‹ La petite mendianteChapitre 8 sur 13 · CHAPITRE Vin · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vin

Un lelour de fortune.

Edouard ne tarda pas à ressentir les heureuses conséquences de la détermination qu'il venait de prendre : un nouveau

lien l'avait attaché à ses maîtres. Il devint l'ami et comme l'enfant de la maison, et bientôt le prince ei son épouse semblaient ne pouvoir vivre sans lui. Sa fortune était assurée.

Ce fut alors qu'il écrivit à son père, ce qu'il n"avaii encore pu faire, et le prince se chargea lui-même de faire parvenir la lettre à son adresse; mais celle-ci , ainsi que les suivantes , restèrent en route , pour une raison que nous ferons connaître plus tard.

Le manque de nouvelles de ses parents l'affectait vivement et troublait seul le bonheur dont il jouissait. Ignorant ce qu'ils étaient devenus , il les recommandait à la Providence et lui demandait tous les jours la grâce de les revoir encore dans ce monde, pour les consoler de sa longue absence.

Six ans après ces événements , le gouverncLir demanda et obtint sa retraite, et s'en retourna dans la province d'Archangel où il avait des biens considérables. Là Edouard se trouva , à son grand étonnement et à sa grande satisfaction , au njilieu de forêts aussi belles qu'étendues, qui lui rappelaient celles où il avait passé sa jeunesse.

Le prince, qui connaissait déjà le goût d'Edouard pour la chasse, ne crut pas pouvoir lui causer un plaisir plus sensible qu'en lui donnant l'administration de ses forêts. Il lui tit élever , non loin du château et dans un lieu pittoresque , une belle habitation qu'il pourvut de tout ce qui pouvait en rendre le séjour commode et agréable.

Edouard fut enchanté de la générosité de son bienfaiteur , et il ne savait com-

— iAO — ment lui en témoigner sa reconnaissance. « Trêve de remercîment , dit le prince. Depuis longtemps j'ai remarqué combien tu souffraisde rester sans nouvelles de tes parents, et combien tu désirais de revoir ta patrie. N'ai-je pas bien deviné?... Eh bien ! je veux t'accorder un congé pour retourner à Erlenbusch . Je me charge de fournir à tous les frais du voyage , mais à la condition qu'après avoir satisfait à ton désir d'embrasser tes parents , tu reviendras chez nous. E'.t s'ils ne voulaient point te laisser repartir , amène-les tous avec toi ; il y aura toujours assez pour eux. Faites le voyage ensemble à petites journées et ne ménagez aucune dépense. Je rembourserai tout avec [ilaisir ; et quand ils seront ici , je pourvoierai moi-même à tous les besoins , et j'espère qu'ils n'auront jamais lieu de se plaindre de moi.»

— Ui —

Ainsi parla le prince, et son épouse se joignit à lui pour obtenir d'Edouard qu'il acceptât les olTres qui lui étaient faites. Edouard promit qu'il ferait son possible pour engager sa famille à le suivre, et le lendemain , après avoir pris congé de ses bienfaiteurs avec une émotion que ceux-ci devaient naturellement partager , il se mit en route, plein de courage et d'espérance.

Nous allons laisser Edouard continuer son long voyage, pour reprendre l'histoire de sa famille depuis près de dix ans qu'il a passés loin d'elle.

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