‹ La petite MionneChapitre 7 sur 28 · ILLE · texte numérisé non relu

ILLE

abéa dans un piège, eux sur la campagne sGouveuire; mais elle mtrée qu'elle traverlit jamais voyagé sur

— Nous n'arrÎTODS toujours pas, fit-elle ; est-ce que lËcidëmeat ou me conduit au bout du monde?

Cette fois, la femme de cbambre se contenta de ré- ^ndre par uu sourire. '

A ce moment, madame Chéramy s'aperçut, non sans ■ffroi, que deux cavaliers trottaient l'un à droite, l'autre igaucbe de la berline.

Ces hommes ne pouvaient Mre des voleurs, puisqu'ils aissaient la voiture continuer son chemin ; mais qui donc itnient-ils?

— Voyez-vous que nous sommes escortés? dit-elle h a femme de chambre.

— Oui, depuis nu instant.

— Et vous n'êtes pas effrayée?

— Nullement.

— Vpus connaissez donc ces deux individus ?

— Oui.

— Ils nous attendaient sur la route?

~ On les a envoyés au-devant de nous.

— Pourquoi?

— Je ne sais pas.

— Vos maîtres avaient peut-être peur que je ne veuille }as aller plus loin'que l'endroit où nous sommes; c'est lu renfort qui vient de vous arriver, ajouta-t-elle avec ronie.

La femme de chambre resta silencieuse.

— Après tout, murmura madame Chéramy, on ne me

Et, prenant bravement son parti, elle allongea ses jambes, appuya sa tête contre une des parois capitonnées de la berline, et ne dit plus mot.

Les chevaux trottèrent longtemps encore, pais enfin s'arrêtèrent.

— Enfin I dit madame Ghéramy.

Elle s'empressa de regarder à travers le panneau vitré, afin d& voir où elle se trouvait. Mais la voiture était toujours sur la route déserte.

Elle vit un des cavaliers descendre de cheval, puis s'approcher de la portière, qu'il ouvrit.

C'était Pierre Yalenski.

— Madame, dit-il avec beaucoup de politesse et en ôtant son chapeau, qu'il mit sur le coussin de la voiture, nous ne sommes pas encore arrivés, mais nous n'avons plus que pour vingt minutes, une demi-heure au plus dei chemin à faire. I

Comme vous ne devez pas savoir où l'on vous conduit, i madame, vous me permettrez de prendre certaines pré- 1 cautions nécessaires ; je vais vous mettre un bandeau sur les yeux.

— Me bander les yeux, je ne veux pas I s'écria madame Chéramy, devenue toute pâle.

— Il le faut, madame, répliqua Yalenski, et je vous prie de ne faire aucune opposition.

— Je ne veux pas I vous dis-je.

•^ Je vous assure, madame, que je serais désolé d'être obligé d'employer la force.

— Qu'est-ce à dire ? fit la sage-femme révoltée.

— Que j'ai là tout ce qu'il faut pour vous encapuchonner la tête, malgré votre résistance et même, au besoin, un bâillon pour vous empêcher de crier.

— Mais c'est donc à des bandits que j'ai affaire?

— Non, madame, mais à des hommes qui servent fidè'

lement leurs maîtres. Vous n'avez rien à redouter, et à part cette mesure que je dois prendre et qui paraît vous être si désagréable, vous serez traitée avec tous les égards qui vous sont dus. Choisissez donc, madame, et vite, car le temps presse, ou le capuchon et le bâillon, ou le simple bandeau.

— Je me résigne, monsieur ; faites.

Pierre tira de dessous son vêtement le large bandeau de soie tout préparé et le plaça sur les yeux de la sage* femme, en l'assujettissant au moyen d'un double nœud derrière la tête.

Gela fait, il monta dans la berline, ferma la portière, et les chevaux, animés par un claquement de la langue contre le palais, reprirent leur trot rapide.

La voiture ne s*arrêt£^ plus que devant la porte de la maison de la Princesse. Valenski mit pied à terre le premier, aida madame Chéramy à descendre, lui fit monter les quatre marches de pierre et elle se trouva dans le corridor où le serviteur russe la débarrassa du bandeau.

— Je suis complètement aveuglée, dit-elle, je n'y vois plus. * -

Mais, au bout de quelques minutes, ses yeux s'étant faits peu à peu à la lumière, la vue lui revenait complètement.

— C'est passé, dit-elle à Pierre ; j'attends.

— Avez-vous besoin de prendre quelque chose ?

— Non, merci.

— Alors, suivez-moi.

Ils montèrent au premier étage et Pierre, ouvrant une )orte, fit entrer madame Chéramy dans une chambre où Jlle se trouva en présence de la vieille comtesse de Soeure.

La sage-femme était disposée à se plaindre avec aigreur du traitement qu'on lui avait fait subir ; mais devant 1. 11

vous savez pourquoi vousavese^e ameDeeici.

«ouchement ?

et je crois que vous a'aurez pas longtemps i

idait, venant de la chambre voisine, des platn-

nisaemenls, et de temps ik autre un cri arracbéi

Trance.

alla heure ont commencé les premières dou-

tanda la sage-femme.

i matin, mais elles n'ont été sérieuses que vers

ine dame a-t-elle eu une bonne grossesse ?

i part quelques violentes émotions, peut-être, le femme n'eu est exempte ; mais il faut de i secousses pour qu'elles aient une InHuencs l et puissent causer de graves désordres cliez pérons que tout ,ira bien, dus déchirant encore que les précédents fit aadame Cbéramy, qui muclia rapidement vers

lui, dit la comtesse, vous pouvei entrert le, v6tue d'un peignoir de fine flanelle, était n lit et se roulait, se tordait sur le parquet od itendue.

Cbéramy remarqua & peine qne sa nouvelle t très jeune et merveilleuseoient belle. OutCit qu'on l'avait transportée il quinze ou vingt ijon, un peu comme si on l'eût enlevée de vive asi les singuliers procédés dont on avait usé elle ne pensa plus qu'ans devoirs de sa pro-

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