‹ La petite mère (volume 2)Chapitre 28 sur 45 · PREMIER NUAGE · texte numérisé non relu

PREMIER NUAGE

Le Supérieur du Jugement-Dernier, la baronne, M. le vicomte Eustazade de la Lîvinière parurent brusquement sur le terre-plein.

— Vous, mon Révérend Pèrel... s'écria le général. Au lieu de parler, le religieux développa ses deux

bras et reçut le général sur sa poitrine.

— Quel bonheur de vous révoir, mon ami, dit enfin le moine.

Mon ami!

— Joie bien partagée, Révérend Père Supérieur, je vous le jure, articula Fuster.

— J'apprends des choses merveilleuses sur votre santé, savez- vous 1

— Ma vieille carcasse semble, en effet, se redresser et vouloir reprendre élan.

— Dieu vous a touché de son doigt, mon cher André, interjeta la baronne.

— Et quelle voix de stentor ! intervint le vicomte de la Livinière.

On franchit une allée, et Ton alla s'asseoir sur un banc de bambou, au milieu d'une vaste pelouse, à Tombre des trembles, des mélèzes, des bouleaux pittoresquement confondus. David, prévenu par un coup d'œil de son maître, se retira.

— Et depuis quand êtes-vous arrivé de Bordeaux ? demanda le général au religieux.

— Depuis ce matin. Le temps de changer de linge rue Oudinot, d'aller présenter mes hommages à madame la baronne, que je savais à Paris...

— Ce pays ne plaît pas à ma femme. Sauf le dimanche, qu'elle tient à passer ici pour m'accompagner à la messe du village, elle ne séjourne guère à Bellevue...

— ... De voir M. le vicomte Eustazade, chargé des intérêts généraux du Tiers-Ordre du Jugement- Dernier, et je suis remonté en wagon.

— Merci de ce cordial empressement.

— Cest moi, général, qui vous dois toute sorte de remerciements. Grâce à vous, j'ai pu établir, à Bordeaux^ quatre Soeurs, deux Frères et un Père du Jugement-pernier. Depuis longtemps, je caressais le pro*

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