PÈLERINAGE A LA COLONIE
Quelques jours après, par une ravissante après-midi 'c soleil clair et de vent frais d,u nord, tous nos per- ^^nages du Pertuis gravissaient au petit trot la Tranchée » et gagnaient le haut pays, au-dessus de ^^rs. Comme toujours, David, ferme et droit sur ^ étriers, allait en éclaireur; puis venaient Fuster et ^dalewski ; puis enfin marchait la calèche, aux porï'Cs de laquelle cavalcadaient Madeleine et Daniel. ^ gaieté était épanouie sur les visages, et, grâce à ir sonore, lumineux, dans rencaissement de la de montée, les éclats de rire, les simples paroles irtaient semblables à des fusées.
Cependant, malgré une conversation fort animée itre le général et le philosophe, ce n'était pas eux
besoin de toi. Loulou, mademoiselle Madeleine et moi, nous prenons la tête de la colonne.
Le dragon s'éloigna.
Fuster, oubliant son ami Stéphane, peut-être volontairement, allait se mêler à nos jeunes gens, lorsque notre critique le rejoignit.
— ...J'ai quelque espoir, lui dit-il continuant une conversation commencée, que, dans cette nouvelle édition de mon Essai sur les Miracles^ M. Grégoire Phalippou. . .
A ce nom, Madeleine et Daniel piquèrent des deux et fournirent un temps de galop.
En cet endroit, la grande route de Tours au Mans se déploie rase et absolument dépeuplée. C'est à peine si de maigres arbustes clair-semés poussent çà et là à la pente des talus. Nos cavaliers, dans ce morne paysage, allaient silencieux, écoutant le babil de Marie David, laquelle, rayonnante, manifestait sa joie en baragouinant toute espèce de questions, qu'elle adressait tantôt au poney de Madeleine, tantôt au cheval de Daniel.
— Tu es bien fatigué, bien fatigué, Diianiant? disait-elle.
Puis, d'un air apitoyé, elle ajoutait :
— Mon pauvre Diamant! mon pauvre Diamant!
— N'est-il pas vrai qu'elle est ravissante, ma filleule? demanda tout à coup la jeune fille.