‹ La petite mèreChapitre 15 sur 27 · L ACTE DE CONTRITION · texte numérisé non relu

L ACTE DE CONTRITION

peu mes volontés et ne me sépare ni de M. Nadalewski, ni de madan\e Nadalewska, ni de Daniel, qui est comme mon frère et dont j'aurai peut-être besoin.. . Ah! que je regrette de ne pas mourir avec toi, pour m'en aller au ciel avec toi... A présent, il faut que je t'embrasse de tout mon cœur.

Et, la tâte égarée par ces divagations, toutes pleines des chagrins intimes de sa vie, elle se jeta plutôt qu'elle ne se pencha sur son père, et lui couvrit le visage de larmes et de baisers.

" — Cest toi? soupira le général.

— • Oui, c'est moi, moi, ta Madeleine.

-— Chère enfant l

— Comment te trouves-tu, mon père?

«^ Mieux, bien mieux.

— Vraiment? .

— Des élancements se font de nouveau sentir dans nés jambes, que je croyais mortes; c'est un bon signe assurément.

•— Il faut bien que tu vives, pour que tu aies le temps d'apprendre combien je t'aime...

— Ma fille! ma fille unique et chérie?... Ta mère <>ti est-elle?

— Elle est descendue à la chapelle.

— Ah! c'est vrai, murmura-t-îl.

Puis, essayant un sourire :

*• Tu. sais, je me convertis, je vais me confesser. "^ Oh! que tu fais bien! répondit-elle laissant

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échapper un geste enthousiaste. Tu verras, Dieu t guérira.

— Il m'est doux de me conformer au désir de 1 mère.

— i- Ma mère est une sainte... Que je voudrais êti pieuse comme elle!. . . Je ne puis pas... Je suis si U gère, si étourdie I

La baronne rentra^ parlant à voix basse avec Nad< lewski. Derrière eux se glissèrent à pas de fantôtr trois sœurs du Jugement- Dernier^ Une de ce» femm< avait les bras chargés de diverses pièces de linge ; h deux autres portaient des flambeaux surmoiltés c bougies qu'on n'avait pas encore allumées. Mî dame Fuster leuf désignant la table, au milieu c la pièce :

— Arrangez-la, elle servira d'autel.

Elle alla vers son mari.

— Mon chef André, lui dit-elle, le révérend pè Phalippou sera ici dans un instant. Nul plus que ( respectable religieux n'est digne de t'assisteti Ouvn toi à lui avec une entière confiance, il va deveti ritistrument de ton salut... Recùeille-tdi dans le sei timent de tes fautes et demandes-en pardon à Dieu.

— Je n'ai commià aucuiï crime, ma bonne THérè* . — Nous en commettons chaque joUr et à tou heure, mon ami, par nos péchés... Te souviens-tu ton acte de contrition ?

— Mon acte de eontritiori?... Ma mère m'cnscig

l'acte de contrition i8i

cela, et je le sus avec tous les enfants, mais je Pai oublié.

- — Je vais te le rappeler ; tu le répéteras après moi.

Elle articula d'une voix solennelle :

« — Mon Dieu, j'ai un extrême regret de vous avoir

* ofifensé, parce que vous êtes infiniment bon, infini-

* xnent aimable, et que le pcché vous déplaît... » — A. toi I

« — Mon Dieu, balbutia-t-il, j'ai un extrême regret « de vous avoir offensé, parce que vous êtes infiniment ^ bon, infiniment aimable, et que le péché vous

* déplaît.. •

« — ... Je prends la ferme résolution, moyennant

* votre sainte grâce, de ne plus vous offenser et de

* faire pénitence... »

Tandis que le général, fort ému, — peut-être pen* Sait-il à sa mère, à son enfance, à Mulhouse, — redisait ces dernières paroles, le révérend père Phalippou, revêtu de l'étole et du surplis, surgit tout à coup dans la chambre des Tapisseries. Il s'avança vers le lit Bravement ; puis, avant de proférer une parole, par un B^ste d'une emphase magistrale, il fit signe à chacun de se retirer.

— Mais, mon Révérend Père, dit le malade, je puis ^e confesser devant ma femme, devant mon cher Stéphane ; ce sont les miens, et je n'ai rien à leur cacher des actions de ma vie.

■^ Mon fils, répondit le religieux, l'Église, qui, dans I i6

les temps primitifs, imposa la confession publique à plus d'un coupable, s'est à la longue départie de sa sévérité envers les hommes et leur a permis de déplorer désormais leurs erreurs dans la seule intimité de Dieu,.. — Sortez tous !

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