‹ La petite MionneChapitre 21 sur 28 · UNE FEMME QUI SE NOIE · texte numérisé non relu

UNE FEMME QUI SE NOIE

La nuit était superbe, sans lune, mais splendidement étoilée et tiède et transparente comme une nuit italienne.

— Ah ! s'écria le peintre, par une si belle nuit ce serait un plaisir de se promener jusqu'à Taurore.

— Qu'à cela ne tienne, répondit M. Florentin Brousse! ; j'allais justement vous demander comnient vous désiriez rentrer à Paris. Les moyens de locomotion ne manquent pas ; nous avons le chemin de fer, les bateaux à vapeur, les omnibus, les voitures de place. Mais si, comme vous, ces messieurs préfèrent marcher, nous nous dirigerons vers Paris pédestrement.

— Oui, oui, dit Alexis Mollin, allons à pied et en suivant le bord de Teau.

Tout en causant, longeant le mur du parc de Saint- Gloud, ils suivirent la rive gauche de la Seine jusqu'au pont de Sèvres sur lequel ils traversèrent le fleuve.

Maintenant, ils étaient silencieux. Après les terribles émotions de la journée, chacun se recueillait.

Tout à coup, Alexis s'arrêta brusquement.

UH DBAHE DB FAhille

Sa Tue perçant la demi-obscurité, il vena Toir, il trente ou quarante mètres de distanc Doire, qui conrait à travers champs oa sen Bur le sol comme une ombre, ea se dirigeaal Ters la rivière.

— Là, là, yoyez-TOUB ? dit Alesis & voix ba quant de la main la direction à ses compap

— Oui, je vois, répondit Etienne.

— C'est quelqu'un, un homme ou une court devant nous, dît M. firoussel.

L'ombre s'était un peu rapprochée et la f< slnait plus nettement en se détachant sur le de l'horizon.

— Parbleu, dit Georges Ramet, c'est uni âistingue parfaitement, maintenant, les on sa jupe autour de ses jambes.

La femme, — car c'était bien une femme, ta berge. Là, nn accident de terrain la fit disp. presque aussitôt le bruil sourd d'une chute U entendre.

— Âh ! la malheureuse, s'éoria M. Broussel.

La femme venait,, en effet, de se précip

Seine.

Dès qu'il l'avait aperçue, Alexis Mollin av.

rement deviné son dessein, aussi son reg luivie anxieusement jusqu'à l'endroit où e laru.

Avant même que M. Broussel eût poussé s ion, le poète s'était élancé en avant. Dant apide, tout en ôlant son paletot, il se le ses souliers, les faisant sauter de ses pie >ean tomba sur le chemin et fut ramassé ] lai suivait de près.

Alexis Mollin s'arrâta exactement à l'ei

332 L& PETITE UIONNB

f'-'ame s'était précipitée daas le fleuve. Il jeta sob paletot sur l'herbe, et pensant avec raison que l'eau avait déjà entraîné le corps, bien que le courant fût peu rapide' ii cette place, il âescendit de quelques pas, fliant son re- — ■" sur la surface liquide.

bord il ne vit rien ; mais, soudain, l'onde eut une de bouillonnement révélateur et il aperçut entre eaux une masse noire allongée, puis plus distincteun bras s'agitant au milieu du miroitement des is.

18 perdre une minute, il se jeta & l'eau, nagea vigonment pendant un instant, puis plongea et eut 1b sur, du premier coup, de saisir le corps de la noyét tour la deuxième fois, sans doute, s'enfonçait. 1 trois témoins du sauvetage étaient sur la rive, les Etendues, prêts à porter secours à leur ami. Ils levi' 'eparattre, serrant de son bras gauche la noyée conlrg t s'efTorçant de maintenir sa tète au-dessus de

Courage, mon ami, courage 1 cria M. Broussel. , ixis se remit à nager ; mais, aux efforts qu'U faisait, it facile de voir que ses forces étaient épuisées ; ;ait lentement ; heureusement il n'était pas loin H e. Avec beaucoup de peine, il parvint enfin à touj le bord.

i mains les saisirent, lui et elle, et les hissèreit de l'eau.

aiblement, Alexis se dressa sur ses jambes.

Je ne sais pas si elle est morte ! prononça-t-îl d'un faible. |

ssit&t ses jarrets fléchirent, etil tomba sans connai» ) à c6té de la noyée.

Des secours, il nous faut des secours I s'écni ronssel. i

UK BKA.ME D£ FAMILLE

— Nous ae sommes pas loin de Billancourt, ( j'y cours.

— Oui, oui, allez et reveoez idte ; vous entre première maison que vous trouverez ; amen trois hommes ; qu'ils apportent un brancard, decin vienne aussi, si c'est possible.

Etienne Renaudin partit en conrant et en c yers les lumières qui brillaient à travers les ai

A genoux près de son ami, Georges faisai efTorts pour le faire sortir de son évanouissem

C'était & M. Broussel de donner des i noyée, s'il en était temps encore.

La malheureuse était étendue sur l'herbe beaucoup d'eau par la bonche et le nez. Ses veux ch&taiû clair s'étaient dénoués et des n quêes sur son visage le voilaient en partie.

M. Broussel écarta les cheveux et put voii traits de la noyée. C'était une jeune flUe à de dix-huit ans et délicieusement jolie.

Son v&tement semblait être celui d'une ouvi d'indienne à rayures bleues, bottines d'étoffe g calicot et manchettes aus poignets. La jupe et de la robe, collés sur le corps, révélaient des cuises, des contours charmants.

Tout cela, M. Broussel le vit d'un seul coi aissa échapper un long soupir et deux larme ■eut les franges de ses paupières.

Soudain, son front assombri s'éclaira et il ( ilamation joyeuse. La main qu'il tenait venai loucement la sienne.

— Elle vit, elle vit I s'éeria-t-il.

Kt plein d'espoir, maintenant, il maltiplîa

Bientôt, sur sa joue, qu'il approchait des r'ouvertes de la jeune lille, il sentit le souffle

leine. Les poumons fonctionnaient, elle commençait à respirer.

M. Broussel mit sa main sur le cœnr ; il le sentit battre. Ainsi, plus de doute, la malheureuse enfant était ^ sauvée!

[•. Alexis Moliin, toujours sans mouvement, ne reprenait

point l'usage de ses sens.

Georges se désolait.

— Et je ne peux rien^ rien, disait-il en se lamentant. Ah ! si au lieu d*être un mauvais peintre j'étais un bon

médecin !••.

M. Broussel faisait de son mieux pour le rassurer.

— Mon cher Georges, il ne faut pas vous efTrayer, ce ne sera rien. C'est la fatigue, l'épuisement, ce sont des émotions successives qui ont provoqué cette syncope.

Quand Etienne Renaudin revint, accompagné de quatre hommes, apportant uni^rancard, la jeune fille avait rouvert les yeux; elle promenait autour d'elle son regard surpris, effaré, comme cherchant à se souvenir; évidemment, en même temps que le sang se réchauffait dans ses veines, elle recouvrait peu à peu toutes les sensations de son être. Mais sa bouche restait close et ne laissait pas échapper un son, elle était probablement trop faible encore pour parler.

Quant à Alexis, on avait pu voir déjà, à certai signes, qu'il ne tarderait pas à sortir de son long évanoui sèment.

Cependant on ne pouvait guère attendre plus lon^ temps au bord de la rivière ; pour le moment, deux bon lits étaient certainement ce qui convenait le mieux au deux malades.

Sur l'ordre de M. Broussel, Alexis et la jeune fil furent couchés côte à côte sur le brancard. Deux homm l'enlevèrent et on se mit en marche vers le village.

Rfistait h savoir où les malades devaie Gomma od n'était pas & une distanci rande de Boulogne que de Billancourt^ reposa de les transporter au poste d igne.

— Je DB doute pas qu'ils ne reçoivent es soins intelligents, répoadit M. Bro TODs mieux à faire, il me semble. 11 di iDCDurt un hfttel garni ou tout au moi h deux chambres pourront nous 6tn

~~ Si tel est votre désir, monsieur^ dit Qi était en même temps marcluiDd di Jgeur, vous trouverez cbes moi ce c eux chambres très convenables, bien :

hacune un bon lit.

~ En ce cas, mon brave homme, allô ondit M. Broussel.

Alors le petit convoi se dirigea vers 1:

eur, oît l'onnetarda pas àarrlver.

Bans le trajet, Alexis était revenu à 1 eltement faible qu'il avait eu à peine la I main de Georges. Ses membres étaie orps tout entier grelottait la fièvre.

Le logeur ayant pris les devants, let latent prêtes quand on arriva. Les mal jt^t portés chacun dans la chambre qui t pendant que la femme du logeur et

abillaient lajeuneflUe et lui passaieb lise avant de la mettre au lit, George 'lissaient le même office auprès d'Alei

Pendant ce temps, M. Broussel { es porteurs du brancard et chargé l'ur

oyer en toute hâte un médecin.

Celui-ci' ne se fit pas attendre plus d'un quart d'beate. On l'avait trouvé comme il rentrait chez lui pour se coa- Rher: mis rapidement au courant de la situation, il pressé d'accourir près des deux personnes qui Dt ses soins, abord la jeune Bile, en présence de M. Btou^ ivait repris sa pleine coouaissaace; mais elle ajours sileucieusB et elle regardait comme peur.

leu d'agitation nerveuse, un peu de fièvre, dit le mais cela n'a rien d'inquiétant ; c'est VeM ne trop forte baignade, ajonta-t-il en souriant quinze heures de repos sont nécessaires, el y paraîtra plus. Lui a-t-on fait prendre quelqm

i cru devoir attendre et connaître vos prescripondit M. BrouEsel.

lien, je ne vois aucun inconvénient h ce qu'on I à boire un bol de bouillon tiède, et dans àeot eûtes, quand elle sera reposée, un peu de vie :ré. Mais du repos, du repos surtout, et tout

e était terminée. On passa dans la cbaœlire

ui était celte d'Alexis Mollin.

lis, le médecin trouva l'état du malade beaa-

as satisfaisant ; Alexis avait une forte fièvre, A

r constata une très grande faiblesse, l'épais^'

iplet des forces.

I pour la jeune fille, il recommanda le repos fl

me diète absolue jusqu'à nouvel ordre.

le saurais me prononcer ce soir, dit-il 1

isel, qui le reconduisait; u

aie est à craindre; toutefois,

s, si rien ne vient aggraver

malade. Dans tous les cas, monsieur, ce n'est une semaine au. moins qu'il pourra se remetti jambes.

Quand M. Brousse! reparut près du lit d'Àle:

ci l'interrogea Tivement du regard.

— Mon bon ami, répondit M. Broussel, T( lion ne nous inspire aucune crainte, tous lement besoin de quelques jours de repos, condamné par le médecin à garder le lit et la pendant une semaine.

— fne semaine, monsieur, mais c'est împos:

— Alexis MoUin, après avoir sauvé la vie ai ï deux personnes, il vous est permis de vous ri

— Ah I vous ne savez pas, monsieur, vous pas... Mon pauvre mobilier a été saisi par It taire ; demain les objets dont il se compc vendus. Que vont devenir mes manuscrits, mes Duscrits?... Oh I jetés, éparpillés sur le trottoii déchirés par les mains des Vandales !

— Alexis, je t'en prie, calme-toi, dit George aucune crainteausujet de tes manuscrits; dem de bonne heure, j'irai les chercher.

—Oui, oui, Georges, tu iras, Abl cela metraE y a aussi le joli paysage que tu m'as donné : tu '. du cadre, tu le prendras, n'est-ce pas? Tu sai cierge m'a dit que je pouvais aussi l'emporter. bien égal, que le cadre soit vendu ; mais ton ton œuvre, Georges... Ohl non, non, jamais cadeau que tu m'as fait, je veux le conserver.

— C'est entendu, répondît Georges, j'em| toile avec les manuscrits.

Alors M. Broussel Ht remarquer que sa | Billancourt n'était plus nécessaire, et il anni allait reprendre la route de Paris.

388 LA. PBTITB HIOnNE

— Mait, ajonU-t-il, tdob me reTerreE ici demaia dans l'aprèB-roidi.

Il fut décidé que Georges et Etienne passeraient le reste de la nuit près d'Alexis, que Georges p&itirait de Billancourt aussitAt le jour venu, et qu'Etienne resterait près du malade, rien ne le pressant de rentrer h Paris.

Avant de s'éIoigner« M. Broussel prit & part le logeur et sa femme et leur dit :

— Je TOUS recommande tos bAtea^ et partioulièremenk les deux malades ; que les meilleurs soins soient donnés à ceux-ci et ayes pour tous les plus grands égards^ Toutes les dépenses qui seront faites idj o'est moi qui les payerai.

~ "ant an billet de banque de cent ti-ancs dans la Dgeur, il ajouta :

est un acompte,

le et la femme promirent ft M^ Brousselde réi tout à ses désirs.

> ne laisserons pas un seul instant la demoiselle la femme. Soit moi, soit ma servante, il jr aura >enl l'une de nous près d'elle, it et demi, M. Broussel était h Paris.

— Pas pour autre chose Acuité, je pense, à me laisse me conaaissez et vous sav d'Alexis Mollin, D'ailleurs, qu'il m'a remise et que je di

— Hum, hum, c'est bien.

& prendre n'est pas si précie je Qnisse de déjeuner et api

M. Zidore plia son joura.

nettes et, sans se presser, il café au lait. Cela Tait, il se U

— Montons.

Les deux hommes grimpS trërent dans la mansarde.

— Ce que yoalez se trouv mode, dit le concierge; ouv

Georges ouvrit les tiroirs, en eut vite fajt un petit pai porter sous son bras.

— Hé, dites donc, reprit TOUS n'allez pas aussi l'empo

— Non. D'abord ce serait ■""' "" m'a rien dit concern

1 ce cas, je vous en ] faut que tantôt, avai e et libre. Donc, voit >Ds ferez comme von sans me gêner, encc que je vais emporte lin, ce tableau?

.1 sans son cadre, aln loi? Qu'est-ce qui esl "avez-vous pas dit

UN DRAUE DE

MoUÎD, qu'il pourrait emport croûte ?

— Ah I j'ai dit cela Mer, c'est ihbiea, mon cher monsieur, je i foilh. Ob I ce n'est pas que cetti eur, mais elle fait assez bien di i'ide, ça ne dit rien ; avec ui ioit-il, ça tire l'œil davantage.

Hé, bé, qui sait, coatinua-t-il [irunelles, ce platd'épinards tn nfime UD amateur?

— Ainsi, Tons ne me permet bleau?

— -Non, mon cher monsieu:

iavez, il est compris dans la sais pier de l'huissier : un tableau di

— C'est bien, monsieur, n'eu Georges mit le paquet sous se

regard, un regard d'adieu sur h mansarde.

A dix heures et demie, les me qui lui restait de linge, sa batte Très bien conservés, provenant rents, furent descendus dans 1' le trottoir.

A onze heures précises, l'huit crieur.

Il jr avait une trentaine de p son, des curieux qui riaient, au :

naient et gesticulaient quatre o canteurs.

La vente' commença par la v cuisine que se disputèrent les ensuite douze couteaux dans If

LA. PBTtTE mONNE

ruok, une douzaine de cuillères à café en métal bUni argenté. L'encrier du poète, un joli bronze, cadeftu de si mère, un autre souvenir, fut adjugé pour six francs : valait un louis.

— Maintenant, dit le crieur, nous passons au tableau | regardez, mesdames ; regardez, messieurs ; voyez cadre, voyez la toile... Très joli, ce cadre, excellenl dorure, et la toile, voyez, voyez, messieurs et dames ; vous en déplaise, c'est un paysage flamand ; il est sign^ lisez la signature : Georges Ramel» un • grand peintrd messieurs, un peintre célèbre, un maître 1 II était contemporain de Ruysdadl, d'Albert Durer et de Yai Dick. Voyez comme cette peinture est bien consenrée Quel coloris I Quelle fraicbeuri Ce paysage est un chel d'œuvre, un pur chef-d'œuvre, messieurs et dames.

Et les auditeurs de rire. Le crieur lui'-môme avait de peine à garder son sérieux.

— Eh bien, voyons^ reprit-'il» à cent francs le tableai et le cadre.

— Vingt francs I dit la voix criarde d'an Auvergnat.

— Hein, vingt francs ? riposta le crietir : allons donc; Mais ce n'est pas la moitié de ce que le cadre vaut à li seul.

— Hé, mais che n*est pas la toile que je veux acheterj chest cheulement chur le cadre que che mets ma migc

— A la bonne heure; mais je crois bien, mon cber^ que vous n'aurez ni l'un ni l'autre.

— Eh ben, fouchtra^ que les camarades ils en donneni davantage.

— On a dit vingt francs^ messieurs, vingt francs I Un homme, qui jusqu'à ce moment était resté immo'

bile et silencieux au dernier rang du groupe^ s'avança brusquement en écartant les persoiines qui se trouvaienl devant lui.

loi

344 LA PETITE MIONNB

— Soit, monsieur.

L'étranger détacha le tableau de son cadre et dit aa crieur : i

— C'est seulement la toile que j'ai achetée, et commi je ne tiens nullement au cadre, vous [pouvez le vendre, maintenant, au plus offrant et dernier enchérisseur.

Sur ces mots, il mit le tableau sous son bras, traversa le groupe des curieux, ahuris, et s'éloigna rapidement, comme un homme absolument certain d'avoir fait ona excellente affaire.

La vente continua, et il y eut certains objets, tels que les livres, qui furent vendus le double de leur valeur:] Une des vieilles gravures fut adjugée au prix insensé da soixante-cinq francs.

Par exemple, s'il y avait à voir une figure drôle, c tait celle de M. Zidore. Jamais ahurissement ne fut pi complet : la bouche ouverte et la lèvre pendante, il dode linait la tête comme un hébété.

Jugez donc, ce plat d'épinards, cette affreuse croûi vendue quatre mille francs.

Et il n'y avait pas à en douter, c'était vrai ; il avait les billets de banque, il les avait même tenus dans s mains ou plutôt ses serres d'oiseau de proie.

— Qu'est-ce que tu dis de ça, toi ? demanda-t-il à femme.

— De quoi, de ça ?

— Hé, de la vente. <

— Je dis que ça a bien marché et que c'est heureoxi puisque M. Farfouillet ne perdra rien.

— Et la vente du tableau ?

— Eh ben, la vente du tableau ?

— Acheté quatre mille francs, sans le cadre.

— Une belle poignée d'or I

— Enfin, comprends-tu, toi ?

LA PETITE UONNE

S'il en est ainsi, je a'ai plus rien à dire. Gomment une fille?

■es bien ; elle est maiotenaat aor pied. DËs le ma femme avait donné son vêtement h ta blanse ; on l'a rapporté à onie heures, propre, repassa

sec. Aussitôt la demoiselle s'est levée, habillit euné avec bon appétit. On ne dirait pins, vrai- [u'elle a été hier soir h denz doigta de la mort. ; ■ le jeune homme f lojours ezcessivemeut faible; mais le docteur)

son ami ; rien de grave n'est à redouter ; seule-

fant absolument huit jours de repos pour que It

reprenne ses forces.

int plus rien & demander au logeur, M. Broussel issa de monter dans la chambre de la jeune S.\\i- -ci était assise en face du commissaire, qui allai Qcer son interrogatoire, et elle regardait le gra' 'at timidement, presque crainlivement.

ivait quelque chose de troublé et d'inquiet in: ads yeux noirs d'une adorable douceur et que ài ils voilaient. Une rougeur charmante colorait soi lies pommettes de ses joues à la peau âne, tranS' i et veloutée comme un satin.

ittitade, sans pose, était à la fois pleine de mail de dignité. Elle tenait sur ses genoux ses malDi' , et sa tête, légèrement inclinée, donnait à sosj s épaules el le haut du corps une courbe g»-

lommissaire parut surpris en voyant entre;

ussel.

geuse devina sans doute sa pensée, car elle s'ei!>-

de dire :

onsieur le commissaire, monsieur est la personot

348 LA PETITE HIOMNB

Maintenant, dites-Docs pourquoi tous avez voulu vous , donner la mort.

— J'étais malheureuse, monsieur, désespérée.

— Sans doute ; mais ce que je vous demande, c'est de Dous Taire connaître la cause de votre désespoir.

LA ieune fltle eut une sorte de frémissement nerveui t très p&le. Elle baissa les yeux et resta sîlen-

bien, vous ne répondes pas ?

ne peux pas, monsieur, je ne peux pas ! pro-

elle d'une voix oppressée, comme si elle

agioter.

nmissaire regarda M. Brousse), ayant l'air de lai

' a là un mystère.

isl, reprit-il, s'adressant à la jeune fille, vous ne

as nous faire connaître la cause de votre déses-

ae puis vous dire cela, monsieur, non, je ne puis

lire! s'écria-t-elle.

lilant son visage de ses mains, elle se mit à

I n'insistez pas, monsieur, ce seraitde la cruauté, troussel profondément ému : voyez dans quel ;ette malheureuse enfant I t, fit le commissaire.

350 LA PETITE UIONNE

LatfitB de la jeune fille se redressa.

— Monsieur, dit-elle d'une voix vibrante, je ne suis pas une méchante fille ; j'ai toujours été poar ma mère, bonne, afTectueuse, respectueuse, soumise.

— Oui, oui, je le crois.

— Ma conduite a toujours été celle d'une honnSte fille, continua Laurence avec feu, et ni ma mère, ni personne de n'a pu m'adresser jamais un reproche mérité.

rez-TOUs des frères, des sœurs?

n'ai ni frère, ni sœur, heareusement. 1

lurquoi, heureusement?

irce qu'ils seraient malheureux, et que c'est asseï

ous n'osez pas le dire, mais nous devinons qae tes mallraitée par votre mère; ohl bien cer- ' ent sans le mériter, nous en sommes con^aiDCiu. allons, il faut espérer des jours meilleurs. L'aU' ' veillera sur vous. On parlera i TOtre mère, on lui I s remontrances. Cil demeure-t-elle, votre mare? lurquoi voulez-vous savoir ob elle demeure, mon-

ais pour qu'on puisse lui parler en vous ramenant Bile.

une fille se dressa debout, les yeux étincelants. amais, monsieur, jamais je ne retournerai chei re I s'écria-t-elle.

paroles furent prononcées avec un accent qui réune résolution bien arrêtée et l'énergie d'une lie volonté.

e me demandez donc pas où elle demeure, mon* continua Laurence, car je veux qu'elle ignore ce suis devenue...

oyons, mon enfant, il faut réfléchir, il autcom- 'e : votre mère a des droits sur vous.

362 LA PETITE BDÛNNE

cessaîre pour vous loger pendant quatre ou cinq joars. Ce n'est pas tout, il faut manger... Eh bien, comment ferlez-fous pour vivre?

— Je travaillerai, monsieur.

— Je ne doute pas de votre courage; mais il ne surfît pas d'avoir le désir de travailler, il faut encore savoir faire quelque chose. Avez-vous un état 7

La jeune fille avança sa main gauche et fit voir au ma- ^strat l'un de ses doigts criblé de piqûres d'aiguilles.

— Je suis couturière, répondit-elle.

— Je vois, mademoiselle ; mais je sais un peu ce qu'on gagne dans votre profession ; pourriez-vous compter sur la couture pour pourvoiràtous vos besoins?

— Je le crois, monsieur.

— Vous pouvez vous tromper. Voyons, qu'est-ce que vous gagnez? Deux francs, deux francs cinquante centimes par jour?

— Je n'ai pas encore dix*huit ans, monsieur, et cependant je suis première dans mon atelier; on me payait quatre francs par jour.

— C'est très beau, mademoiselle, et cela prouve que vous n'êtes pas une ouvrière ordinaire. Votre maîtresse doit avoir de l'affection pour vous ?

— Elle m'aime beaucoup, monsieur.

— Évidemment elle tient à vous?

— Je le crois.

— Ëh bien, mademoiselle, puisque vous ne voulez pas, quant & présent, retourner chez votre mère, c'est chez votre patronne que je vous ferai conduire.

— Obi non, non, monsieur, répliqua vivement Laurence.

— Non? fit le commissaire de police,

— Je ne rentrerai pas chez ma maîtresse.

— Pour quelle raîsou ?

354 LA PETITE BUONNE

— Coupable^ moi I Criminelle, moi^ moi I exclama la malheareuse éperdae*

Elle se tourna Têts M. Brousséli le regard plein d'ane indicible angoiiise, comme pour implorer son secours et le supplier de ne pas l'abandontier. Puis elle s'affaissa sur son siège eb sanglotant.

Le commissaire était assez embarrassé, et lui aussi regarda M. Brdtlssel, dont Tair gfave et l'attitude calme commandaient la déférence.

-^ Monsieur le comniissaire de police, dit alors M. Bfoussei, qui était resté debout, appuyé contre le marbfe dé la eheitlinéô, permettez-moi de prendre la parole en faveur dé cette malbeureuse enfant. Évidemment, il y a un mystère dans son existence ; elle cache un secret : itiais èst-il donc si nécessaire de le connaîire? Il y â des secrets, monsietir, que la justice elle-même doit savoir respecter. Cette pauvre fille, désespérée comme elle vous Ta dit, a tenté de se suicider ; elle vous a promis de ne plus recommencer ; pourquoi eiigezvous davantage ?

Je sais comme vous, monsieur le commissaire, qu'il y a souvent des apparences trompeuses et qu'il ne faut pas avoir toujours trop de confiance. Mais il suffit d'examiner un instant cette malheureuse enfant et de lire dans ses yeux, qui sont comme le miroir de son ftme, pour sentir qu'elle ne doit pas être soupçonnée, pour être convaincu que, en dehors de son acte de désespoir, ellej n'a jamais commis une mauvaise action.

Monsieur le commissaire de police, je réponds d( cette jeune fille.

— Vous n'êtes pas son parent, monsieur.

— 11 importe peu, du moment que je donne satisfaction à vos scrupules de magistrat. Cette jeune fille est icîl

LA PETITE MIONME

— Je TOUS répète mes paroles de tout à l'heure, je m'intéresse à votre sort, je suis votre ami.

— Oui, mon ami. '

— Votre protecteur.

— Oh I oui, monsieur, protégez-moi.

— Vous me permettrez de veiller sur vous 7

— Hélas I vous seul maintenant pouvez me donner des conseils, être mon guide dans la vie. Ne m'abandoQ' nez-pas, monsieur.

— Je vous le promets : je remplacerai près de vous votre père qui n'est plus et cette mère que vous ne voulez plus revoir.

— Et moi, je serai reconnaissante, dévouée, respectueuse, et je vous aimerai comme un père.

— Dès ce soir je m'occuperai de vous ; vous fites une bonne ouvrière ; on vous trouvera facilement, j'espère, une place dans une maison de couture où vous serei bien traitée, dîi l'on aura pour vous ratfection que vous méritez, où vous serez à l'abri des persécutions.

— Je travaillerai bien, monsieur, vous verrez ; les personnes à qui vous m'aurez recommandée seront contentes de moi; on n'aura jamais à se plaindre de votre protégée, je vous le promets I

— Bien, mon enfant, bien !

— Quand devrai-je quitter cette maison ?

— Mais pas plus tard que demain, je pense.

La jeune fille resta un moment silencieuse, les yeni

baissés.

— Monsieur, reprit-elle d'une vois hésitante et ta attachant de nouveau son regard velouté sur M. Brou^ se), je voudrais bien vous demander quelque chose.

— Demandez donc sans crainte.

— ; Le jeune homme qui m'a sauvée, est là, malade ; il ne pourra point, )

e Renaadin chez lui le lidi, et avait ie Clamergei icoDtrée sur gne.

re n'avait pi ions du soir in à neuf hei loiselle JuHt dans sa clia ) de chambpi de cire noir essaillit en r sa de coDgéf bt senle, elle le lui disait 'elle pour to espectueux t iprtme, et 1 beur.

Tenant le papier serré entre ses doigts, Juli instant immobile, comme pétrifiée.

Elle était pile comme une morte, el il y avai ;âui fixes, grands ouverts, l'expression d'un* terreur,

— Mon Dieu, mon Dieu I flt-elle.

Puis le corps frémissant, elle relut à haute 9lirase courte et terrible :

<: Quand tous lirez ces lignes, Julie, mon cai iiispendu à la brancbe d'un arbre du bois de I Uieu ! Adieu I »

— Mort, mort I Pendu 1 prononci-t-elle i ftranglée.

Une pareille commotion ne pooTait maoqa ler une crise nerveuse.

Mademoiselle Glamergeat se mit à pousser ris qui remplirent toute la maison.

Madame Glamergeat, accompagnée de sa i hambre, et M. Glamergeat, qui suivait de pH urent au secours de leur fille, qu'ils trouvère iQt et se tordant sur le parquet, en proie & c onvulsions.

Pendant que madame Glamergeat et la d< empressaient de relever Julie, de la coucbt iDapé et de lui faire respirer des sels, H. Glas

I lettre tombée sur le tapis et la ramassa viv oulant bien que ce papier avait causé l'attaqu i sa flUe.

II lut et fut consterné. Il avait bien enteo aelquefois de suicides par amour ; mais il n'a^ lulu croire qu'un homme pût se tuer pour m itte fois, il était forcé de se rendre à l'évideu Mais ce qui l'émotionnait surtout, c'est q uait le deuiiëme premier rCiIe dans ce soml

Certes, il ne lui plabau puiui que »« uuu i>ul visa t;um-

parée à une héroïne de roman ou de mélodrame.

pn hnmrQQ prudeut, qui ne tient pas à faire connailre

de famille à ses serviteurs, il congédia h

chambre. D'ailleurs, madame Clamergeat

Intenant se passer de la domestique. La crise

n, le calme succédait.

iëre chose que vit Julie en rouvrant les yeui, ttre d'Etienne dans la main de son père.

}o, fit-elle en hochant la tète, etes-vous cod' etes-vous content ?

le quoi s'agit-il donc? demanda madame Ch-

, lis & ton tour, dit le mari en lui tendant li

fut consternée comme M.

malheur, mon Dieu, qut

st TOUS, mon père, et c

ausé.

tends, mon ami, elle nou

léraisonne.

'est vous qui avez poussé

icria la jeune fille avec éi

rop fort I Et comment <

lie?

avez chassé de notre ma

alement le droit de garde

les ateliers et de mes bni

e Reoaudin n'avait rien It

TOUS n'ôtes pas juge en ci

ossible ; mais je vous dis,

. Etienne Benaudin m'aî

<os a demandé ma main.

faire épouser, qui est capable de m'aimer ainsi, dites ? Ah I bien oui I Ce qu'il aime avant tout, ce monsieQr, c'est son argent. Cela m*est bien égal à moi qu'il soit riche, qu'il ait pignons sur rue et un grand cofFire plein de titres de rente, puisque je ne l'aime pas I

L'argent, l'argent, l'argent, toujours l'argent !... Aujourd'hui on ne voit que l'argent, 11 n'y a que l'argent !... On cherche la fortune. Et le bonheur ?Ca ne compte pas. Ah I vous voulez que je sois riche ! Tâchez donc de vou* loir d'abord que je sois heureuse !

Etienne m'aurait rendue heureuse ; mais voilà, il n'avait pas d'argent, lui... N'importe, vous deviez me le donner pour mari. Je trouve beau qu'une jeune fille riche épouse un jeune homme pauvre et qu'un jeuot! homme riche épouse une jeune fille pauvre. Etienne xf avait pas d'argent ; eh bien, vous lui en auriez donné... Vous n'avez qu'une fille, vous auriez eu un fils, deci enfants pour vous aimer.

Etienne aurait travaillé avec ardeur, serait deyenc votre associé, un autre vous-même dans vos constructions de machines, et à son tour, grâce h son intelligence, il aurait gagné une fortune.

Cela, vous ne l'avez pas voulu. Vous avez repoussé, chassé le malheureux Etienne, en lui jetant la corde qu i' s'est mise au cou.

Maintenant, écoutez : j'ai pris une résolution ; n'ayant plut rien à attendre, à espérer, je renonce à toutes ces choses qu'on appelle faussement les joies de ce monde; je veux me faire religieuse afin de porter éternellement le deuil de mon bonheur perdu I

— Julie, ma fille, mais tu es folle ! exclama madame Clamergeat.

— Peut-être suis-je folle, ma mère, répliqua Julie d'un

:t juste. GiueQn» nenauuiii uuus a quiuci, jrquoi. Il a probablement trouvé chez aa icteur une position plus avantageuse que lit ici. L'un de vous saiUI si M. Reoaudiii e son nouvel emploi?

rent le silence.

emble qu'Etienne Renaudin avait de ïodi irmi vous, et je m'étonne qu'il n'ait pas i% ]uelques-uns, dans quelle maison il alliH

n'a rien dit à aucun de nous, monsieur.

[ue pas un de vous ne l'a revu depuis qti'il

es se regardèrent et la question resta sau

;eat était satisfait.

ivent rien et ne se doutent de rien, pen»

e dérida un peu, et c'est presque avec bien

1 dit en sortant :

iz, messieurs, travaillez I

M. Clamergeat n'était Ani^nrp nn'a Hph

is les bureaux de la ci [uelques ordres à son t son chapeau, prit si jne au domicila d'Etie vague espoir. Cette let ouleversement dans si } par le jeune hommi me, par exemple, poi ont il avait été congé( ;eat cherchait toutes si ellentes, pour ne pas <

UN DRAME DE FAMILLE i

— tS. Etienne Renaudin 7 demanda-t-il à la concieri Celle-ci, qui De coanaissait pas M. Glamergeat, i

pondit :

— 11 n'est pas chez lui, monsieur.

— Pouvez-vous me dire à quelle heure il rentrera? ~ Non, vraiment, monsieur. Je ne sais pas ce qu'il

a, mais depuis quelques jours M. Ëtieune n'est pi le même, il est tout je ne sais comment. Ainsi, il i pas passé ici la dernière nuit, un jeune homme rangé, si exact, si comme il faut... C'est la première f que cela lui arrive.

M. Clamergeat sentit des gouttes de sueur perler ? son front.

— Je vous assure, monsieur, que je suis bleu surprii continua la femme, enchautée de bavarder, c'est qt voyez-vous, M. ËLienne ne se dérange jamais. 11 pense qu'à travailler et à s'instruire. Toujours là-hai dans sa petite chambre, avec ses livres, quand il n'i pas à son bureau.

Le dimanche, au lieu de courir la prétentaine comi il y en a tant, d'aller jouer aux cartes ou au billard da les cafés, il passe sa journée à lire, à écrire, à dessim à faire des calculs... comment doncappelle-l-iKça? A des calculs girométrlques. Je vois ça, sur de grand feuilles de papier : des barres, des points, des v, des des z : car il faut vous dire, monsieur, que c'est moi ç fais son ménage.

' Hier soir, un peu avant quatre heures, il est sorti ; n'a remis sa clef, comme d'habitude; — elle est là son clou. — Je lui ai demandé :

— « A quelle heure rentrerez-vous , monsieur Etienn ~~ » Je ne sais pas, qu'il m'a répondu. »

r« "'"-' --- -Qur dire, monsieur, mais il avait l'i

ans ce liea funèbre, ce qui pourrait donna heuses interprétations,

— Non, non, pensa-t-il, pas de déinar< lettantes; c'est assez d'être allé deux foi lague, où, heureusement, la concierge u

Dans la soirée, à différentes reprises, Jull ogé sa mère. Mais madame Clamergeat a Épondu :

— Je DB sais rien.

Mais mademoiselle Julie ne pouvait se ela: elle n'était pas une petite niaise qu'oi nent tromper.

Elle savait que son père était sorti plasiei lier aux renseignemeuts, sans aucun douti Tïit surpris certains regards, des chuchote

Pourquoi ne lui disait-on rien 7

Que lui cachait-on?

Alors elle conçut un projet d'une certain le pensa plus qu'à le mettre à exécution.

Vers sept heures, elle réussit à s'échapp on, sans être vue de personne, et courut olle jusqu'à la rue d'Allemagne.

Elle eotra dans la loge de la concierge, aiite et suant à grosses gouttes.

— Madame, madame, dit-elle en se laisse inechaise, que s'est-il passé ? Je veux sai e vous en prie, ne me cachez rien.

~ Ce qui s'est passé? ât la concierge, m eeir de sa surprise; mais, mademoiselle 'ous dire? Je ne comprends pas.

~- Ah I vous aussi ne voulez rien me i <ais,,.

— Vous savez... Que savez-vous?

A ce moment, une voix dans l'es'

— Madame Benoît, madame Ben Julie reconnut la voix d'Etienne.

corps et un sourire singulier crispa

— Monsieur Etienne, répondit la

— Quand vous monterez vous bougie.

— Oui, oui.

Puis s'adressant à Julie :

— Voulez-vous que je le fasse de

— Non, non, répondit Julie viv frayée, je ne veux pas le voir; je v dame, de ne point lui dire qu'unf ce soir s'informer de lui. Bonsoir, i

Elle s'élança hors de la loge et di

— Tiens, tiens! grommelait la c nouveau ; qui se serait jamais doi sieur Etienne, vous ne me dites pai

Chez M. Clamergeat on dina sept heures et demie; mais, ce s'étant trouvée en retard, il était lorsqu'elle envoya dire à sa maitres chamhre, qu'on pouvait se mettre i

La femme de chambre futchargéi geat de prévenir mademoiselle Juli servi.

La femme de chambre revint au 1 nutes, et dit qu'elle n'avait pas dans sa chambre et qu'elle l'avait partout.

Les époux Clamergeat, qui étai paient, se levèrent précipitamment mêmes à la recherche de leur fille.

Madame passa rapidement dan:

endant que monsieur, de son c6té, ^biles ateliers et faisait le tour du jardin, cas, d'ailleurs, que madame eou épouse, ait à Atra sérieusement inquiet lorsque t couru en revenant comme ea allant, ut, ainsi qu'elle était sortie.

> auteurs de ses jours réunis dans la salle lut assez piteuse mine, car ils ne parve-, xpliquer la disparition de leur progéni-

l'écria madame Glamergaat, dont la poiait, peux-tu nous faire des peurs paivons appelée et cherchée partoat; ob

e, comme te Toilà, en cheveux 7

is-tu allée 7 lagne.

, Clamergeat.

I allée rue d'Allemagne ; je voulais sane me disiez point, ireuse enfant I pleurnicha madame Cla'

issez parler de cela,

'oir fait attendre, car

soupière.

nt, chacun prit sa p!

nadame Clamergeat

le bon appétit.

. à midi, elle avait i

ne de poulet. Et pi

evait avoir excité su

UN DRÂHB DR FAMI

Le soir, M. Darosoy, le prêtent courte visite.

Pour la première fois, Julie eut pi visage gracieux ; et même elle voulu tant avec lui en aparté.

Madame Clamergeat lauQait des mari, et souriait en étndiant ses poS'

Quant k M. Clamergeat, il n'en n

— Si je comprends quelque chosi Je veux bien aller le dire à Rome. E glyphes I... Oh t les jeunes filles, les

Renaudin était affaissé sur son siège, iiumo^ :. Sa maiQ droite tenait une lettre, et snr cetU 1 venait délire, ses yeux, exprimant 1 sot fixés. Il semblait se demander s'il aval réellement il était éveillé, enfin s'il n'était pi une hallucination, ups furent frappés à sa porte, luta, releva la tête et passa plusieurs foi ur son front comme pour rappeler à lui s ?ante et reprendre possession de ses faculll

pa de nouveau.

iz, dit Etienne.

,ait dans la serrure, en debors, une main la porte s'ouvrit.

)ur, Etienne, bonjour, dit

i'est vous, Georges, bonjoui sur ses [jambes et tendit

«lie Jolie CUmergeat s'était tont simplette, comme bien d'autres ; elle ne vods ai-

roy^t TOUS aimer, parce que cela l'ama- >c TOQs une de cea petites comédies de ayantes pour la plupart des petites filles lu pensionnat.

le je vois.

errible, Georges I

)z demandé de dire ce que je pense.

mon ami, dites, dites.

lou cher Etienne, votre Julie me fait l'ef-

lemoiselle romanesque qui doit avoir,

t, beaucoup moins de cœur que de

lans son imagination,

as, mon cber, elle avait con

petit roman dont elle était

)t TOUS le béros superbe, ays

us les dons attachés à sa bag

d'une jeune fille surtout, s'éc

e la vie réelle. Aussi qu'arriv

me poursuit. Je vais donc, sans plus tarder, ■e au travail. C'est pour cela, Etienne, que la visite aujourd'hui. Vous m'avez généreurt votre bourse, je viens y puiser, aisitla main du jeune peintre et dit simple-

travailler, reprit Georges, il ne faut pas à ud > forte mise de fonds; mais avec rien on ne faire. J'ai besoin de couleurs, de toiles, à^ in chevalet... J'ai cassé le mien dans une lëre. Et puis, ce n'est pas tout d'avoir ce qui ire pour travailler... on ne vit pas de l'air du B l'arôme des fleurs, ourit, ouvrit le tiroir d'un petit meuble et

à trois cents francs ; prenez. Geocges, prenez'

toute votre fortune, Etienne?

uoi me failes-vous celte question

que je croirais mal agir en vous

;enl francs. Vous êtes sans placi

E absolument besoin de toutes vo!

luvez être un certain temps san

>loi.

l'enveloppant de sa lumière, ondoyait dot si

chevelure.

irradiés d'Alexis suivaient tous les diodtg-

t gracieuse enfant et semblaient aroir peut

1 un seul.

leelle est belle!... murmurait-il.

rtantpas de sa contemplation extatique, il n

cément dans son ravissement duquel sedèga-

rresse inconnue.

eur Alexis, dit Laurence, voulez-vous boire

t un petit verre de votre excellent bordeaui!

de cette voix mélodieuse, qui arrivait à soa

me une caresse, fit tressaillir le poète.

savez ce qu'a dit le docteur, continua la jeuoe

in généreux aidera plus au rétablissemenl de

]ue les meilleurs médicaments. »

îD.oui, mademoiselle Laurence, répondit-il,

i un petit verre.

fille s'empressa de remplir le verre i bo^ était sur la table, près de la bouteille, et,

le présenta an malade.

lentement, monsieur Alexis, à petits coups;

que cela est ordonné. |

le vida le verre.

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