‹ La petite MionneChapitre 6 sur 28 · DE FAMILLE · texte numérisé non relu

DE FAMILLE

m'est permis àe tous dire, toutefois, que tous i impu violemment et d'une façon monstrueuse le jî vous unissait au comte de Soleure et que vous ; mdamaé mon malheureux fils à une existence n; :ble.

Le comte de Soleure vous l'a dit, madame, il ne < moalt plus, TOUS n'existez plus pour lui.

Vous avez compris, sans doute, que si le comti )iis a pas rendu immédiatement votre liberté,! irce qu'il y a certains graves intérêts à sanvegar jtaut que possible, nous ne voulons pas de bruit au i nous. La séparation entre vous et le comte de Sol< tun fait accompli, et c'est dans le cas seulemen «9 ne l'accepteriez point à l'amiable, comme noo «irons, pour vous sauver de la flétrissure d'un d iblic, que nous la ferions prononcer devant le tribu Voua comprendrez, j'espôre, que vous n'avez rit ^er, mais, au contraire, beaucoup à perdre dan: iKës en séparation de corps ; car ne perdez pas cel le, que vous n'êtes pas mariée sous le régime d immunautéf mais sous celui de la séparation de bi Nous parlerons,, tout à l'heure, d'un article du cou > mariage qui vous intéresse d'une façon toute p liière.

Veuillez donc me dire d'abord, si, reconuaissant 'rËlque vous avez à ne pas attirer l'attention sur v éiiler tout scandale, vous acceptez la séparation : lu'l, sans procès, telle qu'elle vous est proposée.

— Je l'accepte ainsi, répondit Raymonde.

— C'est bien. Maintenant, j'arrive & une autre q m, qui n'est pas la moins importante dans la situa isente.

Vous allez être mère, cependant ni dans les lettres us avez écrite* au comte de Soleure, ni dans celle

UN DRAME DE FAMIT.LË

— Ohl l'abominable créature! et comme je I ien jugée I pensa madame de Soleure.

Après un court silence, elle reprit :

~ Aussitôt après la naissance de votre enrant, ira dès que vous serez rétablie, que tous aurei os forces, tous serez libre, entièrement libre. Vi h TOUS voudrez et tous ferez ce qu'il tous plain cette condition, cependant, que le comte de ; l'entendra plus parler de tous : pour cela tou: énoncer volontairement k porter le nom et I (n'il vous a donnés. Vous m' écoutez bien ?

— Oui, madame.

— Assurément vous êtes comtesse de Soleure, e ïparêe judiciairement, tous auriez le droit de pi om que rien an monde ne peut tous enlevei OQs deTez facilement comprendre combien il se ant pour vous. A chaque instant des questic arrassantes, auxquelles tous ne pourries ré DQS seraient faites. D'un autre côté ce serait IIti Qriosité des gens le secret que nous aTons tous il

Vous êtes à peine connue dans le monde où li ous avait faiteotrer : d'ailleurs, peu de personne iDioi, ont eu connaistsance de votre mariage ; au ' n'applaudir aujourd'hui d'aToir absolument to G mariage se fit sang éclat, sans pompe, sans •ublications surtout, en présence des témoins [Delques amis seulement ; et puis, allez, madan état oil est maintenant le comte de Soleure, ce e vant plusieurs années qu'il pourra reparaître àl ni sait si, jamais, il voudra revoir ses amis.

Vous pourrez doue, facilement, reprendre vot e Duchemin, ou, si celui-là ne vous convient pai si antre que tous trouverez.

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ses dentelles, enfin tout 1 sac de voyage. '.

a petit paquet, ndemain, vers iQ vint prévenir 1 a était habillée, p iture, une solide rriërele château, allait pas sortir { 1 parc, à deux ki r à traverser le v ilie fut attachée i ski et Tougaref t cocher, tenait te et aère et le:

u'ils éprouvaient onde eut beau it ni son mari, ni a nuit terrible, t( hertnétiquement >mestique se ten; verte de la beriir bien, nous n'avo une de chambre.

B prit place aussi nme de chambre rmée et les chev les, s'élancèrent i suis dont les fei

ainsi que la jeun de Noisy, presqi :, après y être eut IX acclamations c

urs, ouvriers et bourgeois, Tenus de loin iDdre bommage.

La voitore traversa le parc dans sa largeur i ir la grille des cbasseurs, qui fut ouverte et a rmée par an garde-concierge.

Alors les chevaux s'engagèrent sur un chei ; gagnèrent rapidement la route départemen

Eaymonde restait silencieuse et pensive, r avers les vitres, tantôt à droite, tantAt à gau air de contempler les magnifiques paysages ui se succédaient sous ses yenx dans un V é&lé panoramique.

Toula coup, s'adressaotàsa femme de cha

— Nous sommes bien sur la route de Dijo as ? lui demanda-t-etle.

— Oai, madame.

— E^t-ce que c'est h Dijon qu'on nous cond

— Je ne le crois pas, madame ; nous sen ins une heure, et, d'après ce que j'ai enten lerre Valenski, nous ne devons arriver à u'à nne beure assez avancée de la nuit.

— Ah!

— Peot-fitre nous arrâterons-nons ft Dijon.

0U3 vous sentez fatiguée, madame?

— Nullement.

— Si vous éprouviez quelque malaise, il lire, madame ; car, dans ce cas, j'ai reçu l'on aire prendre tout le repos dont vous auriez b

— Je n'éprouve aucun malaise, répondit I nleroent, je trouve singuber qu'on nous fas I nuit.

Elle se jeta dans un coin de la berline et, llencieuse, sa vue se porta de nouveau sur le : bma des .collines boisées, au milieu desi

voyait se creuser des vallées et des gorges profondes.

On arriva en vue de Dijon, mais on ne devait ni s'y arrêter, ni môme y passer. Les chevaux prirent une autre direction, et bientôt la berline eut laissé derrière elle la vieille cité bourguignonne.

Ce n'est qu'à quatre lieues plus loin que Dijon que les chevaux s'arrôtèrent devant une auberge isolée.

La nuit était venue.

Pierre Yalenski et Tougaref sautèrent à terre, et pen* dantque ce dernier, aidé de l'aubergiste, dételait les chevaux pour les conduire à l'écurie oii une double ration d'avoine les attendait, Pierre s'empressait d'ouvrir la portière de la berline.

— Madame, dit-il à Raymonde d'un ton respectueux, nous nous arrêtons ici, une heure de halte avant de reprendre notre route dont nous avons fait à peu près la moitié. Veuillez donc descendre de voiture, madame; on est prêt à vous servir votre dîner dans une chambre de l'auberge.

— Ma foi, je mangerai volontiers, répondit Raymonde, si, toutefois, ce qu'on peut me donner ici n'est pas trop mauvais.

— J'ose espérer que vous serez satisfaite, dit Pierre. Raymonde mit pied à terre en s'appuyant sur le bras

de sa femme de chambre ; elle entra dans l'auberge et fut aussitôt introduite dans une petite salle où sur une table ronde, recouverte d'une nappe d'une blancheur éclatante, son couvert était mis.

Une jeune servante bourguignonne, un peu rougeaude, mais propre et très accorte, lui servit un dîner composé d'un ris de veau, d'un filet de chevreuil sauce chasseur auï truQes, d*un plat de légumes et d'un perdreau rôti.

Non sans surprise, la jeune femme trouva ces différente mets exquis et mangea de tout avec un superbe appétit.

Uns tous ses détails, sa aoaTelle résidence. | t que deux jours après que le notaire appntj ion de M. Chabrier dans la maison de la Prin-j Tat devoir faire aussitôt une \ ne le reçut avec beaucoup di ), et cependant de manière â |u'il n'aimait pas 6tre dérangé , se dispenser de faire des visiti ire se retira sans avoir rien ren

ne se doutant guère que, dana

jeune femme tout 'près d'aca lans la maison de la Princesse.

PETITE FILLB

Madame Chéramy, sage-femme de premiën renaît son repas du soir en compagnie de soi 6 ses eofants, lorsque, tout à coup, un fort ■ innette^ retentit à la porte de l'apparteinent qu ipait au deuxième étage, dans une maison de h ieux-Marché, k Dijon.

Madame Chéramy était une brave et honnètt « quarante ans, exerçant paisiblement et scru lent sou métier qui, sans lui rapporter beauc Umettait, cependant, d'élever convenablement iisille, car son mari, employé dans une mi ommerce, n'avait que de modestes appointerai

ÉlËve de la Maternité de Paris, la sage-femme j ans la ville, d'une certaine réputation, méritée iToir et son habileté dans sa profession.

Ka coup de sonnette, la bonne était allée ouv

tait introduit une femme dans un petit sa

iZDenx, oli un polichinelle sans tête, une pou|

jntré auquel manquaient deux

) jouets d'enfant, gisaient sut

Un instant après, madame Chéramy parât, ayani achevé de dîner.

— Qu'ya-t-il pour votre service, madame ? demanda' t-elle à la risiteuse.

— Je viens, madame, réclamer vos bons ofSces pom une jeune femme en proie ans premières douleurs i\ pour l'enfant qui va naître.

— Cette dame est-elle une de mes clientes?

— Je l'ignore, madame ; on m'a chargée de venir voui trouver, sans me donner aucune explication.

— Comment se nomme cette jeune femme?

— Madame Cbabrier.

La sage-femme chercha un instant dans sa mémoire.

— Je ne connais pas, Gt-elle; mais qu'importe? Je me dois à tous ceux qui m'appellent, riches ou pauvres.

— Les personnes sont riches, hasarda la visiteuse. Madame Chéramy n'eut pas l'air d'avoir entendu. Peu

lui importait, d'ailleurs ; il n'y avait jamais pour elle autre chose qu'une femme dans les souffrances à laquelle elle portait le secours de son art.

— Donnez-moi le nom de la rue et le numéro de h maison, dit-elle, je serai là aussitôt que vous.

— C'est que, madame, répondit l'autre tin peu embai' rassée, c'est hors de la ville.

— Loin ?

— Non, pas très loin, mais assez, cependant, pour qu'on ait cru devoir mettre une voiture à votre disposition.

— Ahl vous avez une voiture?

— Elle est en bas à votre porte.

— Eh bien, nous allons partir immédiatement. Accordez-moi deus minutes et je suis à vous.

Madame Chéramy alla tendre sajoueàsoa mariel embrasser ses enfants ; puis elle mit son ' i, j^a

a chàle de laine sur ses épaales, prit sa tronsi it dans le salon en disant :

— Me voilà prête, partons.

Va instant après, la sage-femme et la t lambre de Raymonde prenaient place dans 1 à D'était pas rentrée au cb&teau de Noisy depi ait amené la jeune comtesse à la maison d sse.

L'air était frais, comme toujours en octobre il était très pur et la pleine lune répandait j «ce lumière nacrée. C'était une belle nuit d' La voiture sortit de la ville et bientôt les cb{ pèrenten rase campagne sur une belle et la rdée d'arbres, toute blanche et ^miroitant c imense ruban argenté.

Au bout d'une demi-heure, madame Cbéra ença à s'étonner.

— Arriverons-nous bientôt ? demauda-t-elle.

— Oui, bientôt, répondit laconiquement la ambre.

Une autre demi-heure s'étant écoulée encore i

Mt apparence que la voiture tût sur le poin'

ter, la sage-femme donna des signes d'une vi

lieace,

-Ah! çà, je voudrais bien savoir où nous al

«■1-elle.

~ Soyez tranquille, madame, nous arriverons

- Quand ?

- Bientôt.

- Mais vous me dites toujours bientôt et les Qtinuent à courir de plus belle. Où me condu VODS le cache point, je trouve tout cela fort i m'a semblé que nous étions tout k l'heure sui

^le ; mais nous avons changé de direction.

dont ils vont, ces chevaux, gui paraissent avoir du feu dans les jambes, nous devons être déjà à quatre lieues de Dijon.

— Ne vous tourmentez pas, madame, la voiture vous ramènera chez vous. '

— Soit. Mais, en vérité, je ne comprends pas que vous soyez venue me chercher à Dijon.

— On m'a donné un ordre, je l'ai exécuté.

— Ce n'en est pas moins étrange. On ne va pas chercher une sage-femme si loin. Est-ce qu'il n'y en a pas dans les villages et aussi des médecins?

— Il est évident, madame, que c'est vous qu'on voulait avoir.

— Pourquoi moi plutôt qu'une autre?

— Votre réputation, sans doute.

Madame Ghéramy hocha la tôte.

— Eh bien, non, fit-elle, je ne comprends pas.

Et la berline, emportée par les deux pur-sang, filait comme une flèche.

Au bout d'un instant,, madame Ghéramy reprit :

— Est-ce dans un village que nous allons ?

*- C'est dans une propriété à peu de distance d'uu village.

— Quel est le nom de ce village ?

— Il ne m'est pas permis de vous le dire, madame: j'ajoute que vous ne devez pas le savoir.

— Pourquoi ce mystère ?

— Il y a des raisons.

Madame Chéramy se remit à songer.

Son étonnement se changeait en inquiétude. Elle sentait que, dans cette aventure qui lui arrivait, il y avait des choses qui n'étaient pas naturelles. Ah ! si elle avait su... Mais pouvait-elle deviner? Maintenant il était trop tard, il lui fallait aller jusqu'au bout. Elle ne pouvait plus

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