‹ La Petite lanterneChapitre 32 sur 50 · CH · texte numérisé non relu

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dans ces pages... Ils en seraient impitoyablement rayés ; ce n’est donc point la peine de les écrire ..

Que vous en semble?

hn y réfléchissant bien cependant, je crois me rappeler que sons l’habit constellé de l'orateur, du ministre politique, battait le cœur d’un artiste,

Je laisserai donc à qui de droit le soin de dire de quel pur éclat il fit briller aux yeux des cours ces riches broderies que tant d’autres ne savent que ternir, pour saluer une dernière fois dans son néant celui qui sut si bien airm r les arts, celui que ses hautes destinées publiques n’empêchèrent pas de se faire le protecteur des souffreteux de l’intelligence, ceb-i

qui raya du lugubre martyrologe des lettres

des noms, connus pourtant, qui allaient être fatalement couchés, celui enfin qui étudia si profondément cette question encore irrésolue

de la Propriété littéraire, cette question, notre vie à tous, notre avenir à ceux, à celles que nous aimons, à nos femmes, à nos enfants). ..

M. Ic comte de Wâlewski est mort- Honneur à sa mémoire ! paix à sa cendre ! Celui dont il fut le confident et l’ami le pleurera sans doute... Jamais larmes ne seront mieux méritées, car jamais dévouement plus désintéressé ne dormira dans la tombe.

Depuis longues années nous n’avions pas eu à faire de ces oraisons funèbres-Ià.

Le hasard ne me fait tomber, cette semaine, que sur des événements, des faits ou des écrits plus importants les uns que les autres, mais qui me sont d autant plus prohibés qu 1 ^

JSjjSNK* de vous être ra-

Ainsi, crovez-yous qu'il ne m'esl pus cruel üon dl’nT “°Mr l°°‘ simPlcm»‘ publica-

y6 ssïf t

J irais meme jusqu’à vous luire pressenlir dé ’ ™f «* » W'I contient et tout ce n y trouve pas facilement quand Ou u'esTu ” u courant de I. question; miis d„ ^ |“f

sguerai pareille aventure... H men cuirait J Du tgsèg mon i ci j-, i n . M*

encore trrm rl?, Ia Pet^^nterne est e trop présent a mon souvenir.

san^mï 06 qüQ je V0US dîs*Ià» en connais-

«r,^rou:,crri8,cw"^'“

que je sois fou."' ‘ n“ “ ■»« dit encore

Je me contenterai donc de vous offrir le titre de l’ouvrage. Le voici :

Révélations sur V Intervention française au Mexique de 1866 à 1867, par R. de la Sarre yrie , rédacteur m chef du Journal d’O riz av a .

Et maintenant, si vous aimez à lire Thistoi- , o, l’histoire vraie, authentique de la trop célèbre tragédie mexicaine, ouvrez l’ouvrage bd question..., vous n’aurez pas perdu votre j temps-**

Geoi u*est point une réclame ; j écris ce que je pense. L’auteur dudit livre ne m’est point connu, et je crois bien taire en le recomman- ] d an t à mes lecteurs. <

Avouez qu’une semaine aussi féconde cîi émotions de tous genres ne pouvait décem-

ment se terminer sans duel. Aussi duel y a-t-il eu, et sur les frontières de lu Hollande, s’il vous plaît... Pourvu qu’un jour nous n’allions pas nous donner des rendez-vous à Nouka- Hiva,,t

Les deux adversaires étaient MM. Henri Rochefort et Ernest Baroche, le fils du ministre de la justice et des cultes, deux adversaires pour de vrai I

On dit que ces messieurs — je nJaî pas de peine à le croire — ont loyalement fait leur devoir, dont acte leur a été donné par toutes les voies officielles et officieuses.

Le courage du rédacteur de la Lanterne nous était connu de longue date, mais celui de M, E. Baroche était pour nous lettre morte. Désormais, grâce à cette rencontre, nous saurons

à quoi nous en tenir sur ce chapitre... "Voilà donc un brave, de plus avec lequel il faudra maintenant compter ; voilà un nouveau nom à inscrire sur le livre d’or des disciples du Ju~ germnt dô Dieu} et certes ils sont nombreux les croyants de cette fanatique religion, les défenseurs de cette Eglise sanglante.

Que voulez-vous?... "Voir des hommes intelligents reculer ainsi à pas de géants vers les brutales périodes du moyen âge, alors que tant d'autres usent leur vie et leur génie à avancer, même à remonter le courant des idées réactionnaires, c'est vraiment triste,*,, mais, après tout, cïest logique. L'inconséquence n’est- elle pas le fond de la nature humaine ? Que faire à cela?

Ce que Ton fait de toutes les inconséquences, en rire et p asser outre.

Le succès de la pièce de M. Edouard Cadol s’affirme de plus en pins. Les Inutiles font florès au Théâtre-Cluny. Chaque soir le jeune auteur et les artistes qui interprètent son œuvre y sont -vivement acclamés. Les journaux du grand format offrent déjà l’hospitalité de leurs colonnes à l’heureux écrivain. C’était justîee-

M. Edouard Cadol n’a plus qu'à marcher désormais; les chemins lui sont ouverts,

A qui le tour, maintenant? demanderait M Prud homme.

Le curé d’une des superbes églises nouvellement construites aux eD virons de l’Opéra a paraît-il, le sysLème nerveux très irritable! Il n aime pas à être agacé, et par malheur les cloches de son clocher l’agacent... Aussi les a-foih carrément supprimées de motuproprîo.

Donc, à partir de ce jour, — riches, vous

êtes prévenus, — pour ménager le trop sensible tempérament de ce bon M. le curé, les cloches de la paroisse de. .. ne sonneront plus, et baptêmes, mariages et décès se feront à l’ombre du silence du Sanctuaire. Le bronze ne dira plus à vos concitoyens vos joies ou vos do uleurs,

A part ce qu'a d’ anormal tt de peu canonique ce petit acte absolutiste, je ne suis pas fâché, pour mon compte et pour celui de bien d’autres, que ce prêtre ailles nerfs aussi irritables*

Hier, un homme a failli être écrasé par une lourde voiture à l’intersection des rues du

Faubourg-Montmartre, Cardinal-Fesch et LeAhl-

letier. Ce carrefour est très dangereux pour les nombreux piétons qui le traversent... Pourquoi l’administration municipale ne l’a-t-elle pas encore orné d’un trottoir-refuge? 11 n’en

manque pas ailleurs pourtant et à des endroits qui ne sont pas aussi scabreux à franchir.

Il y a un pont à La Y a r e n n e - S aint -Mau r , sur la Marne.

Je ne vous apprends rien de neuf* allez-vous me dire? Je le sais; mais ce que je vais vous apprendre, car vous ne l'avez peut-être pas remarqué, c’est que la baraque du receveur — il n’y en a qu’une — est plantée comme un terme au beau milieu du pont, à l’entrée duquel, sur une grande planche en bois, sont écrits ces mots : Défense de mettre le pied sur le seuil du puïif sam avoir pape.

Yous figurez-vous Fimpatience du voyageur qui, voulant passer ledit pont sans outrepasser la défense, bêle en vain le gardien?*. Le bonhomme, enfermé dans sa maisonnette, dort ou n entend pas. A-t-il oui ou non raison, ce voyageur, d être fortement agacé?..

Transportes donc une baraque de gardien à chaque entrée dupont et tout ira pour le mieux.

Ceci a été entendu dans un des resta urants do Palais- Royal,

La salle est pleine de convives. Les tables, sauf une autour de laquelle sont assis le papa, la maman et une adorable petite fille de dk ans, ne sauraient recevoir un hôte dé plus,.. Un monsieur entre; il lorgne, il cherche une place et finit par découvrir la seule qui puisse lui être o de * te*,. Il vient tranquillement s?y asseoir et se met tranquillement en àrain de festoyer.

La petite fille regarde beaucoup l'étranger. Ses deux grands yeux bleus n'ont pas trop lpaîr de comprendre le pourquoi de la présence de cet homme à côté d'elle,,,

— Maman, dit-elle enfin tout haut3 est-ce

avec

que tu as invité ce monsieur-là à dîner nous?

MM. les braconniers sont h la hausse. Les panneauteurs font prime. Bêtes à plumes el à poil ne savent plus où loger et tremblent de déloger.

Les gardes champêtres sont sur le qui vive ,, Plus d en déjà a trouvé la mort dans cette lutte quotidienne avec ces bandits de la plaine... La terreur est dans le camp des Nemrod bourgeois!

Qu’est-ce à dire? Les lauriers des brigands de la Calabre empêcheraient-ils nos maraudeurs de dormir? Et voudrait-on nous rametier an bon vieux temps des Amadis de Canle 7 Indien! messieurs, vous choisissez fortiïiàl votre temps et votre époque.

Madame l'Académie n'est pas souvent chez elle. Gomme madame Benoiton, elle est toujours sortie...

Pourquoi donc ces retards dans les réceptions solennelles? Elle nous en doit deuï... Nous les réclamons ou gare les Lampions !

Aurait-elle oublié, par hasard, qu’lele a daigné faire asseoir M, Âutran sur le huitième fauteuil qu’occupait M. Ponsard, et que, de par sa volonté suprême, M. Claude Bernard hérite du premier fauteuil qu'illustrait avant lui M* Flourens ?

Puisque j'en suis à rafraîchir la mémoire à cette bonne vieille dame, je me permettrai de lui rappeler aussi que le vingt-quatrième fauteuil est libre par suite de la mort de M. Yiennet... et qull n’est pas encore occupé...

Ya-t- elle penser au moins cette fois à MM.

Théophile Gautier, J. Janin, Philarète Chasles ?...

Je l'ignore, mais je ne le crois pas, hélas 1

L’année dernière, le pape Pie IX daignait envoyer à Isabelle II, — alors reine d’Espagne, — de toutes tes Espagnes, la rose d’or qu’il a l’habitude d’offrir tous les douze mois à une souveraine catholique. La bulle pontificale porte que ladite rose est adressée à Sa Majesté Ibérique en récompense de ses vertus et de la pureté de ses mœurs I

Tous avez bien lu?„,

Qu eussent dit les Romains si la prêtresse de Yesta eût tressé pour le front de la chaste épouse de Claude une couronne de lys et de fleurs d’oranger?

J'espère bien que l'année prochaine la reine de Mohély sera gratifiée de la rose papaîe.

Elle n'est pas catholique, c'est vrai; elle a la peau noire, je l'avoue ; elle n’est môme pas aussi jolie que quelques-unes de ses charmantes sœurs du continent européen, fy consens, mais, à cela près, elle a peut-être une foi plus saine, et pour sûr une âme plus blanche que bien des princesses qui, depuis des siècles, ont reçu des mains du successeur de Pierre cette fleur si désirée !

Par fs ventre à terre , c'est la pièce du jour ; c'est le mot de la veille, c'est aussi celui du lendemain,.. Aujourd'hui, tout galope, tout court ventre à terre ; le vélocipède gagne nos rues, nos boulevards et nos bois ; il va monter sur nos scènes; pourquoi n'escaladerait-il pas bientôt nos quatre étages?

Je ne désespère pas ue ie voir accomplir cette ascension là.

, 0n Vlt en Cüuraut ; on pense en trottant ; on mme en galopant; on hait, on trompe, on se trompe et on se tue en triplant l'infernal galop, en chauiïant à hlanc la machine morale.

Pourvu que tout ça n'éclate pas un jour ! Pourvu qu'en un tremblement , plus terrible cent fois que le tremblement de terre du Pérou, ne s’efïondre cet amas h i deux de passions léroces qui se tâtent, se heurtent, luttent et se terrassent sans cesse î

Le jour où la famille vivra en vélocipède..,; le jour où elle enfourchera le tricycle moral'

« Dans le train qui, dimanche soir, a ramené de Bade à Paris M. et Mme de Caux, se trouvait aussi leur ami, le marquis de Chavane, dilettante bien connu et connaisseur aussi fin en matière de grands vins que de grandes voix. Entre autres propos de wagon, il paraît qu'il a annoncé 1 intention de donner à un

ce jour-là [evez la tête, lecteurs, le ciel sera sombre; abritez-vous réimporte où, car la foudre sera proche, car vous l’entendrez gronder à T horizon .

Yüulez-vous un exemple de plus de ce que la vogue peut inventer quand elle flatte une idole du jour, quand elle lui sourit, quand elle l'encense? lisez Tentreûïet suivant que je détache de la Gazette des -Etrangers'

champagne Patti,

nom de Champagne-

11 y a du bruit dans Landerneau,

La révolution espagnole a donné au Jockey-Club parisien — voyez- vous ça? — ridée de faire aussi la sienne. Ces messieurs ont une reine, ils ne veulent plus de leur reine. Les enfants gâtés sont tous les mômes et les nobles membres du cercle le sont entre tous.

Donc, Isabelle la bouquetière — elle s'appelait Isabelle aussi — ne plaît plus aux rois du turf .. les bouquets qu’elLe leur offre ont de parfum, pour eux son sourire n’est aussi pur, pour eux ses yeux n'ont plus de charmes, Les ingrats!

Grandeur et décadence! Isabelle n'est plus Isabelle.,, Isabelle a ou va déposer son sceptre,.. Ira- 1- elle à Bayonne pleurer son règne fleuri ? Elle y trouverait une dame infortunée qui pleure, elle aussi peut être, des lames inutiles,.» Ces deux grands débris se consoleraient ensemble.

Le Jockey-Club est essentiellement dynastique. Aussi a-t il choisi un successeur à Isabelle. Ce sera, paraît-il, Mlle Gabrielle de la Périne, la jolie vendeuse de journaux du boulevard élégant. La nouvelle prétendante est de Séville, du pays des amours. Elle est, dit-on, le seul soutien d'une vieille mère infirme et de cinq ou six frères et sœurs en bas âgm

Si Mlle Gabrielle parvient à remporter sur sa

rivale, elle sera bouquetière du Jockey -Club et ce n’est pas peu de chose, savez-vous?

Déjà les champions sont en présence. Le Gaulois s est déclaré hautement le trouvère de la jeune souveraine ; le Figaro ~ le malin — suscite^ de son côté, à l'aimable Àndalouse une troisième aspirante dont il ne dorme que les initiales.

Qui gagnera des trois ?

* Ht

En garde, mesdemoiselles, et faites votre devoir.

Que la victorieuse se rappelle seulement que les sceptres sont lourds à porter, que la fortune

est aussi capricieuse que jolie et puisque comme la femme,

Souvent elle varie.

Bien fol est qui s'y fie-

Justice s'est faite. , , La France a un bote de plus,*» Cet hôte ejt une femme,,, Respectonslà , carie malheur est respectable.

Amèdée Désà^bré.

Une Histoire vraie W

{Suite et fin.)

Sa prière achevée, il s'en fut au loin. ., à dix kilomètres de là... frapper au Mas des Olivettes , chez Branchu, le garancier du hameau.

C'était le soir, alors,

La nuit déjà s'était faite! nuit sombre et

(1) Voir le précédent numéro de la P Mite Lanterne.

lourde ; sombre comme les pensées de Jérôme* lourde comme le chagrin qui pesait sur son âme.,*

-—Qui va là?,., demanda sèchement le paysan,

■ — Moi,,, Jérôme h, * l'ami Jérôme 1 répondit le fils de Bruno t,

. C'est mon Jérôme* dit avec câline rie une

douce voix à Brancha.,, Père, va lui ouvrir î

Cette voix c'était celle de Mianette, la faneuse*

De Mianetfce* la fille du garanciePj

De Mianette* une robuste vierge de vingt ans,

De Mianette* la plus belle paysanne parmi les paysannes des bords dtl Rhône,

Mianette aimait Jérôme* c'étEiit le promis de son cœur ;

Jérôme adorait Mianette, c’était la fiancée de son âme L*,

Bran chu ouvrit le mas au fils du mort,.

Le fils du mort était pâle, très pâle ; deux larmes grosses, brûlantes, descendaient îentemenfc de ses grands yeux noirs sur ses joues.

— Qu'y a-t-il, Jérôme ?... pourquoi donc te voilà ici, à cette heure Qu'as-tu?,., dis... par saint Pierre, mon patron,.* qu'as-tu ? demanda le garancier,

— Mon père est mort !... répondit sourdement le fils du vieillard...

Baptiste?.., exclama la jeune fille toute désolée.,, notre ami Baptiste est mort !„,

— Brunot !... mon vieux Brunot !... larmoya le père Branchu,

Et le paysan et Mianette la belle, comme happés par la foudre, cachèrent dans leurs mains leur front, ., leur front qui venait de se voiler de deuil.

- ïïi -

— Oui, mort ! reprit le patmre orphelin désespéré, mort hier matin, sans 1 avoir vu, sans avoir pu l’embrasser I mort sans avoir reçu sa bénédiction dernière !...

Ne pleure donc pas ainsi. . Jérôraa!,..

tu me fais du mal... Yois !... lu déchires i âme de ta Mianette I Baptiste t’aura béni sur son lit de mort... pour ça, c'est bien sûr. . car il t’aimait tant, le brave homme !...

Non î.,. insista douloureusement le fils

deBrunot... il m’a maudit, à ce que prétendent mes frères... ils viennent do me chasseï comme un misérable, comme un vagabond, sans même m’ouvrir la maison paternelle.

Et le sombre désolé conta au garançier ce que lui avaient dit, ce que lui avaient fait ses frères de Roquemaure...

— Tes frères sont des monstres h pendre ! s’écria le vieux Brancha avec une franche colère... Us sont jaloux de tes vertus et de ton courage... ils ragent de le voir amoureux et aimé au mas des Olivetti ... Oh ' q u ils tremblent les drôles... car la justice de Dieu est

comme ce poing-là, vois- tu 3 elle jjcise ceux qu'elle touche... et ils seront touchôs tôt ou tard !... J’en jure Dieu sur le saint de mon âme !...

Ei le garancicr, laissant lourdement retomber son poing sur une table rustique* la fendit en deux.

— Ne jure pas ainsi, père, supplia Mîanette les mains jointes, ses grands yeux levés sur le terrible vieillard. Calme- toi I *. ça te fait monter le sang au cerveau.*. Ne sont-ils pas assez malheureux, les misérables, de ne pas aimer Jérôme I... Ne pas aimer Jérôme, père, n est-ce pas efcre déjà puni.** et puis*., nous deux, ne raimerons-nous pas pour eux quatre ?.**

La naïve paysanne soudait, douce, jolie, mais pâle, à rhonnête paysan, qui mâchait nerveusement sa grosse mcuslache grise.

Jérôme, lui, na pleurait plus!.,* il avait tout oublié... Mianette, sa sainte belle, sa madone de la terre, était là.,* Ilia priait comme

on prie les anges... il l’invoquai fc comme invoquent les amoureux affolés.

— Jérôme, fît tout- a- coup Branchu, je leur pardonne à ces brigands, car, toi, tu leur as pardonné... Puisque notre bon Baptiste est mort, moi 5 Branchu, le garancier, moi, je serai maintenant ton père ; tu prendras une bêche, nous creuserons ensemble les sillons dans les champs... Mianette sera toujours ta sœur, ton amie, pendant un an encore... puis, si tu le veux, elle sera ta femme.. .

Lés deux am o u r en x s c r e gardé rent . . , Dans leurs yeux brillaient des larmes de bonheur... perles d'amour !...

— Allons... voyons... espiègles I... maugréa le père Brancha tout en souriant... c’est l'heure de la prière du soir!... n’aîlons-nous p asT oublier ?... Nous devons un Pater à Dieu et un De profundism pauvre mort !... Demain, Jérôme* nous irons demander à cette vaillante bêche, moi le pain quotidien, toi celui du pardon ... le pardon des injures fraternelles !...

Le père Branchu, Jérôme et Mianette s’agenouillèrent.

Jérôme travailla sans relâche } s Dus gard de Dieu,., Jérôme fut aimé, estimé de tous dans les environs.

Brancha promit au bon Jésus de ne pins jurer*,. Jérôme pria pour ses frères de Roquemaure.., Mianette ne pria pas, elle, on plutôt e;le pria avec ferveur, car, avec ferveur, elle pensa à Jérôme...

Puis... Bientôt, tout reposa Qhveiïes ... le garaneier sur son grabat de paysan, Mianette sur sa couchette virginale, Jérôme sur une fraîche litière du grenier à foin...

Les fils ingrats de Baptiste Brunot s'enrichirent... Mais, pins tard, le feu du ciel détruisit leurs récoltes, brûla leurs fermes et fit pauvres ceux qui avaient maudit Jérôme le pauvre I

Dix-huit mois après la mort du vieillardj Jérôme épousa Mîanette, la belle.*.

Ils s’aimaient, et ils connurent le bonheur.

Dans Roquemaure on disait alors :

— Défunt le brave Baptiste est au ciel, puisqu’il bénit si bien ceux qui le méritent !... Dieu est juste !...

Le vieux Branchu regarda toujours de travers, tout en leur pardonnant, les quatre frères de Jérôme... les quatre paysans haineux.., les quatre jaloux., .

Les biens de Jérôme se multiplièrent comme le grain de senevé.. .

Il devint riche et ne cessa d’aimer ses frères, qui ne l’aimèrent jamais...

ÀMÉDEE DlÊSAKDRÉ.

Le direcieur-gèronî : Tu. Mauxioïï.

Paris. — lmp, Kugel ma nn, nie Grande- Batoliére, 4 3.

Paria, 10 Octobre 1863

iva n

Afllédéfi' O.ÉSAJÏORÉ

Chers lecteurs,

.^“tarpMdec“5srieheM»“«-

M. Amédée Désandré, retenu chez lui deluU nn<1 ''0UrS’ P3r UnB ^disposition qui ij to‘p„e ™,;t de s’occupet d°

impressions quotidiennes ' ’ d?fe?

Sachant qu’il avait en portefeuille de quoi

vous dédommager amplement de cette fâcheuse déconvenue, je lui ai demandé une nouvelle a

votre intention*

Il m’a donné le

Je vous l’offre.

Il ne m'appartient pas de vous faire l’éloge de ce petit roman de mon cher collaborateur.

Lisez-le,

Je ne crois pas que vous m’accusiez d’avoir en la main malheureuse.

Samedi prochain, M. Désandré «prendra sa Causerie hebdomadaire la fin du

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