FRÈRE ÉVARISTE
— Vous voyez, dit Nadalewskî^ cette enfant nous jouverne tous, ma femme, Daniel et moi . Ce qui me :onsole, c'est qu'elle va gouverner aussi son père.
— Mon brave Stéphane I articula le général.
Puis, se tournant vers le religieux :
— Mon Révérend Père, on a beau écrire l'jE'^^aî sur les Miracles^ on n'en conserve pas moins un cœur exquis. On empile arguments sur argumenJts, on attaque Dieu, — ce que je n'oserai jamais pour mon compte, — mais on n'échappe pas à l'humanité.
— Pour échapper à l'humanité, mon ami, il faudrait devenir dévot, comme certaine personne de ta connaissance et de la mienne, répliqua Nadalewski avec un rire amer*
l32 LA PETITE MERE
— Prends garde, Stéphane, tes convictions, que ji ne partage pas absolument, t'emportent peut-être ur peu loin.
— En effet, insinua le Supérieur du Jugement Dernier, la pierre du foyer domestique est sacrée, ell' ressemble à la pierre ^de Tautel, et les mains amie elles-mêmes ne sauraient y toucher sans commetti une profanation.
— Voudriez-vous me faire entendre, monsieur, qa* m'est interdit de m'occuper du bonheur de Thomix que j'aime le plus au monde ? Je vous en prévien vous arracheriez plutôt une à une de mon cerveau L opinions qui sont Thonneur de ma vie, que vous n'si racheriez de mon cœur la plus petite miette de me amitié pour Fuster. On peut me maltraiter dans cet maison, — plus d'une fois déjà on me fit comprends combien ma présence y devenait importune, — on n parviendra pas à m'en chasser comme David.
— Monsieur Nadalewski, dit le moine d'une voL ferme et nette, le ton direct de vos paroles m'oblig à vou« déclarer que, lorsque madame la baronne i congédié David, elle a agi dans la plénitude de s liberté.
— La liberté d'une femme pieuse n'est pas sa li berté, c'est la liberté de son directeur spirituel.
— Monsieur I s'écria le révérend père Phalippot se maîtrisant avec peine.
Stéphane, qui flairait en ce prêtre jeune^ habili