoi elles Sauraient pas autant de droits que nous, elles à qui bous devons d’être ce que nous sommes ?

Oh! je savais bien que les femmes ne resteraient pas en arrière. Aussi je souhaite à notre aimable collègue un succès qui sera sans doute mérité.

Bonne chance! — Nous verrons bien.

Lajpresse, à ce qu’il parait, se trouve dans

Disons aussi notre mot sur Marie Doryaî et empruntons «ette anecdote :

« C'était en 1827, pendant que Mme Dorval jouait à la Porte-S ai nt-Mar tin Trente am ou ia vie d'un Joueur * Un soir, dans sa loge, une pauvre habilleuse du théâtre lui demande sur une modeste robe de stofT qu'elle

un calme absolu, mais à qui sommes-no ns redevables de ce silence ? Los uns prétendent que o'eat à M* de Bismark auquel nous devons cette tranquillité h laquelle nous n'étions pas habitués depuis quelque temps; d'autre* disent que c5est reculer pour mieux sauter: nous attendrons donc les événement*.

voulait faire teindre. L'actrice feint de ne rien entendre* et ne répond pas; mais le lendemain, apportent une belle robe neuve et la donnant à la pauvre femme toute étonnée :

« — Tenez, dit-elle, voilà votre robe d'hier; je l’ai fait teindre en mérinos. *

Je vous assure qu'un fait pareil n 'arriverait pas au temps où nous sommes, quoique nos acteurs en renom soient aussi fortement rétribués. Que gagneront dans cent ans ces mêmes acteurs? Je vous laisse à penser.

Bade va fermer, dit-on. Grand désespoir parmi les joueurs que la fortune n!a pas favorisés jusqu’à présent. Ils espèrent jusqu’à Ja

fin qu'un coup plus heureux les récompensera de leur* pertes successives. — Quelles émotions I quelles incertitudes ! En un instant la fortune ou la ruine.

Grand désespoir aussi parmi nos belles dames, qui ne pourront plus étaler leurs éblouissantes toilettes; mais un plaisir succède toujours à un autre, elles retrouvent à Paris mille plaisirs qui les consoleront de Bade, et mille lieux où elles pourront encore se faire admirer.

Rue d'Amsterdam, on voit encore dans la vitrine d'une marchande à la toilette une cou-

— zn —

ronne de fleurs d’oranger portant, cette ins* cription : dïocêaswn*

Un gandin ayant au bras sa gandine sont arrêtés devant la boutique.

Passe un Gavroche qui dit au gandin ea montrant la couronne :

— Dites donc, ro'siep, payez donc ça à madame t

L’autre jour, dans un village* un prêtre s'adresse à un jeune paysan ;

— Savez-vous, mon ami, ce qu'Àdam a perdu dans sa chute ?

Le villageois reste silencieux et pion tête dans ses mains en murmurant :

Qu'est-ce qu'il a bien pu perdre dans sa chute ?

Tout à coup son front s'éclaire et il s'écrie : — N'est-ce pas sa easquette, monsieur ?

Une nouvelle qui ne manquera pas d'intéresser mes lecteurs. On lit dans le Gaulois :

LE ZÛUÀYE JÀGOB, — On se souvient du fameux zouave Jacob et du bruit qu’il fit dans Paris* alors que des cohortes de laient le trouver rue delaRoquelie* où il

naît ses consultations. On sait aussi comment 0 cessa brusquement d'exercer le métier ûm guérisseur.

Depuis ce jour* on n'avait plus entendu parler de lui, et beaucoup de personnes croyaient qu'ii tétait retiré dans quelque profonde solitude, renonçant pour toujours à soulager ses semblables. Il nTen était rien; Jacob a reparu, et il est maintenant rue de Caen, à Passy, où il continue, comme autrefois, à donner des consultations.

Mais un interrègne de quelques mois semble a y o ir c on si d érablemen t dimi n u é sa p o p u 1 a r i té . Ce ne sont plus ces nuées de malades, boiteux,

güïtreuXj manchots, paralytiques, qui encombraient les abords de sa demeure, rue de la Roquette, et en faisaient une sorte de Cour de* Miracles. L’enthousiasme n'est plus aussi grand, l’empressement du public n'est plus le même. Le changement de quartier est peut* être bien pour quelque chose dans cet attiédissement de la foi. L’aristocratique quartier de Passy ne ressemble en rien au faubourg Saint- Antoine.

Il ne faudrait pas croire cependant que Jaeob manque de visiteurs; ses consultations ont lieu tous les jours, et, tous les jours, environ cent personnes vont lui demander le soulage-

ment de maux que la médecine a été impuissènte à guérir. Cent personnes, c'est beaucoup, *ana doute; mais comparé à la foule qui se pressait rue de la Roquette, ce chiffre est mesquin*

Jacob opère-t-il des guérisons? Nous ne saurions le dire. Nous n'apprécions pas, nous racontons* Tout ce que nous pouvons assurer* c'est que son pouvoir de guérisseur — vrai ou faux— est mis à tout moment h de rudes éprouves. Avant-hier, une femme, demeurant rue de la Pompe, âgée de quatre-vingt-quatre ans, est allée lu! demander la guérison d'une surdité opiniâtre dont elle est affligée depuis plus de vingt années* Elle y est entrée sourde, et sourde elle en est sortie; et comme on lui faisait observer qull nJ était pas au pouvoir de l'homme de supprimer certaines affections inhérentes h la vieillesse :

— Dame! a-t-elle répondu, puisqu'il fait des miracles 1

T, Mau itou.

M. et Mme G emy

{Suite.)

Mans mari se laisse glisser sur le tapis, passe un pantalon et disparaît dans sa chambre pour y procéder à sa toilette .

Quelques minutes se passent, madame, qui avait fait semblant de se rendormir, donne un violent coup de sonnette qui amène sa camériste.

Toute femme qui veut tromper ou trompe

son mari se fait une al fiée de sa femme de chambre*

— Il est parti?

— Pas encore*

— B entrera-t-il pour déjeuner?

— Monsieur a dit que madame ne l'attende pas s'il n 'était pas à l'heure.

— Bien j habille-moi. Et la dame de se laisser glisser du lit à son tour et d'insinuer ses petits pieds dans des babouches doublées d’astrakan.

Je tous ferai grâce de la description de l'héroïne, qu'il vous suffise de savoir que, quoique un peu forte, c’était une jolie femme au demeurant

— Tu ne sais rien, Mariette ?

— Que voulez-vous que je sache, madame? fît la soubrette en étalant une robe de soie mauve sur un ottomane.

Tu ne l'as pas vu ?

— Qui? reprit Mariette jouant l'étonnement.

— M. Duliem ?

— Hier soir, vers neuf heures, il m'a remis un billet.

— Et ee billet?

L’enveloppe fut déchirée.

« Chère madame et amie .

» J’espérais vous voir hier soir, lorsque j'ai appris que votre mari vous emmenait à la première représentation du ballet nouveau,

* C'est une triste soirée que je vais passer; elle me fera mieux sentir tout le prix de mon bonheur.

n Mon cœur à vous ,

» Febdinand Duhem. »

u P. S « — Pourrais-je venir demain ? Vous me l'annonceriez en laissant les persiennes de votre chambre entrouvertes. »

— Comme il m’aime, le pauvre garçon I II

en e^t presque hôte parfois; mais c’est à: rè' gle, on dît bote comme un amoureux; je crois que je l'aime un peu, ma foi î

— Moi, j'aimerais tout le monde si j'avais? un mari aussi insupportable que monsieur : jamais chez lui, toujours à ses affaires, et pas aimable du tout.

— Tu as raison; pauvres femmes que nous sommes 1 Je l’aime pourtant, ce monstre de mari, et s'il me trompait...

Mariette sourit sournoisement.

— Madame le trompe bien, elle !

— C’est sa faute, par dépit; du reste* jusqu'ici rien n'est perdu*

La soubrette sourit derechef.

— Pourquoi ris-tu ?

— S’il vous trompait, lui?

— Il en est incapable,

— Qui sait?

— Aurais-tu découvert quelque chose, par hasard ? Dès, parle î

Farta* — Imprimerie Kugelmann, 13 }ruo G range- Batelier

PtèceÇcn veuve

opéra, lîamlet.

français. Relâche*

opéra-comique* Le f Dragone do Viliare* vaudeville* LT Abîme, variétés* La Belle Hélène* gymnase* Fanny^Lear*

falais-royal. Les Mémoires de Hiœi Bamboche. gaîté* Lee Fugitifs*

AMBIGU-C0141QOE. Prise de Pékin,

Numéro 12,

19 septembre 1868

LA

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