‹ La Petite lanterneChapitre 39 sur 50 · GAGA 3T0UT · texte numérisé non relu

GAGA 3T0UT

Laliredujeu... au fond, je crois que ce chambellan a été apprenti typographe chez Vallée, Latiredujeu (son épingle) m’a expliqué alors que le Temps, qui est plein de mépris pour les petits journaux, avait simplement voulu dire que l’aîné des fils de M. Bourgaud parlait l'éthiopien et le gaga itou (et le gaga aussi, comme on dit dans la haute société du Faubourg-Antoine).

Cette explication m'a suffi et mon mépris pour le Temps... qui n’est pas de l’argent, à ce qu’il parail, s’est accru itou.

Tous ces journalistes sérieux, voyez-vous, ce sont des farceurs qui en imposent par leur tenue.

Lundi dernier j’en ai lu une qui m’a paru roide, dans le Journal de Paris. M. Hervé, directeur de ce journal et qui fait des opérettes dans lesentr’actes, venait départir pour le Havre où l’on joue son OfcV/fl) lorsqu’on découvrit à la seconde colonne de

(!) Si M. Hervé m’écrit que je fais confusion, je déclare flûte je le savais bien .

la deuxième page le département des Couchcs-du-

Rhône. ,

Latiredujeu lui-même n’a pas su m expliquer cela et j’ai en vain sollicité une audience de M. 11a-vu-le-monde (jui, à cause de son nom, aui ail pu éclaircir ce mystère. Mais M. H-a-vu-le-monde, ne s’étant arrêté à Paris que juste le temps de prendre quelques renseignements sur LOüise-la-Blancliisseusc, je n’ai pu obtenir mon audience.

Je pourrais bien écrire à H. de La p rade à ce sujet, puisque M. de Laprade m’a écrit; mais M. de La brade me parait plus grincheux que moi. ^

Ce M. de Laprade est-il l'académicien ? C est probable, car il me reproche amèrement de ne pas écrire la Chandelle en français.

Je pourrais bien lui répondre ; — EL vous?

Mais je préfère lui donner une raison autrement péremptoire et la voici- :

— Est-ce que Cicéron écrivait en français.

Mon, n'est-ce pas? t

Est-ce que ça Va empêché de passer à la poste- J ri té 1

Non, n'est-ce pas?

Laissez-moî donc tranquillement marcher vers !e temple de Mémoire et faites des vers dans le même but si vous voulez, je ne- m’y Oppose pas* mais pesez bien l'anecdote suivante qui est pleine d'enseignement*

Jean Hiroux passait en cour d'assises. ÏI chiquait* On n'est pas parfait et, d'ailleurs, les marins prétendent que c’est très-bon.

Tout-à-coup le substitut qui était au banc de l'accusation se retourne vers lui et s'écrie:

— Tenez-vous donc mieux, Jean Hiroux, vous n avez pas cessé de mâcher du tabac depuis le commencement de l'audience*.

Jean Hiroux répondit de sa voix moelleuse :

— Eh î qu’est-ce qu'i veut, c'grand sec? y a une heure qui s'en fourre dans le nez, je lui dis rien, moi.

Combien y a-t-il de temps que vous écrivez des vers douteux? Est-ce que je vous disais quelque chose moi ?

Interrogez tous les directeurs de journaux po itiques, ils vous diront que les articles les plus importants pour les jeunes et tes vieilles tilles .. ) ■ veux dire feuilles, ce sont les faits divers.

Suivons le torrent de Panurge et allons-y de

nos

faits divers

Premières nocveu.es. - Des agents surs, les mêmes qui m’ont fourni les renseignements sur M il-a-vii-le-monde, me font savoir que depuis soixante-quatorze heures quinze minutes, pas journaliste n a etc traite public*

La justice informe* .

un

de mouchard en

La justice informe jet sommaire qui se rend parfois aux Etats-Unis sous le couvert de la loi «

Lynch vient d’éire la cause -d’un® nouvelle erreur judiciaire.

Un homme d’une pauvreté notoire a été trouvé muni d’une étincelle de grand prix. Interrogé sur la provenance de ce trésor, il a déclaré que la foudre était tombée dans sa poche et y avait laissé ce diamant avec une forte odeur de côtelette brûlée. Comme on refusait de croire à ce miracle électrique, il appuya son dire de L’histoire racontée par ce général qui prétendait que les roues d'un fourgon (T artillerie avaient été privées de leurs cercles de fer et quun charron dont la boutique n’était pas éloignée vit ces mêmes cercles venir se poser d’eux-mêmes à deux roues qu’il achevait.

En fin 5 pour convaincre ses juges, il raconta l’hisl o i r o de c es d e ux gen d a r m es q u i t r o Lia i en t s ur u n e grande route, La foudre tomba, et déchaussa les deux gendarmes un des chevaux en mourut —

pour chausser Dumaine . de la Gaîté,

Malgré ecs exemples, le pauvre diable futpondü.

Or, voici ce qui s est passé le mois dernier à Paris*

La foudre tombe sur une maison. Au second étage demeurait une jeune personne blonde* Elee-

irisée, elle s'évanouit en poussant un léger ni Electrisé à son tour, un jeune homme lui porte secours, la bassine, la tapote.*,., k fait revenir,.**.

Et quand ü fut parti, on trouva sur la cheminée une rivière, une vraie rivière eu diamants.

Le plus fort c'est que' la foudre avait même apporté récrin.

Nouvelles nu milieu, — ■ Ce que vous allez lire est navrant

Une poudrière vient de sauter à Ârgos! MH O Àgamemnon ! ô Iphigénie t ox»ç kzflr

Âeuçl vos mânes sacrés n'ont-ils pas tressailli?

Une poudrière à Argos!

Je ne sais pas l'eflet que cette simple ligne vous a produit. Mais cette poudrière me fait penser à Alcibiade en veston court, à Péri dès en chapeau gris, à Laïs en crinoline et à Socrate en mac-far-

lane! j

Je parie qu?on vend du 3 pour 100 dans le i\u-

thénon et qu'on joue le bézigue à Sparte !

Qu il y eût des brigands en Grèce, c'était tout , naturel puisque la tradition en remonte à Hercule j et à Thésée.

Mais que la ville du puissant A game m non ait une

J fcf

— io

poudrière et qu’elle saute, je ne sais pas pourquoi, ça m'enlève mes illusions*

Mais un voisin me dit qu’il y a des watee-closels â T bébés . n’insistons pas.

Dernières nouvelles. — J’avais invite mes... je ne sais plus combien de mille lecteurs à m’adresser des rapports détaillés sur les divers abus qui fleuriraient à leur portée. Quatre cent onze correspondants m’ont tait subir leur prose cette semaine. Pas un ne signale un abus. Estce que tous ce s correspondants émargeraient aux fonds secrets?

Mon dernier mot vient du Corps Législatif. Je ne le dois pas à l’obligeance deM. Guillôulcl, l’un des secrétaires.

M. Emile Pereire causait avec quelques députés, lorsqu’un commissionnaire ou un commis — la différence n’est pas si grande — lui apporta un volumineux paquet de lettres.

Le député de la Gironde se retira à l’écart pour décacheter ces missives.

Je suis bien sûr, dit M, de Tillancourt, que

M. Pereiro aime mieux dépouiller sa correspondance que des Pouycr- Quer lier.

Et si celui-là ne tue pas quelqu’un .

Nouvelles in extremis. — Un agent de change ne trouvant personne pour lui tendre la perche do sauvetage, vient de boire un bouillon et de prendre la poudre.., d'escampette.

11 emporte avec lui les regrets et l’argent de ses nombreux amis.

Un autre agent de change moins altéré s’est contenté, jusqu’à présent, de manger.

A bienlôlle bouillon etla poudre d’escampette...

Telle est du moins la nouvelle qui m’est transmise par une lettre que ne scelle ni cire, ni pain a cacheter, ni colle.

MM. les libraires et marchands de journaux des e départements s ont priés de vouloir bien adresser: provisoirement leurs demandes à Mme Vve Defaux a 8, rue du Croissant. 11

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