‹ La petite mère (volume 2)Chapitre 22 sur 45 · UN CATHOLIQUE MATRIMONIAL I · texte numérisé non relu

UN CATHOLIQUE MATRIMONIAL I

— Cest donc pour aller à Bellevue, mademoiselle, que vous avez mis le salon datls ce dénotât^ ?

-^ Sœur Euphrasie fera emballer ddmaiil meis grosses affaires, mais j^emporte Uâ ptttitôi âVid mo!. Je suis prête, du reste, chèrô maman, ot ce n^est pas moi qui serai en retard pour partir»

En articulant ces mots, d'un geste gracifeiijt^ élîe montra la robe de mohair gris toute iieuvfe qui dessinait gentiment sa taille souple et le tôquet de paille anglaise posé à la diable dans la forêt de des ehévetix blonds ébouriffes.

— Allez vous déshabiller^ mûdehieiséllej et tltie autre fois vous attendrez mes ordres pour ftlli^é Vbs préparatifs, entendez-vous ? lui dit àà tnérë.

La jeune fille ^ rougissant petit-étrô de hflftte, peut-être de colère refoulée, prit Loulou toujours cramponnée, la livra à David immobile dans Un coin, et, marchant à son père, elle s'écria avee Uhe sorte de désespoir :

— Alors, tu ne veux pas te soigner^ toi ? Alôri^ tu veux tnourir ?

— Oui, Madeleine, dit Nadalewski saisissant la balle au bond, ton père veut mourir.

— Ah ! mon Dieu I

Elle se jeta au cou du général, lequel, la tête perdue, vide de toute résolution, de toute idée, palpa du bout de ses doigts tremblants le dossier d'uti fauteuil et lourdement s'assit

— O mon père chéri, poursuivit Madeleine d^une voix mouillée par des larmes intérieures, pourquoi ne pas obéir à M. Guibal ? N'est-ce pas à ses bons soins que nous devons de te revoir debout ?

— Je vous assure, mademoiselle, que ma pommade... ne put s'empêcher d'ajouter le révérend père Canitrot.

— Ne crois pas au moins, mon excellent petit père, que c'est pour moi que je parle, quand je te presse de partir. C'est pour toi, pour toi seul... Oh ! moi, je resterai ici avec maman, si cela te plaît... Qu'est-ce que cela fait au bout du compte que je m'ennuie à l'hôtel Trémière, si tu guéris à Bellevue !...

Elle détacha le fil de caoutchouc qui retenait sa toqtie et la lança sur un meuble. La toque, qui avait donné contre un des coffrets accumulés de toutes parts, roula sur le parquet. Le vicomte de la Livinière se précipita pour la ramasser.

Cependant André Fuster demeurait morne, anéanti. On aurait dit qu'éciasé par le sentiment de sa lâcheté, car il était impossible qu'à cette minute il ne mesurât pas la profondeur de l'abaissement où il était tombé, il n'osait lever les yeux sur personne, pas même sur sa fille penchée vers lui et le caressant du geste, de la parole, du regard, de tout son cœur débordant de l'amour filial le plus ardent, le plus ingénu et le plus pur.

— Madeleine, dit la baronne, froide, toujours

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