‹ La petite mère (volume 2)Chapitre 39 sur 45 · FLAMMES D*ENFER · texte numérisé non relu

FLAMMES D*ENFER

la naissance du Sauveur, tous ces privilégiés, tous ces élus devaient se présenter à la Sainte-Table, communier, et il était bien naturel qu'avant cet acte si grand, ils éprouvassent le besoin, la soif ardente de se recueillir.

Le général, qui avait reçu les faveurs saintes de la retraite : le don si précieux des bonnes résolutions, le pardon absolu de ses fautes, suivi de l'absolution purificatrice, passa cette journée d'attente dans la chambre des Tapisseries, seul et en parfaite tranquillité. Un instant, la baronne, appréhendant chez son mari, si nouveau dans la voie raboteuse du salut, je ne sais quelles révoltes du cœur ou de l'esprit, avait conçu l'idée de s'installer auprès de lui pour le préserver, elle si intrépide, de toute défaillance durant cette veillée des armes. Mais Fuster, qui n'entendait pas être soupçonné, qui lui aussi sans doute était affamé de solitude et de silence, fit un signe, indiquant sa volonté qu'on le laissât, et Thérèse n'insista pas.

Pourtant la dévote, préoccupée de la fête qui, la nuit prochaine, devait attirer tant de monde à l'hôtel Trémière, ne sortait pas de la chapelle, dirigeant le groupe de Frères et de Sœurs du Jugement-Dernier, en train de renouveler les nappes de l'autel, de le parer de guipures blanches acquises à grand prix, de remplir des vases de fleurs rares sorties des serres de la marquise de Mérifons, à Versailles, de fourbir les

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