‹ La petite mendianteChapitre 5 sur 13 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

La sépara'ion.

Quatre semaines s'étaient écoulées avec rapidité, et le jour du départ était arrivé. Lorsque la famille du forestier fut réunie dans la salle commune : « Ne vousl'avaisje pas bien dit, commença le père , que dans le courant de cette année , nous verrions peut-être i3ien des changements , non-seulement au dehors , mais encore dans l'intérieur de notre famille ? Je ne me suis pas trompé, et aujourd'hui , pour la première fois , nous allons perdre un de nos enfants. Mais ce qui me console, c'est

que nous n'avons contribué en rien à ce cbangement.il s'est fait de lui-même, il est par conséquent l'œuvre du Très-Haut , et nous pouvons espérer de la bonté divine que cette séparation , quelque douloureuse qu'elle soit pour nous , servira au bonbeur de tous. Tu es beureux , mon fils , d'avoir trouvé un si bon maitre , et tu peux t'abandonnera lui avec une entière confiance. Mais pour que tu sois toujours également assuré de la protection du ciel, reste toujours fidèle aux principes que tu as reçus de tes parents ; sois pieux et bon , quelque part que tu te trouves, aan que, si le ciel nous accorde la grâce de nous revoir , nous puissions te serrer de nouveau avec joie contre notre cœur. Va , mon enfant , espère toujours en Dieu ; celui qui a mis sa confiance en lui ne i-era jamais confondu. »

LA PETITE MEXDIAXTE. A

L'ëraDtioa de la bjnne Anna était trop vive pour qu'elle pût dire beaucoup de paroles; mais elle tenait son fils étroitement embrassé, et l'aîTosait de ses larmes. Entin le forestier avertit sa famille que la voiture du comte les attendait et qu'il fallait se séparer. « Adieu , mes bons parents , répéta plusieurs fois Edouard ; adieu , mon frère; adieu, ma sœur: •> et, les yeux baignés de larmes , il les embrassait les uns après les autres. Le forestier fui obligé de l'arracber d'entre les bras de sa famille et de l'entraîner hoi^ de la maison , où les attendait la voiture du comte, et y étant montés , ils partirent aussitôt.

Lorsqu'ils furent arrivés au cbàteau, le comte renouvela au forestier l'assurance qu'il lui avait donnée de pourvoir au bonbeur de son fils, et après qu'il lut monté

en voiture, il lui remit un papier et donna l'ordre du départ.

Wild suivit longtemps de ses regards la voiture qui emportait ses plus chères espérances, et quand elle eut disparu, il retourna lentement chez lui , l'esprit vivement occupé de mille pensées que Faisait naître en lui ce changement inopiné dans sa famille.

A peine de retour dans sa demeure , il ouvrit le papier que lui avait donné le comte. Ce papier contenait l'assurance d'une pension annuelle de cent écus , non compris les appointements de forestier.

« Que Dieu , dit l'heureux père , bénisse cet homme généreux ; qu'il l'accompagne dans son voyage , et lui accorde la réussite de tous ses vœux ! — Ainsi soit-il , s'écrièrent à la fois et la mère et les enfants. — Vous voyez avec quelle merveil-

leuse promptitude, dans la vie humaine, la tristesse fait place à la joie ! remercionsen donc le Seigneur, prions pour les voyageurs. » Et tous s'unirent au forestier et adressèrent au ciel leurs actions de grâces et leurs vœux.

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