‹ La petite mère (volume 4)Chapitre 16 sur 33 · LA CONVERSION · texte numérisé non relu

LA CONVERSION

Il se tut. Puis il balbutia ces paroles désolées :

— L'homme... quelle effroyable inconnue 1. . • Brusquement, par un excès de fatigue sans doute,

ses yeux se fermèrent, et il parut s'assoupir.

Comme Stéphane, à pas étouffés^ regagnait sa place près de la table, la baronne^ qui s'était remise debout, l'arrêta.

— Monsieur Nadalewski, lui dit-elle, vous venez de vous conduire noblement en ne tentant rien pour détourner votre ami de ses bonnes dispositions. Merci. Mais, après ce service éclatant que vous avez rendu à Tâme de mon mari, permettez-moi d'en réclamer un nouveau.

— Madame, ce n'est pas l'heure de vous faire remarquer que je ne suis pour rien, absolument pour rien, dans les résolutions du général. Ce qui a tout fait, c'est vous, ou plutôt le pouvoir que vous avez conservé sur le cœur d'André, qui vous aime aujourd'hui comme il vous aima aux premiers temps de votre rencontre à Saint-Pétersbourg... Maintenant, disposez de moi sans me ménager, je vous prie. De quoi §'agit-il ?

— Vous n'avez peut-être pas oublié , monsieur Nadalewski, la scène déplorable qui se passa dans le petit salon, le jour même de l'arrivée de mon mari ?

— J'étais là.

— Depuis lors, le Révérend Père Supérieur du

Jugement- Dernier, violemment expulsé de l'hôtel I *i5 '

lyb LA PETITE MÈRE

— -, Il , , ^ . ■ ■ ^.

Trémière, n'y a pas reparu... J'ai eu beau, sur le désir exprimé par le général lui-même, lui mander qu'il pouvait continuer à célébrer dans ma chapelle le saint sacrifice de la messe, il s'est contenté de faire prendre des nouvelles de notre malade, tantôt par le révérend père Canitrot, tantôt par le révérend père Barandon... Cette situation, née d'un malentendu, m'est particulièrement intolérable, et me voilà, par les plus douloureuses circonstances, amenée à la faire cesser... J'avais proposé à mon pauvre André, pour entendre sa confession, le vénérable curé de Saint-Thomas-d'Aquin ; mais vous avez prononcé le nom du révérend père PhalippoUy et c'est le révérend père Phalippou qu'il réclame... Mon embarras est grand... Comment faire? .

— Cela me paraît bien simple, il faut envoyer chercher M. Grégoire Phalippou.

— Je n'ignore pas qu'un ecclésiastique est tenu d'accourir au lit des mourants,* quand on le demande^ et je connais trop le Révérend Père Supérieur, lequel possède le sentiment entier de ses devoirs, pour douter

de son empressement à répondre à l'appel du général Fuster. Mais^ après le scandale qui a eu lieu à la porte de la chapelle, après l'intimité des relations qui existèrent entre le Révérend Père et les personnes de rhôtel Trémière, peut-être serait-il convenable de dépêcher vers lui quelqu'un qui pût, sinon formuler de vagues excuses, fournir du moins quelque explication sur un éclat regrettable. , .

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