‹ La petite mère (volume 3)Chapitre 33 sur 52 · PAN ! PAN · texte numérisé non relu

PAN ! PAN

« C'était madame la baronne.

( — Les notaires n'ont jamais tué personne... Pan!

tt C'était le révérend père Barandon.

« — Général, je prierai Dieu pour vous!...

« C'était madame de Mérifons.

« — Pourtant, si vous ne deviez pas revenir!...

m! Pan!

« C'était un second coup de madame la baronne.

« — Si le malheur vous en voulait, je ne vous ou-

ierais pas dans mes messes!... Pan I

« C'était le révérend père Canitrot. »

— Et M. Grégoire Phalippou ?

— Ma foi, mon capitaine, j'aurais bien donné lelque chose pour voir la couleur de ses paroles, celui-là, mais il n'a pas brûlé une cartouche. Il est malin !

-* Et le général ?

— Oh ! pour lui, quand on l'a eu criblé comme le cible, il a lâché sa langue à la fin des fins. Il a Conté que, depuis longtemps, il avait comme ça ns la tête, en cas de malheur, d'assurer à madame baronne la plus grosse partie de sa fortune, et qu'il ût tout disposé à lui donner tout de suite cette euve de son attachement.

« •— Et votre fille, général? Il ne faudrait pas trop iblier mademoiselle Madeleine.

« M. Darnétal, qui est bien le meilleur homme de bande, avait eu cette idée tout de même.

I4O ' tA PETITS MÈRE

« ^ Ma fille, a-t-il répondu, épousera un homme riche, le capitaine d^état-major Nadalewski. Je n'ai pas le droit de déshériter Madeleine, et je ne la déshérite point. Du reste, les biens de sa mère ne lui reviendront-ils pas un jour ?

c — Mais, mon ami, vous ne comptez pâs, je pense, aller chez le notaire maintenant ? a demandé madame la baronne.

€ — Et pourquoi le général n'en finirait-il pas aujourd'hui même ? Il n'y a pas si loin d'ici chez maître Roussillon-Barbotte , passage Sainte-Mariedu-Bac.

« C'était le révérend père Canitrot qui encore une fois venait de presser la détente.

€ Un grand remue-ménage de chaises s'est fait; puis, à travers la fenêtre, j'ai vu Marchand qui faisait avancer la calèche du général de Roquebrun. On... »

Le roulement d'une voiture ébranla le pavé de la cour.

— Les voici sans doute, mon capitaine, reprit le dragon, qui avait eu la parole coupée.

Il se sauva.

Daniel, résolu désormais à ne pas perdre de vue ï général, à le surveiller, — de quelles entreprises a pouvait-on pas l'assaillir I — dans l'inextricabl désordre des chaises et des fauteuils abandonné

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rusquement, laissa tomber la main sur le dossier 'un siège, l'amena à lui et s'assit.

Notre jeune officier n'était pas seul depuis une mi-

ute, que la porte du petit salon, vivement poussée, 'ouvrit toute grande. La baronne passa, non de cette Hure discrète, presque silencieuse, qui communiquait à sa démarche le caractère de je ne sais quelle lautaine réserve, mais bruyamment, avec fracas. Daniel, qui s'était mis debout, par un coup d'oeil apide remarqua sur le visage de la dévote, ordinai- •ement pâle et froid, des couleurs vives qui le "ajeunissaient d'une beauté inconnue. Évidemment, 3n avait obtenu du général, chez maître Roussillon- Barbotte, tout ce qu'on voulait obtenir, et mainte- ^nt on s'abandonnait à la joie du triomphe.

— Madame... murmura le jeune homme.

Réfugié en un coin de la pièce, derrière de hauts dossiers, il n'avait pas été aperçu. Enfin, on le vit.

^ Comment, vous êtes là, mon cher enfant ?

^on cher enfant !

Ces mots étaient partis de l'entier épanouissement ' Son cœur, sans qu'elle eût le temps d'y songer, ^t-être de les retenir. Daniel, bousculant sans pitié ' tïieubles qui lui faisaient obstacle, s'élança autant d'elle.

■^ madame, comme je vous remercie ! dit-il.

*^ Vous fûtes toujours l'enfant chéri de la maison,

ï'épondit-elle gentiment.

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