‹ La petite mère (volume 3)Chapitre 19 sur 52 · L AVEU T · texte numérisé non relu

L AVEU T

Elle le sonda d'un regard troublé.

— Vous ne le direz pas à mon père, au moins ? oupira-t-elle.

— Je te le promets.

Elle rougit profondément.

— J'ai honte, balbutia-t-elle îi'une voix éteinte... Oh! que j'ai honte!...

— Je ne dévoilerai ton secret à personne.

Il lui prit sa mignonne main, qui trembla dans les ^siennes pareille à un oiseau prisonnier.

^ Je vous avouerai, murmura-t-elle, que j'aime Daniel plus que je n'aime personne au monde, sans excepter mon père, toujours si bon, ma mère, si indulgente à présent pour moi.

— Tu fais bien de l'aimer ainsi ! s'écria Stéphane transporté.

■* Non, je fais mal... Je suis sûre que je commets un gros péché et que Dieu me punira peut-être... Mais c'est plus fort que moi, voyez-vous, monsieur Nadalewski... Souvent, quand je pense comme je deviens de jour en jour, grâce à Daniel, j'entre en des colères si fortes qu'il me semble que je vais le détester... Je suis bien malheureuse, allez, moi qui étais à la veille de devenir Sœur du Jugement- Dernier ou de Saint-Vincent, d'aimer un homme avec cette ar- <*eur, car, vous aurez beau dire, vous, avec vos longues phrases, votre Daniel est un homme après tout...

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